‹ La vierge d'Arduène: traditions gauloisesChapitre 12 sur 38 · LIVRE TROISIÈME. io · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME. io

obéissance. La druidesse seule^ au milieu de cette foule éperdue , conservait un front calme et serein^ et par ses caresses semblait protéger la vierge contrée la sévérité du druide.

A ce moment Isam^ que l'aspect de la jeune beauté enflamme ^ s'approcha dldoïne ^ et > fixant sur eHe son regard audacieux : a Charmante fille ^ d4t^il, 'Séchez vos larmes; elles tre doiveM pas couler pour les morl^. Mes vœux étaient connus de vott*e illustre père ^ et biefitôt rheureux Isàm usera de tous ses droits, d '

fc Souverain pontife ^ interrompit Idtiine en s'adressant au druide^ vous connaisseis le choix de mon père : je dois croire qn'fl sera respeete. n

Ce peu de mots prevvonoés Itvec fiené «étonnèrent Isârn ; mais Hemdal , «d'ume voix terrible , dit : « Jeune liHe y vmis obéirez à la volonté des dieux ! J'ai convoqué Taâsembléé du peuple pour élire uu roi*-: dans trois jours vous apprendrez votre destinée, n II sortit en jetant s^nr Idoine un regard foudroyaM. Isarn le suivit.^

io6 LA YIERGl^ D'ARDUÈNE.

Après son départ^ la douleur de la jeune Gaulois éclate en longs sanglots. Elle voudrait douter de son malheur; mais la vérité se présente à sa pensée , éclatante et terrible. Les gémissemens dont retentit 1$ palais 9 le muet désespoir de ceux qui l'entourent > tout Tassure qu'en perdant le père le plus tendre elle est tombée au pouvoir d'un maître barbare.

TaDt que dure le jour, des soupirs douloureux s'échappent de son çein. La nuit n'interrompt point ses regrets : le doux sommeil fuit ses yeux chargés de pleurs. Elle refuse les soins empressés d^ ses esclaves qui gardent autour d'elle un morne silence.

Enfin y vers l'aube du matin , la sage Sulmina, qui n'a point voulu s'opposier au torrent de sa douleur, essaye de lui adresser quelques mots sur la soumission que Ton doit aux dieux : h Songez -vous bien, ma fille, dit -elle 9 voyant . qu'Idoïne commençait à l'écouter, songez -vous bien que votre père vous voit, vous entend, et qu'il gémit de la faiblesse que vous montrez en ce moment ?

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