Qiio ibo a spirilu tuo
et quo a facie tua fugiam?
Si ascendero in caelum, lu iilic es;
si descendero in infeinuin, ades.
Si sumpsei'o pennas meas diluculo,
et habilavero in extremis maris, etcnim illuc manus tua dcducet me,
et lenebit dexlera tua.
El di\i : Forsitan tenebrae conculcabnnt me;
et nox illuminalio mea in deliciis meis. Quia lenebrœ non obscurabunlur a te,
et nox sicut dies illuminabilur;
sicut tenebrae ejus, ila et himen ejus. Quia tu possedisli renés meos;
suscepisti me de utero matris mese
Imperfectum meum viderunt oculi tui,
et in libro tuo omnes scribenlur. (Ps. cxxxviii, 7-17.)
2. In die illa projiciel homo idola argenti sui, et simulacra auri sni, quie fccerat sibl ut adoraret, lalpas et vespertiliones (Is. ii, 20).
le terrestre; et, au fond de cette prison qu'elle se fait à elle même, elle ne voit pas son Dieu. Dès lors, la solitude lui pèse, et une heure passée sans qu'il y ait là quelque créature humaine est un tourment pour elle. Mais ceux dont les yeux se sont ouverts à la vérité vivent d'une autre vie. Ils ont pour confident Celui qui sait tout et qui nous aime, et ils peuvent dire avec saint Bernard : Je ne suis jamais moins seul que lorsque je suis seul ^ .
Que dire maintenant de la présence de Notre-Seigneur Jésus-Christ au très saint Sacrement? A la sainte Eucharistie s'applique tout entière cette parole par laquelle nous commencions: la proximité rend la présence plus sensible, mais la distance ne la rend pas impossible. Jésus-Christ sous les espèces du pain n'est pas partout comme l'essence divine. Souvent il n'est que notre voisin, notre concitoyen; et il y a plus ou moins loin de nos demeures à ce tabernacle béni 011 il est accessible et le jour et la nuit. Mais, on vient de le répéter, la distance ne rend pas la présence impossible.
Quand un père et une mère voient leurs nombreux enfants rangés autour de leur table comme de jeunes oliviers, ils veillent à ce que ceux qui sont à l'extrémité soient aussi bien partagés que les aînés placés plus près du centre. L'œil et le cœur d'une mère sont assez prompts et assez aimants pour franchir la distance, et aller, en quelque sorte, partager la place de chacun dos enfants. Aussi la conversation et les joies de famille ne souffrent-elles nullement de cette séparation de quelques pas.
Ainsi en est-il, grâce à Dieu, de Jésus-Chiist au tabernacle. Sa très sainte humanité, comme nous l'enseigne saint Thomas, atteint par son activité divine tous les temps et tous les lieux comme si elle était toujours et partout présente-.
1. Nunquuin minus soins, qnam cun» soins {De vila sol. c. 4).
2. Clirislns sua passions nos a peccalis libtMavit causalilcr, id esl, insliluens causam noslrai liberationis, ex qua posscnl qn;ocunique peccala quandoquc rcmiUi, vcl prailcrila, vcl i)r.Tscnti;i, vol fnlnra; sicui
Elle est douée d'une subtilité et d'une puissance telles qu'aucun obstacle ne lui 'est infranchissable. Comme, après sa résurrection, cet Homme-Dieu revenait à ses apôtres sans que les portes dussent s'ouvrir, ainsi dans le très saint Sacrement son œil divin et Toreille de son cœur percent les murs et franchissent les distances. De sorte que (goûtez cette vérité^ âme chrétienne), du fond de votre demeure, vous pouvez sans illusion et sans fiction vous tourner vers le lieu où vous savez que se trouve Jésus- Christ, comme autrefois Daniel se tournait vers Jérusalem. Il vous entendra, croyez-le bien, et votre entretien, quoique fait à distance, n'en sera pas moins réel.
Cependant, j'en conviens, plus son voisinage est proche, plus la conversation avec lui devient facile. Personne n'a jamais nié que saint Jean, quand il reposa sur la poitrine du Maître, n'ait été plus favorisé que ses frères dans l'apostolat.
C'est pourquoi tous les saints, et en particulier saint Alphonse, ont enseigné que le lieu le plus favorable à l'oraison est une église où se trouve le très saint Sacrement. Durant la vie mortelle du Sauveur, les malades pour obtenir leur guérison devaient souvent s'approcher de lui et toucher ses vêtements. Ainsi maintenant encore le fidèle qui voulant lui parler aura le bon esprit d'aller le chercher en sa propre maison, y trouvera pour l'ordinaire plus d'intimité et plus de grâces. Là, non loin de l'autel, les yeux fixés sur le tabernacle, il pourra tout à son aise lui causer cœur à cœur. Là, il n'aura rien à envier aux heureux contemporains, qui autrefois dans la Judée purent le voir, le suivre et l'entendre. Du reste, contemporains, nous. le sommes nous aussi, puisqu'il est avec nous jusqu'à la consommation des siècles.
Ne résistons pas au plaisir de citer, sur le sujet qui nous
si medicus faciat medicinam .ex qua possent quicumque morbi sanari, etiam in fulurum (Sum. Theol. p. IIL q. xux, a. 1, ad 1).
occupe, une page que saint Alphonse a écrite dans son incomparable livre des Visites au très saint Sacrement.
« Adorer THôte divin du tabernacle, c'est, après la réception des sacrements, la première de toutes les dévotions, la plus agréable à Dieu et la plus utile à nos âmes.
« Mettez-vous donc, âme pieuse, à pratiquer cette dévotion; renoncez aux vains entretiens avec les hommes; et, iidèle désormais à vous rendre chaque jour dans une église, passez-y quelque temps, au moins une demi-heure ou un quart d'heure, en présence du Dieu de l'Eucharistie. Goûtez et voyez combien le Seigneur est bon K Oui, faites cette expérience et vous verrez quels grands avantages il vous en reviendra.
« Ah! sachez-le, ce temps que vous passez à vous tenir avec amour devant le très saint Sacrement sera le temps le mieux employé de toute votre vie, et celui qui vous réjouira le plus à la mort et durant toute l'éternité.
« Sachez encore que vous gagnerez peut-être plus dans un quart d'heure d'oraison en face du tabernacle que dans tous les autres exercices spirituels de la journée. Sans doute, Dieu nous exauce en quelque lieu que nous le priions, suivant sa promesse : Demandez et vous recevrez -. Mais, dit un grand serviteur de Dieu, c'est envers ceux qui le visitent dans son Sacrement que Jésus se montre le plus prodigue de ses grâces. Le bienheureux Henri Suson disait également que les prières des fidèles sont bien mieux accueillies par Jésus-Christ dans le tabernacle que partout ailleurs. Pour parler de beaucoup d'âmes saintes, où donc, si ce n'est au pied du saint Sacrement, ont-elles pris leurs plus belles résolutions? Et vous-même, qui sait si vous ne prendrez pas un jour, en face du tabernacle, le parti de vous donner tout à Dieu.
« Je veux ici, du moins par reconnaissance poui* mon
1. Gustate et vitl«te quoniain suavis est Doininus > Ps. \\\iii. y\