‹ La vie vraiment chretienneChapitre 50 sur 309 · DIEU EST LA VIE, MÊME DES PÉCHEURS · texte numérisé non relu

DIEU EST LA VIE, MÊME DES PÉCHEURS

Nous venons de voir ensemble, bon et pieux lecteur, ce spectacle grandiose : notre Dieu tout-puissant qui, au milieu de son univers et du fond de son Être incréé, donne à toutes les créatures leur existence, leur mouvement et leur vie, selon cette parole de l'Apôtre : C'est en lui que nous vivons^ que nous nous mouvons, et que nous sommes ^ .

Cette vérité peut faire naître dans l'esprit humain cette objection : Si rien ne se fait sans que Dieu soit le premier moteur et la première cause de l'action produite, si chaque fois que je pense, que je veux et que j'agis, c'est mon Dieu qui me donne de penser, de vouloir, et d'agir, ne doit-on pas en conclure qu'il est la cause, non seulement de nos actes bons, mais encore de nos péchés?

Nullement! Bien qu'il soit la vie de tout être humain, même pécheur, Dieu n'est pour rien dans le péché de l'homme.

Plusieurs comparaisons nous feront entrevoir quelque chose de cette vérité mystérieuse. Un musicien habile saisit son instrument et se met à le manier avec une dextérité parfaite. Hélas! l'instrument est détérioré : il n'en sort guère que des sons discordants. Cette discordance a pour cause non pas la main du joueur, mais les défauts de l'objet dont elle se sert.

Un navigateur expérimenté lance son navire sur les flots pour entreprendre un long et périlleux voyage. Soudain, le navire fait naufrage, parce que secrètement quelque chose a manqué aux pièces qui le composent. Le naufrage est imputable non pas au capitaine, mais au vice de construction.

Un chef d'armée engage une bataille, après avoir com-

1. In ipso enim viviinus, et movemur, et sumus (Act. xvii, 28).

Page 1