Ego enim Doniinus, et non mulor (Mal. m, G
même à vous, afin que, créature de Dieu, je cesse de vouloir vivre en dehors de mon Dieu.
§ II. — Dieu, cause première.
Que ce grand Dieu nous accorde la grâce de balbutier encore, sur sa divine existence, quelques mois qui nous soient salutaires sans le déshonorer. Si nos efforts n'avaient d'autre résultat que de porter une seule âme à prononcer une fois, mais avec cœur, cette parole : Mon Dieu! certes nous n'aurions pas perdu notre peine. Je dis : avec cœur, car trop souvent, hélas! c'est sans intelligence et sans amour que l'âme humaine laisse échapper cette sainte exclamation : Mon Dieu!
Ce grand Dieu, nous l'avons vu, est, dans le monde et infiniment au delà des limites du monde, l'immobile moteur.
L'immobile parce qu'il est, non pas mort, mais vivant; l'immobile, parce que, possédant la plénitude de tout bien, il n'a pas à se mettre en mouvement pour chercher un je ne sais quoi qui lui manquerait; l'immobile parce qu'il se repose tranquille dans la pleine et éternelle possession de son être infini, comme le soleil en plein midi jouit en paix de tout l'éclat de sa splendeur.
L'immobile donc, mais l'immobile moteur, parce que dans cette immobilité se trouve une immense vie; et que cette vie, s'épanchant au dehors, communique à tout ce qui se meut, quelque imitation de Celui qui opère toujours \ comme le dit Notre-Seigneur.
Pas un insecte ne se remue dans la poussière, pas un cheveu ne pousse sur notre tête, pas un astre ne parcourt l'immensité des cieux, sinon par l'action de ce grand Dieu qui seul procure cette activité sans laquelle tout s'arrêterait et tomberait de la vie dans la mort. Fn vous, Seigneur^ s'écrie à propos le Psalmiste, est la fontaine de la