LIVRE TROISIÈME. loi
la ronce couvre les sentiers de Tamitië quand on n^j marche pas [a]. »
« La prophétesse m'a dicté ces chants^ répëtez-les, répétez-les!... »
a Les colliers et les bracelets d'or parent les guerriers^ les hautes ramures et les cornes de Furoch sont la gloire du chasseur ^ mais la douceur et la piété font seules le héros. »
(( La prophétesse m'a dicté ces chants ; répétez-les , répétez-les!... »
a La vie passe comme un songe \ elle fuit comme Vombre sur les coHmes du Benal [(]. Vas au-devant de la mort, jeune homme ^ son manteau favorable couvre toutes les douleurs ^ elle est celle cjui garde la porte de la délivrance « Feutrée de la patrie éter* nelle '"?. »
« La prophétesse m*a dicté ces chants *, répétez-les, répétez-les!... »
C'est ainsi que dans .des chants pieux le pa-
\a\ Voj. l'Edda.
[^] Chaînes de collines dans le pays des Àrdennés.
cHîque monarque se survivait à lui-même y et son hymne de gloire était encore une instruc-* tion salutaire pour son peuple.
L'harmonie avait ces^é y et le druide ^ après avoir plongé une branche de chêne dans l'eau lustrale, en arrosait le bûcher, lorsque det sourds gémîssemens se firent entendre ; la foule s'entr'ouvre et laisse voir une jeune fille éplorée : c'était Idoïne. Elle s'approche à pas lents, et sa piété surmontant sa douleur, elle vient rendre à son père les derniers devoirs. Vêtue de deuil, pieds nuds et la robe sans ceinture , elle porte dans ses mains le voile de lin et l'urne des morts. Les eubages guident sa marche chancelante; elle arrose de lait et de miel les cendres encore fumantes; elle recueille les ossemens calcinés, et les sèche dans le fia tissu qu'elle-même a filé **; et pressant sur son cœur ces saintes reliques, elle les porte vers le lieu où le druide a marqué la tombe royale.
Tout le peuple la suit en poussant de longs sanglots ; les bardes reprennent leurs chants.