L ORAISON EST UNE CONVERSATION. W
sainte Thérèse, saint Vincent de Paul, saint Alphonse; tous ensemble vous apprendront que faire oraison c'est converser. Converser avec qui? Avec un des personnages de notre famille céleste; avec Dieu notre Père; avec Jésus-Christ Fils de Dieu, notre frère et Sauveur; avec la très sainte Vierge Marie notre Mère. Converser sur quoi? Non pas sur les choses de l'homme et du temps, mais sur celles de Dieu et de l'éternité.
Parler à Jésus-Christ ou de sa précieuse mort et de son sang versé pour nous, ou du jugement qu'il nous fera subir, ou de quelque autre mystère divin ; parler de ces vérités célestes avec simplicité, abandon, cordialité : voilà l'oraison.
Si on la comprenait de la sorte, si, au lieu de la convertir en une occupation fastidieuse et laborieuse, on en faisait le vrai plaisir de Tâme, de l'âme qui fatiguée du monde veut absolument se consoler avec le ciel; certes, peu à peu, l'oraison entrerait en faveur auprès des chrétiens de bonne volonté.
D'autant plus que cette conversation est, non pas une fiction, mais une réalité. Il y a des conversations qui sont purement imaginaires. Toute fable ou roman est de ce genre. Quand La Fontaine fait si gracieusement parler les animaux, quand Fénelon fait converser son Télémaque avec Mentor ou Minerve, assurément voilà le Actif. L'oraison n'en est pas là. Non certes! ce divin colloque n'est ni un roman, ni une fable, ni une fiction. L'apôtre saint Paul lorsqu'il prêche que noire conversation est dans le ciel* ne fait pas de poésie sans fond; pas plus que le livre de la Sagesse, lorsqu'il nous assure que la conversation avec Dieu n'a pas d'amertume, et que son commerce n'engendre pas tennui'^.
A la vérité, le personnage avec lequel on s'entretient dans