Ego sto ad oslium et pulso (Apoc. m
toujours, dites-moi, au moins de temps en temps : Mon Père ' /
Il faudrait, pour résister à cet appel, être une de ces âmes dont parlait saint Paul : âmes sans affection ^. Il est vrai qu'à la mort de Jésus-Christ, si les rochers se fendirent, le cœur du Juif endurci ne s'amollit pas. Mais nous sommes chrétiens, et Jésus-Christ est le plus reconnaissant de tous les pauvres.
Ne lui refusons pas la pitié, car nous l'avons dit : Chaque soupir de notre cœur infidèle est une aumône offerte à Jésus- Christ.
Je demande la permission de le faire comprendre par un récit familier, trop familier peut-être ; la sainteté du motif, je l'espère, excusera la liberté du langage.
Un prédicateur traitait un jour le sujet qui nous occupe. Il entretenait ses auditeurs de l'amour de Jésus-Christ; et il en parlait comme on peut, hélas! être souvent réduit à le faire devant les dïrétiens. Il leur demandait donc, non pas l'habitude de l'amour, c'est trop pour nos âmes dépravées, mais chaque jour, pour un instant, un réveil de la piété filiale, une étincelle de dessous la cendre, un petit présent du cœurolïert au Dieu mort pour eux sur la croix.
Parmi les auditeurs se trouvait un soldat. Son âme, pour avoir une écorce plus rude, n'en était pas moins sensible. Entendant rappeler l'exemple du centurion qui, après le dernier soupir de Jésus, était descendu de la montagne en se frappant la poitrine, il se dit : « Quoique soldat, je suis chrétien! Puisque le prêtre qui me prêche est si modéré dans ses exigences, qu'il se contente d'un instant consacré chaque jour à Jésus-Christ, cet instant je le promets, je le donne à mon Dieu.» Aussitôt, se mettant à chercher dans sa pauvre vie de soldat quel sacrilice il pourrait offrir, il résolut (qu'on me pardonne la naïveté du détail) de se priver une fois chaque jour du plaisir que procure la fumée du tabac. Ce