‹ La vie vraiment chretienneChapitre 275 sur 309 · Panpm noslrum quolidianuin da nobis hodio Xuc. xi · texte numérisé non relu

Panpm noslrum quolidianuin da nobis hodio Xuc. xi

VIE VRMMENT CnnKTIENNE. 27

y arriver, il faut suivre une route bordée de précipices, infestée par les voleurs, sans refuge pour y prendre abri, sans eau pour se désaltérer, sans pain pour se nourrir. Et notre voyageur est pauvre; tout lui manque : l'argent, la nourriture, les moyens de transport. Dans ces conditions, le voyage évidemment lui est impossible, si la charité publique refuse de le suivre pour venir chaque jour et à chaque instant à son aide. Eh bien, cette assistance continuellement renouvelée, c'est la grâce du voyage. Peut-elle suffire? Non, car quelle qu'ait été l'abondance du secours prodigué ainsi le long du chemin à sa pauvreté, l'heureux voyageur ne pénétrera pas dans le château, si, arrivé presque au terme, il ne trouve une barque qui le transporte d'une rive à l'autre. Cette barque, c'est la grâce du passage.

Telle est la condition du chrétien. Persévérer, c'est bien vivre, c'est surtout bien mourir. Or, le Seigneur, qui n'a pas voulu que la veille assurât le lendemain, n'a pas voulu non plus que la vie assurât absolument la mort. Par un juste décret d'un Dieu jaloux de sa gloire et de notre dépendance, nous en sommes réduits à ce degré de misère, qu'après avoir longtemps bien vécu, nous ne pouvons espérer que de la pure miséricorde de Dieu la grâce de faire et d'éviter au dernier moment ce qu'il faut faire et éviter pour bien mourir. Oui, cela est vrai, tellement vrai que, si à son dernier jour saint Vincent de Paul a eu, durant son agonie, une pensée de péché, saint Vincent de Paul luimême n'a pas trouvé dans ses quatre-vingts ans de charité de quoi lui résister; il lui a fallu un dernier secours purement gratuit. C'est cette suprême grâce du passage qui, jointe aux grâces du voyage complète le don de la persévérance.

Troisièmement enfin, il y a entre ce don mystérieux et la prière une étroite et nécessaire liaison. Si persévérer est la faveur qui se mérite le moins, elle est aussi celle qui se demande et qui s'obtient le mieux. C'est ce qui a inspiré au

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