‹ La vie vraiment chretienneChapitre 183 sur 309 · LE BONHEUR DE LA PÉNITENCE · texte numérisé non relu

LE BONHEUR DE LA PÉNITENCE

Notre sainte religion nous offre des spectacles féconds en enseignements. Avez-vous assez remarqué, par exemple, la scène admirable du lavement des pieds? L'Évangile nous raconte qu'au moment où Judas s'endurcissait dans la trahison, notre bon Sauveur redoublait de tendresse. 11 se leva, prit un linge dont il se ceignit, et commença à laver les pieds de ses disciples. Mais voici que l'apôtre Pierre se récrie : Vous, Seigneur, me laver les pieds! jamais je ne le souffrirai ^ ! Et Jésus-Christ de lui répondre : Si je ne te lave pas, tu n'auras point de part avec moi '-.

1. Domine, lu mihi lavas pedes?... Non lavabis mihi pedes in aelernnm (Joan. xm, 6,8).

2. Si non lavero te, non habebis partem mecuiir (Joan. lui, 8).

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C'est-à-dire : Si tu ne découvres pas tes souillures pour que moi-même je puisse les enlever, tu ne fais ni mon bonheur ni le tien!

Nous aussi, pauvres pécheurs, nous portons des souillures. Jésus-Christ pour son bonheur et pour le nôtre également, nous adjure de laisser sa charité laver notre âme par le sacrement de la purification, par la confession de la parfaite pénitence.

Ce que nous allons exprimer est une de ces vérités que nous voudrions toujours répéter, tellement elle est à la fois essentielle et méconnue. Essentielle, car on n'a de part à Tamitié de Jésus-Christ en ce monde et dans l'autre que dans la mesure où on s'applique la parfaite confession qui purifie. Méconnue, car, il faut bien l'avouer : beaucoup d'âmes se fatiguent à chercher les mérites et les joies de a vie chrétienne et n'y arrivent que fort tard. Cela provient de la confession qui n'est pas vraiment pénitente.

11 ne s'agit pas ici de la confession des saints. Nous pourrions pourtant nous en approcher non par la quantité des péchés avoués, puisque, hélas! nous en commettons des milliers plus qu'eux, mais par la nature de l'accusation, par la sévérité de la conscience, et par l'appréciation des fautes.

Nous voulons parler de la confession d'un chrétien qui s'agenouille au saint tribunal en esprit de pénitence, c'està-dire avec la plénitude de l'accusation, avec la sincérité de la contrition et la générosité du bon propos. Une telle confession est un complet retour vers Dieu et la conversion entière de l'âme. En d'autres termes, la confession de la parfaite pénitence fait le bonheur de Dieu et le iwhw

Que les réflexions qui vont suivre nous inspirent la sérieuse résolution d'user, avec les sentiments de ki plus profonde religion, du sacrement de pénitence.

Rioi de plus agréable à Dieu que la pénitence de la parfaite confession. Trois motifs surtout peuvent nous le fair.^ comprendre.

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C'est que d'abord, la confession pénitente est la satisfaction de la justice de Jésus-Christ. Quand un péché a été commis, un tel désordre ne peut en rester là : il faut que justice soit faite, car Dieu est juste.

Jésus-Christ ayant pris nos péchés, a dû, tout le premier, supporter par l'expiation le poids de la justice divine. Mais Jésus-Christ ne veut pas être seul à expier, ce serait vouloir que les catholiques deviennent des protestants. Le protestant dit : J'ai péché, le Rédempteur a satisfait, cela suffît! Non, cela ne suffît pas. Nous avons péché, il faut que du péché, expié d'abord par Jésus- Christ, nous supportions notre part de juste satisfaction.

Oui, il le faut. En effet, il y a deux sortes de péchés : le péché mortel et le péché véniel. Or, qu'est-ce que le péché mortel? C'est ne plus vouloir sa fin, c'est ne plus vouloir Dieu. Le péché mortel^ c'est le crime de l'enfant qui sort de la maison paternelle , va chercher un glaive et revient tuer son père. Commettre le péché mortel, c'est outrager Dieu, c'est mépriser Dieu, c'est déshonorer Dieu, c'est maltraiter Dieu, c'est flageller Dieu, c'est crucifier Dieu, c'est tuer Dieu. Et justice ne se ferait pas?...

Qu'est-ce que le péché véniel?... C'est une distraction volontaire dans la prière; c'est une demi -heure passée devant le tabernacle sans s'occuper de Jésus-Christ; c'est le crime de l'enfant qui ne tue pas son père parce qu'il ne veut pas être parricide, mais qui n'a pas horreur de le souffleter. Jésus-Christ nous donne une idée du péché mortel en mourant sur la croix; il nous donne aussi une idée du péché véniel sous Thumiliation des soufflets, des crachats, des délaissements. Et justice ne se ferait pas?...

Ne l'oublions point : la confession pénitente contente la justice divine. Voici une vérité à laquelle nous pensons trop peu : c'est que le jugement de Dieu dépend de notre jugement personnel. Un jour viendra, il n'est pas loin, où tous nous serons jugés par Jésus -Christ selon toute l'intégrité de la sainteté d'un Dieu, non -seulement sur

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