‹ La vie vraiment chretienneChapitre 33 sur 309 · Qui est (Ex. m · texte numérisé non relu

Qui est (Ex. m

DIEU, KTRE NÉCESSAIRE. 53

satisfaite d'elle-même, vous trouvez la puissance de mouvoir tout ce qui se meut sur la terre et au ciel !

Que me reste-t-il donc à moi, ver de terre qui viens de faire ces réflexions, si ce n'est la consolation de me prosterner devant vous, et de dire : 0 grand Dieu, vous êtes le principe de ma vie, et sans vous pas une goutte de sang ne circulerait dans mes veines, pas une pensée ne naîtrait dans mon esprit!

0 Dieu, vous êtes le principe de mon être, et sans vous je quitterais la catégorie des créatures existantes pour rentrer dans celle des êtres purement possibles!

0 Dieu, vous êtes l'être nécessaire et sans cause, et moi Je dépends de vous, et par vous je dépends d'une foule de personnes et de choses!

Faites que, pour vous rendre gloire, je sache me plonger dans l'abîme de mon néant! Faites qu'en mon âme se reproduise quelque chose de la céleste scène décrite par ces paroles de saint Jean : Ils ne cessaient de dire jour et nuit : Saint, Saint, Saint, le Seigneur Dieu tout-puissant, qui était, qui est et qui doit venir! Et lorsqu'ils rendaient gloire, honneur, bénédiction à Celui qui est assis sur le trône, qui vit dans les siècles des siècles, les vingt-quatre vieillards se prosternaient devant Celui qui est assis sur le trône, et ils adoraient Celui qui vit dans les siècles des siècles; et ils jetaient leurs couronnes devant le trône disant : Vous êtes digne. Seigneur, notre Dieu, de recevoir gloire, honneur, puissance, parce que vous avez créé toutes choses ; et que, par votre vol on lé',' elles étaient et elles ont été créées '.

1. Et requiem non habcbant die ac noclo, dicentia : Sanclus, Soik Ins. Sanctns Doininus Deiis omnij)olons, (|ui erat, et qui ost, ctiini vcnluriis est. Et cuin dareiit illa animaliaf^loriain, et honorein, et bonciliclionein sedenll super Ihronuni, viventi in sœeula sœcnlorum, procidebant viginti quatuor seniores anle sedenlem in tbrono, et adorabant viventem in sa'cula Sccculorum, et luiltebant coroiias suas aiiUi thronuni, dicenles : Dignus es Domine Deus nostcr, aecipere glorinn, et lionorein. et virtulein, quia tu creasti omnia, et, propter voluntalein tuain, eraiil et crcala sunt (Apoc. iv, S-ll).

§ IV. — Dieu, infinie perfection.

0 mon Dieu, ô vous que je dois voir un jour, et qui êtes déjà, en attendant que je vous voie, la délectation de mon esprit et de mon cœur, aidez-moi à parler encore de votre divine existence!

Ce que nous avons dit jusqu'à présent revient à ces quelques pensées : Tout en ce monde est en mouvement. Il faut bien qu'il y ait un Être mystérieux qui, ne recevant la vie de personne, la communique à toute créature. Cet Être adorable, immobile moteur, c'est Dieu.

Tout en ce monde a une cause; il faut donc un Être suprême qui, lui, ne soit causé par aucun autre et qui existe par la force même de son essence incréée. Celui-là, c'est vous, ô mon Dieu; vous que personne n'a fait, qui ne vous êtes pas fait vous-même ; vous, l'éternel principe de tout ce qui existe !

Rien en ce monde n'est nécessaire : un roi succède à un roi, un pape succède à un pape, une fourmi remplace une fourmi ; et quand une créature a disparu de la scène, on ne s'aperçoit pas même de sa disparition. Rien donc n'est nécessaire, excepté Celui sans qui rien ne serait, excepté Celui qui ne peut pas ne pas être, parce qu'il est Celui qui est. Encore une fois, Celui-là c'est vous, mon Dieu; vous qui possédez, dans votre nature même, la raison de votre être!

Mais ce n'est pas tout. Saint Thomas donne deux autres preuves de cette divine existence. Essayons de les développer.

Les créatures ont toutes reçu de leur Créateur une certaine mesure de perfections ; c'est pourquoi l'Écriture nous dit que le Seigneur^ après les avoir fait sortir du néant, jugea et déclara qu'elles étaient bonnes \

Ces perfections semblent graduées à l'infini. La lampe

1. Viditque Deus cuncta quae fecerat et erant valde bona (Gen. i, 31).

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