LA BONNE PENSÉE ET LE MOT DU COEUR
Seigneur! je crois à la vérité que je viens de me rappeler. J'y crois, mais augmentez ma foi.
Et pourquoi ce travail quotidien de la foi? Ah î c'est que la lumière ne nous aide à bien vivre que si elle nous vient de Dieu. Un homme pourra avoir pénétré par la science tous les secrets du mystère de l'Incarnation, sans en êtr^» pour cela plus attaché au Fils de Dieu fait homme. Au contraire, si un rayon d'en haut vient l'illuminer, ce chrétien se prosterne en s'écriant : Le Verbe s'est fait chair ^ ; et le culte du Verbe incarné prend dès lors racine dans son cœur. Or, c'est par l'acte de foi que ces rayons du ciel entrent dans l'âme humaine. Voilà pourquoi, dans l'oraison, il faut croire et prier, plus encore qu'il ne faut réfléchir.
Heureux ceux qui connaissent et pratiquent cette sainte méthode! Incontestablement, ils puisent la vérité à sa source, comme l'abeille puise le miel dans la fleur, et leur esprit ne tardera pas à se remplir de l'esprit de Dieu même.
A la bonne pensée, osons le redire, il faut joindre le mol du cœur. Gomment cela doit-il s'opérer? Ou bien la vérité que vous venez de vous rappeler a fait impression sur vous et a éveillé dans votre cœur quelque bon sentiment. Exprimez-le avant tous les autres et répétez-le sans vous lasser. Ou bien, au contraire, la bonne pensée vous aura laissé froid et sec. En ce cas, recourez à la recette des saints.
La recette des saints! qu'est-ce à dire? C'est-à-dire que ces hommes charitables et divins se sont donné la peine d'indiquer à leurs semblables les principales paroles (jue le cœur de l'homme peut olï'rir à son Dieu.
Ces paroles se rapportent toutes aux trois vertus théologales, et cela se conçoit puisque ces vertus renlermcnl, à elles trois, tous les actes qui peuvent unir rhomin»; directement à Dieu.
La première est celle dont nous venons de parler : Je