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L OBJET DE LA PRIERE DU SOIH EN FAMILLE

La Mère. — Je ne vois pas l)ion, Monsieur l'abbé, où vous voulez en venir.

Le Père. — Ni moi non plus.

Le Prêtre. — Voici : ces enfants, ces grands enfants qui demandent mal, c'est nous. Pour les biens naturels, pour les faveurs temporelles, oh! nous assiégeons la très sainte Vierge. Y a-t-il un malade dans la maison, court-on risque de perdre un procès, nos champs souffrent-ils de la sécheresse ou notre commerce d'une stagnation opiniâtre, vite une neuvaine à la sainte Vierge ou un pèlerinage I

Le Père. — Eh bien, quoi? Blâmeriez-vous par hasard?

Le Prêtre. — Non, certes. Mais ce que je blâme, c'est i'oubli de certaines autres choses autrement importantes qu'un peu de santé ou d'argent.

Le Père. — Lesquelles donc?

Le Prêtre. — Lesquelles? Celles qui nous occuperont au moment de la mort, qui devraient par conséquent nous occuper durant la vie. Au dernier jour, quelques milliers de francs de plus ou de moins dans notre caisse seront pour nous chose fort peu intéressante. Mais nos bonnes œuvres, nos péchés, notre pénitence, les vertus pratiquées, les vices trop caressés, les perspectives de l'éternité, le jugement qui sera proche et les gages de salut que nous aurons acquis, voilà ce qui nous préoccupera, et à bon droit!

Or, ces biens supérieurs, grâce à notre incurable enfantillage, nous les oublions; et, les oubliant, nous ne songeons pas à les implorer.

La Mère. — Je commence à vous comprendre. Vous voulez nous dire, Monsieur l'abbé, que nous devons demander chaque soir à la sainte Vierge la grâce de l'importuner un peu moins pour les choses du lemps, et un peu plus polir celles de l'éternité?

Le Prêtre. — {}\\ peu moins pour les chus.'s du temps, non, pas précisément, puisque notre bonne Mère ne trouve point mauvais que nous lui en parlions. Mais un peu plus pour les choses de l'éternité, oui, certes oui. Car elle gémit

de voir ses enfants vivre en insensés, poursuivant des bagatelles et laissant là l'essentiel.

La Mère. — C'est entendu, vous êtes compris. Monsieur l'abbé. Je vous remercie du bon conseil; nous le suivrons, n'est-ce pas. mon cher ami?

Le Père! — Oui, puisque bon gré mal gré, je finis toujours par avoir tort.

Le Prêtre. — En étes-vous fâché?

Le Père. — Fâché d'avoir eu tort, oui; de le reconnaître, non. Mais, Monsieur Fabbé, est-ce tout?

Le Prêtre. — Non. Si vous imposez à votre famille et à vous-même une prière du genre de celle-ci : 0 Marie, obtenez-nous la grâce (Vêtre toujours vos enfants, et des enfants assez sages pour vous demander les biens éternels plus encore que les temporels; soyez sûrs que quelqu'un fera le possible et l'impossible pour vous l'arracher de la bouche et du cœur.

Le Père. — Qui, ce quelqu'un?

Le Prêtre. — Le démon. Sur ce personnage j'aurais bien des choses à expliquer, mais ce n'est pas le moment. N'oubliez pas le conseil que je vous ai donné.

Lm Mère. — Pourriez -vous, Monsieur l'abbé, nous laisser une formule de prière qui contienne toutes vos précédentes paroles.

Le Prêtre. — Volontiers ; en voici une, courte et bonne : Très sainte Vierge Marie, obtenez-nous la grâce de ne jamais oublier la grande affaire de notre salut, de vous la recommander fidèlement, surtout quand nous serons tentés de pécher ou de ne pas faire j)énitence. Faites surtout que nous ne vous abandonnions jamais, et que, jusqu'au dernier jour, nous soyons fidèles à vous recommander notre âme et notre éternité. Ainsi s oii -il!

Le Père. — Je me permets de revenir sur la demande que je vous ai adressée au commencement de notre entretien. Voudriez-vous nous donner un résumé complet et succinct de tout ce que ncTus avons pratiquement à vou-

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loir et à faire pour mener, au soin de noire familhi, une vie vraiment chrétienne?

Le Prêtre. — Vous allez au-devant de mes désirs et, à l'avance, je vous avais préparé ce plan avec soin. Recevezle comme souvenir de nos entretiens ; ôbservez-le fidrlement et vous transformerez votre famille en un véritable sanctuaire delà vie vraiment chrétienne.

Résumé de la vie vraiment chrétienne.

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