Petite et acciplelis (Joan. xvi, 2'i
Jésus au saint Sacrement, manifester une chose qui me concerne. Grâce à cette pieuse pratique de la visite au saint Sacrement, quoique accomplie avec tant de froideur et d'imperfection, je me trouve nmaintenant hors du monde, où j'ai, pour mon malheur, vécu jusqu'à l'âge de vingt-six ans. Bienheureux seriez-vous, si vous pouviez, plus tôt que moi, rompre avec le monde et vous donner tout entier à ce bon Maître, qui s'est donné tout entier à vous! Oui, bienheureux, je le répète, non seulement durant l'éternité, mais encore pendant votre vie.
« Croyez-moi, tout est folie dans le monde. Festins, spectacles, réunions, divertissements, voilà les biens que le monde procure. Mais quels biens, hélas! puisqu'on n'y trouve que fiel amer et épines cruelles! Croyez sur parole celui qui en a fait l'expérience et qui ne cesse de la déplorer. Au contraire, persuadez-vous bien de ceci : quand une âme se tient un tant soit peu recueillie en présence du très saint Sacrement, Jésus-Christ sait la consoler bien mieux que le monde ne peut le faire avec tous ses festins et toutes ses réjouissances. Pour celui qui a la foi et un peu de dévotion, quel pur et suave bonheur de se trouver devant le tabernacle, et de s'entretenir familièrement avec Jésus-Christ, qui demeure là tout exprès pour écouter et exaucer nos prières! Quel bonheur de demander pardon des déplaisirs que nous lui avons causés, de lui exposer nos besoins, comme on le fait avec un ami en qui on a la plus entière confiance, de solliciter ses grâces, son amour, son paradis! Et, par-dessus tout, quelle céleste félicité de s'épancher en actes d'amour envers ce Dieu, qui demeurant là, sur nos autels, prie son Père Éternel pour nous et brûle d'amour pour nos âmes! Oui, c'est par amour qu'il consent à rester ainsi caché sous les voiles eucharistiques, méconnu et méprisé de tant d'ingrats. Mais pourquoi parler davantage? Goûtez et voyez K»