‹ La vie vraiment chretienneChapitre 178 sur 309 · LA PÉNITENCE, GUERRE AU PACTE AVEC TOUT PÉGUÉ · texte numérisé non relu

LA PÉNITENCE, GUERRE AU PACTE AVEC TOUT PÉGUÉ

une témérité sans doute ; cependant si, après l'avoir commis, on songe à l'expier, l'audace est corrigée par un sentiment contraire, et dès lors il y a lieu d'espérer dans le Seigneur. Mais spéculer sur je ne sais quoi pour continuer à pécher sans sourciller, c'est, nous dit TÉcriture, tourner Dieu en dérision et remplacer la crainte par la moquerie. N'est-ce pas en effet se moquer de Dieu et lui supposer une débonnaireté ridicule que de parler ainsi, dans le fond du cœur : 0 Dieu, je sais que je t'offense et je prétends le faire longtemps encore; mais je prétends aussi qu'après une vie digne de l'enfer tu me donneras le ciel!

Cela étant, conclut saint Alphonse, il n'y a point de plus sûr moyen de refroidir la miséricorde divine et de compromettre le salut que de se faire un système dans lequel entre le pacte avec le mal : Ne vous y trompez paSy Dieu ne veut pas qu'on le tomme en dérision^. L'espoir de ceux qui l'offensent de la sorte est un espoir dont saint Augustin a dit : Malheur à V espérance perverse- ; et que le Saint- Esprit lui-même stigmatise en ces termes : Leur espérance est une abomination'-^ .

S'il en est ainsi de tout pacte avec le péché, poursuit notre sage Docteur, que penser de celui par lequel on se promet la conversion à la mort! Celui-là surtout est illusoire et fatal. C'était pour notre Saint un axiome qu'à la mort on ne se convertit pas. Cet axiome, il l'avait puisé dans la tradition catholique de tous les siècles. La mort, dit-il, est le commencement du règne de la justice. Ceux qui auront bien vécu jusque-là ne tomberont pas; ceux qui auront jusque-là mal vécu ne changeront pas. La conversion au dernier jour est, dans l'ordre de la grâce, un vrai et grand miracle. Ce miracle s'accorde parfois aux malheureux qui arrivent au terme suprême sans avoir jamais eu grande facilité de revenir à Dieu. Mais aux

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