OmnJs homo mendax (Ps. cxv
liances monstrueusesv Aussi, en géHéralisant la parole de saint Pierre, pourrait-on affirmer de tout homme qu'il a les ypux pleins d'adultères ^ ,
Si, d'une part, nous avons des yeux pour voir de travers, pires en cela que les idoles qui en ont pour ne point voir, d'autre part, le démon, grand séducteur des âmes, a enseigné aux hommes l'art infernal de travestir les créatures, de les masquer, de les farder pour leur donner une plus grande puissance tentatrice.
De là ces innombrables inventions de la sensualité, ayant toutes pour caractère de forcer la nature, et toutes pour résultat de porter au péché. De là ce luxe effréné et cet étalage de scandaleuses immodesties qui transforment les filles d'Eve en filles du serpent. De là ce raffinement de bonne chère qui, contrariant le rôle naturel et salutaire de nos mets et de nos boissons, les force à allumer le péché dans la moelle de nos os et dans le sang de nos veines. De là cette musique enivrante qui, sur nos théâtres, abuse de notre oreille et en fait le canal de l'iniquité. De là surtout ces innombrables abus de la parole humaine, qui condamnent tant de langues et tant de plumes à devenir les organes de Satan, à répandre sur la terre des flots d'impiétés et d'obscénités. De là, pour tout dire en un mot, cette création d'un monde contrefait, où les beautés de la nature sont remplacées et défigurées par les peintures de la passion; monde imaginé, créé, conservé et sans cesse perfectionné ou plutôt raffiné par le diable; monde que l'Église, dans son énergique langage, a appelé 'pompa diaboli, la pom])e du diable'^, et auquel le Saint-Esprit applique cette qualité aussi méprisante que juste : Fascination de la vanité'^.
Voilà le monde que Jésus-Christ anathématise. Nous le répétons : c'est la créature fardée par le démon ou défigurée par le désordre de nos regards, et servant dès lors, con-