‹ La vie vraiment chretienneChapitre 31 sur 309 · DIEU, CAUSE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

DIEU, CAUSE PREMIÈRE

vie^; et saint Paul lui fait écho en disant : C'est en lui que nous vivons^ que nous nous mouvons et que nous sommes -.

Cette pensée de l'immobilité divine donnant le mouvement à tout ce qui sans elle n'est que mort, nous conduit ii ridée de cause première, autre preuve de l'éternelle existence de Dieu.

Si nous considérons l'univers^ nous y voyons que, grâce à l'impulsion reçue du Créateur, les créatures forment un immense ensemble de causes produisant leurs effets. L'astre du jour est cause de cette chaleur et de cette lumière sans lesquelles la terre serait stérile et inerte. Dans le sol, la plante est cause de la plante : le chêne laisse tomber de sa tète ce petit gland plein du germe de la vie, lequel enseveli dans la terre devient la cause d'un nouvel nrbre.

L'homme surtout a le plaisir et l'honneur d'être cause d'une foule d'effels divers. Il est cause de la vie quand il donne le jour à son semblable qui sera son fils; par ses soins assidus il est cause de la conservation et du dévelopl)ement d'existence en son enfant; par l'éducation il est cause de sa formation intellectuelle: finalement il est cause de ce que produira son fils devenu cause à son tour.

Notre vaste univers forme de la sorte une immense hiérarchie d'êtres qui se produisent, se perfectionnent, se détruisent pour se reproduire et se perfectionner de nouveau.

En remontant cette succession d'êtres produits et producteurs, il faut de toute nécessité qu'on arrive à une cause première qui n'a pas de principe et qui existe par ellemême. Car dans l'ordre des causes successives, on ne peut pas se perdre en une investigation infinie : la recherche doit finalement et forcément s'arrêter à quelque chose ou à ([uelqu'un que personne n'ait fait et qui fasse tout.

t. Qiioniam apuH le ost fons vil.ii» (I\s. x\xv, 10\

2. In ipsocnnu vivimus, et mcvemur, et siimus (Acl. xmi, 28).

Ce quelqu'un, ce quelqu'un adorable, c'est Dieu. Il est la cause des causes, et n'est lui-même causé par rien. Aussi prenant un langage imagé, à la portée de l'homme, le Tout-Puissant nous dit-il par la bouche du Prophète- Roi : Ecoute, mon peuple^ et je te parlerai; Israël, écoute, car je te prendrai à témoin l Dieu, ton Dieu, c'est moi qui le suis. Ai- je besoin des génisses de tes étables et des boucs de tes troupeaux? Toutes les bêtes des forêts et tous les animaux qui paissent sur les montagnes sont à moi. Je connais tous les oiseaux du ciel, et les animaux des champs Wiappar tiennent. Si j'avais faim, est-ce à toi que je m'adresserais? L'univers est à moi et tout ce qu'il renferme K

Par où le Seigneur nous fait entendre qu'il est l'auteur de tout, sans que personne soit Fauteur de Dieu.

0 souverain Créateur et gouverneur de toutes choses, comment se peut-il faire qu'étant cause de tout, vousmême n'ayez pas de cause? Car plus un être est grand, plus je me sens incliné à croire qu'un autre être supérieur a dû intervenir dans son existence. Un grain de sable est si peu de chose que je ne songe pas même à me* demander qui l'a placé devant moi. On peut croire qu'il est là sans que personne l'y ait placé. Mais si j'examine une de ces constructions immenses qui fendent les eaux de l'océan, je me dis avec admiration : Quelqu'un a fait celai Or, Seigneur, vous êtes le plus grand et le plus parfait de tous les êtres. Comment donc est-il possible que personne n'ait contribué à ce que vous existiez? A-t-on jamais vu et peut-on s'imaginer un pareil être sans cause?

Celte difficulté de notre pauvre esprit, au lieu d'ébranler le dogme de l'existence de Dieu, en est une nouvelle preuve.

1. Audi, populus meus, et loquar-, Israël et testificabor tibi. Deus, Deus tuus ego sum. Non in sacrifîciis tuis ar^uara te; holocausta autem tua in conspectu meo sunt semper. Non accipiam de domo tua vitulos, neque de gregibus tuis hircos; quoniam meœ sunt omnes feiœ silvarum, jumenta in montibus, et boves. Cognovi omnia volatilia cœli, et pulchritudo agri mecum est. Si esuriero non dicam tibi -, meus est enim orbis terrae et pienltudo ejus (Ps. xux, 7-13).

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