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Ainbula coram me et esto perfectus (Gen. wir

44 LA VIE VRAIMENT CUREiriENNE.

pourquoi l'apôtre saint Paul nous a laissé cet indispensable moyen : Pour s'approcher de Dieu, il faut commencer par croire qu'il existe *.

Afin de corriger notre athéisme, non spéculatif, mais pratique, occupons-nous de l'existence de Dieu.

Il fut un temps, ou plutôt une éternité, durant laquelle rien n'existait. Ni les cieux, ni la terre, ni les corps, ni les esprits, ni le monde, ni le chaos : rien. C'était la solitude, le silence, la mort, le néant de toutes choses.

Rien, ai-je dit... oui rien, excepté tout, excepté Dieu. Il existait un être, un seul, solitaire parce qu'il est un en nature, non solitaire parce qu'il est trois en personnes.

Cet être mystérieux était là, là depuis toujours. Et depuis que le monde a été créé par lui, il est dans le monde, puisque sa présence pénètre toute créature, et hors du monde, puisque sa grandeur dépasse, à elle seule, les milliers d'univers qu'il aurait pu faire sortir du néant. Sa nature, infiniment distincte de la nôtre, ne souffre pas plus de notre contact que la lumière du soleil n'est souillée par la boue sur laquelle tombent ses rayons.

0 mon Dieu, dans le ciel votre divine existence est l'éclat qui donne la félicité à l'éternelle vie des saints I Ils vous voient, ô Dieu, éternelle beauté; ils vous aiment, parce qu'ils vous voient, éternelle bonté ; et dans toutes les créatures dont ils ont la jouissance et la vue, c'est encore vous, leur Dieu, qu'ils découvrent et qu'ils adorent comme le principe et la fin de toutes choses !

Hélas! en ce monde, à notre esprit qui refuse de vous voir, vous êtes comme n'étant pas; aussi votre absence laisse-t-elle entrer le désordre en tout ce qui nous concerne : l'adversité nous abat parce que Dieu n'est pas là ; la prospérité nous enivre parce que Dieu n'est pas là ; la vertu nous fatigue parce que Dieu n'est pas là; le péché nous séduit parce que Dieu n'est pas là.

1. Credere enim oportet accedenlem ad Deiim quia est (Hebr, xi, G).

Voiià pourquoi ce Dieu si grand, qui est en même temps si bon, ne cesse de nous rappeler la vérité primordiale, celle de son existence, et de s'écrier du haut du ciel : 0 hommes, j'existe, j'existe! Cest moi, dit-il par la bouche du prophète Isaïe, c'est moi qui suis, c'est moi qui suis le Seigneur*. Et ailleurs : Dès l'éternité, je suis moi-même-. Et ailleurs encore : Je suis r éternel, et il ny en a point d'autre. Hors de moi il n'y a point de Dieu. Que l'Orient et l'Occident apprennent que rien n'est sans moi. Je suis le Seigneur, et il n'y en a pas d'autre^. Du reste, il avait déjà affirmé à Moïse cette parole à jamais mémorable : Je suis Celui qui suis. Et voici ce que tu annonceras aux fils d'Israël : Celui qui est m'a envoyé vers vous''.

Imbue des enseignements du Seigneur, la sainte Église, sans discontinuer, rappelle à ses enfants cette éternelle existence de leur Dieu. Elle veut que le chrétien répète chaque jour cette parole : Je crois en Dieu le Père toutpuissant ^ ; et, quand le peuple s'assemble pour assister aux divins mystères, elle lui fait chanter: Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant, le créateur du ciel et de la terre, des choses visibles et des choses invisibles^'.

A. l'exemple de Jésus-Christ et de l'Église, tous les Docteurs n'ont rien trouvé de plus urgent pour leur sollicitude que d'affirmer et de prouver sans cesse l'existence de Dieu. De cette vérité primordiale, un des plus illustres, le grand saint Thomas d'Aquih, nous a exposé cinq preuves. Tout en établissant une démonstration irréfutable, elles

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