Verbum caro faclum est (Joaii. i, i î
4ii LA VIE VRAIMENT CHRETIENNE.
crois, credo! Chaque jour, soir et matin, notre mère la sainte Église nous la remet sur les lèvres; mais c'est dans l'oraison surtout qu'elle devient vivace et salutaire.
A celle-là, réservée pour la première partie, s'en joignent cinq ou six autres réservées à la deuxième.
Deux d'entre elles se rapportent à l'espérance. C'est le mot de l'humilité : Je ne suis, ô mon Dieu, qu'un pauvre pécheur, et je m'abaisse devant vous. C'est ensuite le mot de la confiance : Seigneur, j'espère votre grâce et je puis tout par elle.
Les autres se rapportent à la charité : C'est d'abord l'expression de la reconnaissance : 0 mon Dieu, je vous remercie du fond de mon cœur! Vient ensuite la parole du pénitent contrit : Seigneur, je vous demande pardon ! Puis l'acte d'amour : 0 Jésus, mon Sauveur, je vous aime de tout mon cœur, ou au moins je désire vous aimer! Enfin la parole qui est le corollaire de la charité : Puisque je vous aime, ù mon Dieu, que votre volonté soit faite î
Prenez tantôt l'une, tantôt l'autre de ces paroles sacrées; et après que, pendant environ le quart du temps que doit durer votre oraison, vous vous serez occupé de la bonne pensée de l'esprit, consacrez à peu près autant de temps à ce doux langage du cœur; aimant à répéter fois sur fois ce que vous avez à dire, et entremêlant de prières ces mots intimes de votre âme.
Ah! qu'elle devient promptement vertueuse et heureuse l'âme qui comprend ainsi l'oraison! Si bientôt les bonnes pensées transforment son intelligence, les paroles du cœur ne tardent pas à transformer son être tout entier. Car il est impossible qu'un homme répète assidûment à son Dieu : Je m'humilie devant vous, j'ai confiance en vous, je vous demande pardon, je vous remercie et je vous aime! sans que vite, bien vite, tout change en lui, à commencer par le cœur.
LES RÉSOLUTIONS ET LES PRIÈRES DANS L'oRAISON. 44.">