‹ La vierge d'Arduène: traditions gauloisesChapitre 14 sur 38 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

avec tendresse ' contre son sein y j'ai consulté les sorts '% ils otit été farorables... j'ai gravé sur les branches fertiles du cornouiller les caractères qui composent le nom de Théodemir y mêlés à ceux des dieux de la patrie et de Famour : je les ai trois fois agités dans ma robe y et trois fois ces mêmes caractères se sont présentés dans un ordre prophétique. .. Si ces allures et mes pressentimens ne sont pas trompettrs y Tbéodemir a tourné ses pas

vers Arduènei. O Sulmina ! interrompit

Idoïne^ mon sort ne serait-il pas décidé, quand le jour aura deux fois remplacé la nuit? (c Pourquoi jouter de la puissance et de la bonté des dieux ^ ma chère fille ? reprit la druidesse y savez-vous tjue les divifis concerts de leur celeste séjour sont moins flatteurs à leurs oreilles , que les prières ardentes des enfansdes hommes ? Espérez en eux, ma fille, et venez les implorer. M

La vierge dorîle se lève , et , s'appuyant sur la fidèle Sulmina, elle se rend avec elle dans le lieu secret où reposent les autels des dieux*

Idoïne y instruite par la druidesse y offrit des fruits et des fleurs à Néhélennîa la bienfaisante [a] 9 à la céleste Onyana , déesse des chastes amours '% du lait et du miel an brillant Bélénus, savant dans l'art de guérir '^; et tous ces dons réunis à la vierge qui y dans les forêts de Bélesma, porte le nom d'Aphrodise *^. Se prosternant ensuite avec une sainte frayeur, devant l'autel redoutable du dieu des combats y elle adresse . ses prières à Hésus^ le terrible ''^. Elle n'orne point de fleurs sa statue: ce dieu n'aime que le sang y et la douce Idoine ne peut offrir que des larmes. Quand elle a satisfait à ces devoirs pieux, elle se trouve plus calme ; la tendre Sulmina s'en applaudit , et conduisant son élèv^ chérie aux rayons du soleil levant, toutes deux vont s'asseoir sous les hêtres qui , de leur mouvant feuillage, ombrageaient l'antique palais de Diciomar.

Peu d'instans s'étaient écoulés lorsqu'un envoyé d'Isarn se présente aux yeux des deux

[a] Voy. Isis , note 28 , liv. II.

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