‹ La vie vraiment chretienneChapitre 170 sur 309 · Fascinatio niigacitatis obscurat bona (Sap, iv · texte numérisé non relu

Fascinatio niigacitatis obscurat bona (Sap, iv

trairement à sa destinée primitive, à détourner l'homme de son Dieu et à l'amener aux pieds du veau d'or pour l'adorer.

Sachant maintenant ce que c'est que le monde, non pas le monde sauvé par Jésus-Christ, mais celui qu'il a condamné et combattu, voyons ce que c'est qu'un mondain, un vrai mondain; et nous comprendrons alors la vérité de cette maxime fondamentale : Mondanité et christianisme sont deux termes et deux choses inconciliables .

Si la Providence avait disposé les choses de telle sorte que la cité de Dieu et celle du monde ne dussent jamais être mélangées sur la terre, il suffirait, pour mériter la qualification de mondain, de rester dans le monde et de ne pas s'enfuir au désert. Mais saint Augustin nous dit : La divine sagesse a voulu que V humanité dans son voyage ne fût pas visiblement partagée en deux camps^ et que les citoyens de Jérusalem cheminassent vers V éternité en la compagnie des enfants de BabyloneK On peut donc vivre dans le monde sans être mondain.

J'irai plus loin et j'affirmerai qu'il n'est pas impossible de subir quelques pratiques mondaines sans être pour cela mondain. C'est que le monde, prenant les mœurs du démon qui est son père et son maître, est lui-même très souvent tyrannique et violent : et il lui arrive tous les jours de forcer de pauvres enfants de Dieu à boire, malgré leur répugnance, quelque peu de son breuvage infect mais parfumé. Quand on ne s'y résout que par force, et sans jamais y prendre goût, et quand du reste on est disposé à mourir plutôt que de pousser la condescendance jusqu'au péché, on n'est pas mondain. On est encore chrétien, chrétien tyrannisé sans doute, chrétien exposé, chrétien malheureux, chrétien souvent victime, mais enfin on est chrétien, et on n'est pas du monde, parce qu'on le subit sans l'aimer.

1. Duas civifativs pormixtas sibi intérim corporc cl corde separalas c irre.re... saeculoriim usqiie in finem, audistis et nostis; unain ciii fini? c^l pax aelerna, et voc.alur Jérusalem; alteram cui saiiiilum est pa\ temporalis, et vocalur Babylorila (S. Aug. Enarralio in Ps. cxxxvi, 1}.

LA l'RUDEXCE. 317

lu est-ce donc que le mondain, le véritable mondain, le mondain vraiment anticlirétien? Je le définis en deux mots : C'est celui qui, sous Icmpire d'une passion quelconque, entretient avec le monde des relations habituelles et volontaires. Et l'on est plus ou moins mondain selon que la passion à laquelle on obéit est plus ou moins mauvaise, et que les relations qu'on entretient sont plus ou moins coupables ou dangereuses.

Je m'explique. Vous êtes l'esclave du respect humain. Tyrannisé par cette peur de l'opinion, vous menez un genre de vie compromettant pour votre conscience. Vous êtes mondain, non pas peut-être par goût, mais au moins par faiblesse.

C'est la passion du luxe qui vous tient. Dans l'intérêt de votre négoce vous avez pour le monde et ses abus des complaisances déréglées. Mondain.

Un autre est travaillé par l'ambition, et, pour se pousser, il flatte les mondains et les imite. Mondain lui-même.

Ou bien, voici un homme dont le côté faible est l'amour du plaisir. Pour contenter cette passion, il tourne son âme <ît son cœur vers cette jouissance déréglée des créatures dont je parlais plus haut. Il est mondain et mondain de la pire espèce.

Viennent ensuite ceux qui, non contents d'être les sectateurs du monde, s'en sont faits les apôtres. Ce sont les hommes funestes qui ont consacré leur vie à empoisonner les âmes par quelqu'une de ces industries pernicieuses que le monde invente chaque jour.

En un mot, tous ceux-là sont mondains qui pactisent avec le monde, approuvent ses maximes, suivent ses usages, et cherchent ses plaisirs.

Or, je dis qu'être mondain de la sorte et être chrétien sont deux choses incompatibles. On no peut pas servir deux ma}- 1res à la fois\ certifie Notre-Seigneur. Cette maxime, ad-

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