DIEU, MOTEUR IMMOBILE
vement, comme pour chercher l'objet chéri après lequel elle soupire. Enfin le voilà! Aussitôt elle ouvre les bras, et le fils se jette sur le sein de sa mère bien-aimée. Cette étreinte maternelle et filiale, qui semble immobiliser la mère et l'enfant, n'en est pas moins la plénitude de la vie et de l'aflection réciproque.
Cette comparaison si imparfaite nous donne cependant quelque idée de notre Dieu, principe immobile et moteur de toutes choses.
Immobile, il l'est ; mais c'est l'immobilité de la vie, et non celle de la mort. Il est si grand, si bon, si beau, si parfait, si admirateur de sa divine essence, si satisfait en lui-même et de lui-même, si au-dessus de toutes choses, si maître absolu de toute créature, si riche, si sûr de voir toujours ses volontés accomplies, si puissant et si assuré d'une éternelle victoire, que rien ne l'émeut, rien ne le trouble, rien ne l'inquiète, rien ne lui manque. Aussi est-il tranquille dans un éternel repos. Mais parce que son immobilité est celle de la vie pleine et entière, elle est la source de tout mouvement. En Dieu c'est la volonté, la volonté satisfaite, la volonté animée d'un bon vouloir si parfait qu'elle n a plus rien à chercher, c'est, dis-je, cette volonté qui meut tout, qui gouverne tout, qui conduit tout au terme de ia création : à la gloire uu Créateur.
Et voilà, o mon Dieu, la première lumière que vous nous donnez sur votre Être adorable! Par la bouche du prophète Malachie vous nous dites : C'est moi qui suis le Seigneur et je ne varie pas ' ; sans me remuer, je suis la vie, et tout ce qui vit, vit par moi.
Laissez-moi vous faire une prière, ô Dieu, immobib» auteur de toutes choses! Faites que le chrétien qui lira ces lignes s'écrie sous l'inspiration de votre grâce : C'est vrail 11 est un Dieu, ce Dieu est le mien, je suis sa créai ur(\ J'ai vécu trop souvent comme s'il n'était pas. Attirez-moi vous-