CHAPITRE IV
l'être de dieu.
11 peut paraître téméraire de vouloir expliquer une vérité aussi inexplicable que celle-ci : Dieu est VElre. Cependant, puisque le Seigneur, comme nous l'avons plusieurs fois remarqué, a voulu que l'on dise de lui : Celui (lui est ', et qu'il s'est appelé : Je suis Celui qui suis"^, il faut croire qu'il y a dans l'intelligence humaine une aptitude à entrevoir une telle vérité, et aussi que Dieu lui-même est tout disposé à montrer à sa créature quelques rayons de cette divine lumière.
Commençons donc; et, pour nous faire comprendre;, recourons à une comparaison.
Mais quoi! Une comparaison! Est-il raisonnable de comparer Dieu à quoi que ce soit de créé? N'y a-t-il pas entre cet Être adorable et la créature une distance incommensurable, inflnie? Par conséquent toute comparaison de la créature avec le Créateur n'est-elle pas un mensonge, une absurdité, une sorte de blasphème?
On pourrait le penser. Mais puisque le Très-Haut luimême, pour s'expliquer humainement avec les hommes ses enfants, a daigné se comparer tantôt à un père occupé de sa famille, tantôt à un roi gouvernant des empires, tantôt à un chef d'armée- en lutte contre l'ennemi, tantôt à un doigt mystérieux indiquant à chaque être sa route, tantôt à une main puissante s'appesantissant sur nous, tantôt à un bras redoutable frappant de grands coups, tantôt i\ un feu dévorant, tantôt à un souille léger, tantôt à quelque