‹ La Vieille DadaChapitre 11 sur 14 · LOUIS XVI · texte numérisé non relu

LOUIS XVI

Louis XVI était un bon roi, un roi libé-ral, et jamais roi ne l'a été davantage ni au-tant.

On en trouvera peu qui aient au même degré laissé démunir leur pouvoir et plus spontanément dépouillé la couronne.

On put mettre avec raison dms sa bouche les paroles de Celui à qui les J uiis préférèrent Hérode, César et Barabbas : Mon peuple, que fai-jefait?

Comme souverain absolu, il n'avait pas négligé les intérêts du peuple, il ne s'était pas montré insensible à ses misères, il n'a-vait pas trahi sa gloire. La France, sous lui, était une grande nation, et qui se préparait à de grandes choses. Les réformes inté-rieures, il les voulait et il en était le plus ac-tif ouvrier; la puissance extérieure, il y veil-la.t et du côté où il fallait, donnant ses soins à ce développement de la force navale qui

- « - 1 allait être le gage de la prépondérance politique dans le monde.

Il était personnellement plein de probité, de religion et de tendresse d'âme, un modèle de mœurs pures et d'humanité. Les vices de son gouvernementétaientson héritage et non sa faute; il ne demandait qu'à les corriger.

Ses torts enfin, qui pouvait alors les lui re-procher parmi ses ennemis? C'était de leur avoir trop cédé, d'avoir trop accepté leurs doctrines, trop refusé d'employer la force contre leurs envahissements et leurs sédi-tions,

Ils l'emprisonnèrent, ils le traduisirent en jugement devant eux, et avant de se déclarer ses juges, ils s'étaient déclarés hautement ses bourreaux. Ils ne le jugeaient que pour commettre un sacrilége de plus et parodier la justice.

Le Roi fut conduit publiquement au sup-plice, exécuté publiquement; et la France, bientôt après, donna un spectacle plus hi-deux. On assassina pareillement la Reine, en plein jour; et par qui, avec quelles re-cherches de cruauté infernale 1 Des bandits

— 3 -• immondes, en sabots, le bonnet sur la tête, qui buvaient et se saoulaient sur leur tribu-nal tache de sang et d'ordure, ne se conten-tèrent pasde la juger : ils l'insultèrent comme femme, comme mère, et ils envoyèrent au bourreau cette reine, fille des rois.

Certes, ce jour-là, les assassins .purent croire qu'ils avaient réussi, et que leur crime aurait raison et de la France, et de la con-science humaine et de Dieu même!

Les hommes de 93 n'ont pas fondé un gouvernement, et l'on peut douter, malgré leur jactance, qu'ils en aient eu même la prétention; mais ils ont fondé le désordre, l'anarchie et l'assassinat. Ils ont fait entrer dans le sang de la France cette peste et cette lèpre infâme.

Jusqu'à eux le régicide avait été un fait isolé, un crime véritablement exécré! On avait vu des fanatiques, des forcenés. Ils pa-raissaient rarement; ils n'avaient point de complices; ils ne se proposaient même pas de produire ce que l'on peut appeler aujour-d'hui une révolution. Mais, depuis la Con-vention et depuis ses apologistes, les choses

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ont bien changé. On n'a pas vu la justice et la réprobation atteindre assez les coupables, et les sophistes ont pu trop impunément entourer d'une abominable auréole les mains qui avaient manié le poignard. La société subira le poids de ces connivences et de ces lâchetés inouïes.

Il est temps d'ouvrir les yeux.

La révolution est faite. De tout ce que l'on apptlle, entre honnêtes gens, les conquêtes de 89, rien n'est menacé et n'a quoi que ce soit à redouter des hommes qui contestent encore certaines applications de ces doc-trines mal définies.

On le sait bien, et ceux qui affectent à ce sujet le plus d'épouvante en sont aussi per-suadés que nous.

Ce que l'on veut frapper, c'est l'autorité, c'est la propriété, c'est la famille, ce sont les conquêtes de 89 elles-mêmes.

89, voilà Tunique et redoutable ennemi de 93.

Dépôt, 75, rue du Bac, à Paris. — 10 fir. les mille exemplaires variée, et 12 fr. franco.

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