DIEU, LA PERFECTION SUBSTANTIELLE ET VIVANTE
Job, nous raconte TÉcriture', était, parmi les Orientaux, resplendissant de gloire. Avec la gloire, le bonheur semblait s'être attaché à lui pour ne plus le quitter. Cependant, hormis sa personne, tout ce qui touchait à son être n'était que d'emprunt. Aussi Satan, avec la permission de Dieu, n'eut-il pas de peine à le déOgurer, tout en lui laissant sa nature intacte. La sérénité épanouie sur son visage s'éclipsa pour faire place à la laideur d'un lépreux. Sa brillante santé disparut comme une ombre : on ne vit plus qu'un corps affreux, couvert d'ulcères. Son âme ellemême devint méconnaissable : au lieu de la joie, la tristesse; au lieu de la majesté, une humiliation sans nom; au lieu du calme de la vertu, les agitations d'un cœur bouleversé de fond en comble.
Tant il est vrai que nous n'avons rien qui soit à nous, et que les qualités dont nous sommes si fiers nous sont attachées à la façon des couleurs fugitives d'une bulle de savon, qui s'évanouit sous le souffle d'un enfant.
Il n'en est pas ainsi de Dieu. En lui, tout subsiste ; tout appartient au fond même de sa nature; rien n'est purement accidentel. Sa beaulé n'est pas une qualité qui pourrait lui être enlevée, comme celle des hommes qu'un rien fait disparaître : elle lui est essentielle, parce que le Seigneur est naturellement beau, comme l'homme est naturellement homme.
Pareillement sa bonté, sa majesté, sa sainteté, sa grandeur, sa miséricorde, sa justice, et mille autres qualités encore, en lui ne sont pas des qualités. On ne dit pas de l'âme humaine qu'elle est une qualité de l'homme, car elle est essentielle à sa nature. De même les perfections divines ne sont pas des qualités de Dieu, car elles sont Dieu luimême. A moins d'être anéanti, je ne puis pas cesser d'être une créature raisonnable, puisque tel est le fond même de mon être; de même. Dieu ne peut pas cesser d'être bon,