‹ La vierge d'Arduène: traditions gauloisesChapitre 13 sur 38 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

A quoi sert -il donc quil ait instruit votre jeunesse et nourri votre ame des saints préceptes que lui transmirent les divins atlantes j ses ancêtres^ si au jour du malheur vous ne savez en faire, usage? Les dieux, en faveur d'une tendre fille y changeront-ils les lois éternelles ? et le temps n'était-il pas arrivé, oiiDiciomar devait goûter le fruit de ses pieux tra« vaux ? Idoïne , loin de t'abandonner aux pleurs, comme un faible enfant, remercie les immortels d'avoir rompu l(p liens terrestres qui captivaient ton noble père ! Ose percer les mystères de la mort; vois l'auguste monarque qui t'a donné le jour, s'asseoir plein de gloire avec les héros , sur les trônes éblouissans de l'empire des dieux! Sa robe d'azur est frangée de nuages de pourpre; dçs bandelettes d'or retiennent sa blanche chevelure ; sa lance est un météore lumineux , et l'étoile de l'immortalité ""^ étincelle sur son front* 11 prête l'oreille aux ravissans concerts du cygne et de la lyre céleste ; les plus pures vapeurs forment la nue qui le porte y et les rayons d'or du soleil

io8 LA VIERGE D'ARDUÈNE.

la revêtissent du plus vif éclat. Une nouvelle vie, enGn 9 commence pour lui ; une vie divine, éternelle^ prix éclatant de sa fidélité aux saintes lois de réquité sur la terre ! »

Aux accens de la prophétesse^ à ses reproches si Vrais, la vierge des Gaules tressaille; ses yeux se ren^lissent d un pieux enthousiasme; elle tombe à genoux, et levant vers le ciel ses mains suppliantes: <f Mon père, s'écrie-t-ejle , pardonne à ta fille désolée, si dans Texcès de sa douleur elle%sa murmurer contre Tordre sacré des dieux; sans doute il fallait une récompense à ta vertu , et ton Idoine est heureuse de penser qu aujourd'hui, entouré des héros immortels , tu goûtes leur félicité!... Jouis, ombre adorée, jouis aussi de voir ta fille digne de toi ! Mais du sein de ton divin séjour, veîUe sur elle , car de grands malheurs la menacent. » En achevant ces mots, sa voix s'affaiblit: une image chérie s'était présentée confusément à sa pensée. Là prudente Sulmina lut dans Tame de son élève.

u Bassure-^toi 9 lui, dit-elle en la pressant

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