‹ La vie vraiment chretienneChapitre 98 sur 309 · Quare moriemini, domus Israël (Ezech. xviii · texte numérisé non relu

Quare moriemini, domus Israël (Ezech. xviii

Spectacle; et vous, portes du ciel, plongez-vous dans la désolation^ l L'homme qui avait pour terme la vie éternelle, s'en va de lui-même à la mort éternelle.

Si encore, dans cet oubli de sa fm, l'infortuné ne nuisait qu'à lui-même! Non, il est fils et il a un Père. Or, on le sait, le crime de l'enfant est la tristesse du père, surtout quand ce crime est double, quand le coupable a perdu avec le sentiment de ses intérêts le sehs de l'amour filial, et qu'abruti par ses passions il va jusqu'à méconnaître l'auteur de ses jours.

Tel est précisément l'homme en face de son Créateur. Il n'aime plus Celui qui lui a donné la vie. Enfant dénaturé, ou plutôt, pour parler avec saint Paul, enfant de colère-, il ressemble à ces êtres pervertis qui, secrètement, souhaitent la mort de leurs parents. Car, il faut bien l'avouer, le cœur humain a cela d'affreux que vite, bien vite, il en viendrait à désirer que son Dieu ne fût pas.

En vérité, c'est la désolation de la désolation^ parce que c'est la perversion de la fin dernière. Aussi, le Seigneur n'a-t-il pas assez d'accents pour exhaler sa douleur. Écoutez- le : J'ai nourri des enfants, je lestai élevés, et eux m'ont méprisé. Le bœuf connaît son maître, l'âne son étable; mais Israël ne m'a pas connu et mon peuple est sans intelligence^. Ils ont dit au bois : Tu es mon p)ère; et à la pierre : Tu m'as engendré ''. A cette vue ce grand Dieu interpelle l'homme, et il lui parle comme parle l'amour d'un père quand il est attristé : 0 homme, ô mon fils! appelle-moi du 7noins de ce nom : « Mon Père^l » Mais non! tous se sont détournés, et ils sont devenus abominables dans

1. Obilupescite, cseli, super hoc; et portée ejus, desolamini vehementer (Jer. II, 12).

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