‹ La vie vraiment chretienneChapitre 91 sur 309 · Sine affecliono (Rom. ii, 31 ; Il Tim. m · texte numérisé non relu

Sine affecliono (Rom. ii, 31 ; Il Tim. m

UNE AUMÔNE A JÉSUS-CURIST. VV.l

bon mouvement du cœur ne fut pas passager. L'humble sacrifice fut tous les jours fidèlement offert, et chaque fois rheureux soldat l'accompagnait d"un regard affecteux jetc'^ vers le ciel ou sur un crucifix. Cet instant dévie chrétienne le soulageait, le consolait.

Cependant Jésus-Christ recueillait fidèlement cette aumône quotidienne. Il la serrait avec joie dans son trésor, à côté de l'obole de la veuve dont parle l'Évangile. Bientôt son Cœur si bon n'y tint plus; il l'ouvrit tout entier sur le soldat coupable mais généreux, et de cette source divine s'échappèrent des fleuves de contrition et de grâce, qui firent de ce pécheur un pénitent sincère, puis un chrétien fervent, et enfin un élu à jamais heureux.

Jésus-Christ ne change pas : les promesses de sa bonté sont immuables. Si, fidèles imitateurs de ce soldat sauvé par l'aumône du cœur, nous melons dorénavant à chacune de nos journées quelques petites parcelles d'amour pour Jésus-Christ, ce levain fermentera dans la masse, et les plus grandes récompenses pourront être attachées à cette humble fidélité.

Jacob voulait recevoir la bénédiction de son père Isaac qui, devenu vieux et aveugle, se disposait à aller rejoindre ses ancêtres dans la terre des vivants. Le vieillard, croyant parler à Ésaii son aîné, lui demanda d'aller prendre à la chasse le gibier de sa préférence et de lui en préparer un repas. Comment Jacob contenterait-il le désir du patriarche, son père, dont il devait, selon les desseins de Dieu, surprendre la bénédiction? N'étant pas chasseur, comment offrirait-il ce gibier qu'Ésaù seul était capable de trouver? Rébecca y pourvut. KUe était dans le complot : elle, la première, avait désiré pour Jacob, son bien-aimé, l'héritage des bénédictions paternelles. Avec cette habileté dont le cœur d'une mère ne perd jamais le secret, elle sut donner à deux chevreaux soigneusement apprêtés l'odeur et la saveur du repas demandé par Isaac; puis, plaçant le mets entre les mains de son Jacob, elle l'introduisit dans la chambre pa-

lernelle, d'où l'heureux enfant ne sortit qu'enrichi des bénédictions désirées.

Si nous sommes, comme le fils de Rébecca, incapables d'offrir à notre Père ce tribut d'affection qu'il réclame de nous, notre famille, comme celle de Jacob, possède aussi une mère ingénieuse. Grâce à elle, des époux humiliés et n'ayant plus rien à offrir virent un jour une eau insipide se changer en un vin délicieux. Grâce à elle encore, les chrétiens les plus froids sont étonnés de trouver dans leur cœur assez d'amour pour pouvoir en offrir chaque jour un peu au Dieu qui en a faim et soif. Dans l'économie de la vie chrétienne, c'est la sainte Vierge qui fournit aux enfants puînés cette monnaie de l'amour dont il faut faire présent au premier-né Jésus.

Joseph, époux de la Vierge et chef de la famille, intervient aussi à sa manière dans ce commerce du cœur. Ce fut lui qui recueillit les présents des Mages; c'est lui qui, en économe fidèle, tient compte de ceux que nous offrons au Fils de sa très sainte épouse.

Puisqu'il en est ainsi, faisons la promesse d'accorder fidèlement à Jésus-Christ l'aumône qu'il réclame, et inscrivons au budget de nos affaires spirituelles un article ainsi conçu : Tous les jours ^ après avoir rapidement invoqué Marie et Joseph, j'offrirai à Jésus-Christ une ohole, mais de bon cœur et par pur amour pour lui.

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