Ergo saltem amodo voca me : Pater meus (Jer. m
UNE EXPLICATION SUR LA FIN DE l'iIO.MME. 167
leurs affections \ Ce que voyant, est-il raconté au livre de la Genèse, le Seigneur se repenlil de ce qu'il avait cn-é riiomme sur la lerre^ et il fut ému de douleur au dedans dr lui-même-.
Dans cette immense catastrophe, les saints, dont l'Écriture dit : Ils sont guéris par la sagesse ^, n'ont rien eu plus à cœur que de rappeler aux hommes leur destinée suprême. Oublier cette destinée est la racine de tout mal; se la rappeler est le principe de tout bien. En vrais sages, ils Tout compris, et l'esprit qui les anima fut avant tout un esprit de retour à la fin de l'homme.
Tous les mômes pour le fond, les saints ont varié quant à la forme. Or ici, la forme n'est pas indilïérente. Les uns que Ton propose à l'homme étant ordinairement complexes, on peut, sans les dénaturer, les présenter sous différentes nuances, et cette diversité de nuances diversifie les impressions. Quand des soldats ennemis sont en présence, si l'on rappelle aux lyis la gloire de la patrie, aux autres son salut en péril, la manière de combattre ne sera pas des deux côtés absolument la môme. Les soldats de la gloire auront plus d'élan, les soldats du salut plus de résistance.
Ainsi en est-il du combat spirituek Si, pour animer les combattants, on leur jette ce cri de guerre : Service de Dieu 1 l'esprit de fidélité deviendra leur partage. Si c'est le salut de l'àme que l'on met en avant, ils auront l'esprit de la sainte crainte. Quand la pensée dominante est la gloire de Dieu, la vie a plus de feu; quand c'est son amour, le cœur joue un plus grand rôle.
Et c'est ainsi que l'Esprit de Dieu, qui réserve à chacun de ses organes un accent dominant, a permis que les grands saints qui ont le plus parlé de la fin de rhommc formassent
1. Cornipli suiit, et aboiniiiabilcs lacli siint in sliidiis suis ^l's. xiii, 1).
2. yidens aulem Deus quod multa malilia hoininuin essct in terra
pœniluit cuin qnod hoinincm focissnt in (ona. El latins dolore cordis inlrinsccus : Deit^bo. itu(iiil, boniincm (Gon. vi, 5).
3. INt sapienliam sanali simt quicuinque placuoriml libi, Doininc, a principio (Sap. i\, 19).
entre eux une harmonie aussi variée que simple, chacun d'eux ayant son chant et son refrain privilégiés.
Dans ce concert, saint Alphonse a-t-il sa note, sa note à lui? En d'aulres termes, a-t-il présenté la fin de l'homme sous un jour particulier? Et s'il l'a fait, pourquoi l'a-t-il fait? C'est ce que nous voulons examiner.