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Gauloises. Il précédait six esclaves: les uns conduisaient un coursier magnifiquement enharnacbé, et deux forts taureaux ^ unis sous un joug éclatant ; d'autres étaient chargés de précieuses fourrures y d'énormes cornes d'uf ocb enrichies de cerclçsd'or; le plus apparent de tous portait une lance acérée y une épée gauloise ^ et
un bouclier resplendissant ^^.
Le messager dlsarn y s'adressant à Idoïne :
i< Noble fille y lui dit-il y le vaillant fils de Tordal t'envoie ces présens , g^g^s de son amour ; reçois-les avec joie car il n'est aucune fille des Gaules qui n'enviât la gloire d'avoir fi±é le cœur du fier Isam. » Il dit^ et la tremblante Idoïne le laissait sans réponse y lorsque Sulmina s'a vancant vers lui : «Guerrier, dit-elle avec fermeté y reporte ces présens au fils de Tordal, et dis-lui que ses vœux audacieux ne lui donnent aucuns droits sur la Vierge d'Arduène, et qu'il doit attendre que l'assemblée de la nation les ait confirmés par son suffrage. »
c< Vénérable druidesse, répondit l'envoyé, je vais reporter tes paroles à mon maitre ; ce-
lia LA VIERGE D'ARDUÈNE.
pendant je dois laisser ici ses présens. » 11 attache alors le noble coursier et les fiers taureaux au tronc noueux des hêtres ; puis rassemblant les armes brillantes et les riches fourrures y il les suspend aux branches touffues* ' Quand les pas du messager dlsam ne retentissent plus sur la terre, Idoïne dit à Sul* mina : (( J'^i compris par ton discours que , malgré ma réponse 9 l'aud.acieux Isarn ose m'envoyer le présent nuptial!..., O mon Théodemir y je te serai fidèle y et Tamour de ton rival ne touche pas plus mon cœur que ses menaces ne Teffrayent ! »
Elle dit j et jetant un regard de mépris sur les présens , elle rentre dans sa demeure , que la mort a rendue silencieuse.
Firr DU LIYRB TROISIEME.
(i) A ses regards. ] « Héla était la Mon , dans la religion d«s Scandinaves; cette déesse avait le gouvernement de neuf mondes , pour qu'elle y distribuât des logemens à ceux qui lui étaient envoyés ; c'està-dire , à tous ceux qui meurent de maladie oîi de vieillesse. Elle possède en enfer de vastes appartemens , défendus par des grilles \ sa salle est la donleur; sa table y la famine; son couteau^ la faim; soa valet , le retard ;* sa servante , la lenteur ; sa porte , le précipice ; son vestibule , la langueur; son lit, la maigreur et la maladie ; sa tente , la malédiction. La moitié de son corps est bleue , et l'autre moitié est revêtue de la peau et de la couleur humaine ; elle a un regard effrayant.» {Encjrclop» ; tom. Vni,p. 917.) Notre exolamation hélas ! signe de douleur, qui ne se trouve dans aucune langue ^ tirerait-elle de là son origine ?
(2) Enfans de Teutates. ] « Teutaths signifiait en celtique , et signifie encore aujourd'hui en breton , phre du peuple ; teut peuple , ates përe.
» Tentâtes était le Plu ton des Gaulois. » {St.'^Foix; tom.. II, pag. 59.)
(3) Race des /itl^TUes, ] « En commençant l'histoire
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des Atlantes , Diodore dit qu'ils habitaient une contrée heureuse , à ki proximité de la mer.
w Ils se distinguent par leur piété envers les dieux et par leurs sentimens hospitaliers. On prétend que c'est du peuple des Atlantes qu'est descendue la race des dieux. Ces dieux sontUranus, Atlas, Saturne. L'empire d'Uranus ,^ premier roi des Atlantes , s'étendait presque par toute la terre ^ mais surtout à l'occident et au nord.
» Les Atlantes sont les législateurs des nations. Les chefs de plusieurs peuples , les familles les plus illustres de la Grèce» se faisaient gloire d'en des* cendre. » (Extrait de l'ouvrage intitulé : République des Champs ''Éljrsées^ par M. de Grave; tom. P', pag. 68 à 75. )
u Pluton, comme fils de Saturne, est petit*fils d'Uranus et neveu d'Atlas. Voilà un^ première preuve de l'afËnité des Gaulois avec la nation des Atlantes. Les Gaulois attribuaient à leur descendance de Pluton ^ l'usage de compter par nuit. >» {Idem , pag. 42. )
(4) DëvastaUuPs*^ «< Au commencement du troisième siècle, il n'existait aucune ville entre l'Escaut et la Meuse; et même César, en parlant des Aduattques, dit qu'ils s'étaient retirés, non dans une ville « mais dans des forêts impénétrables. » {Antiquit, de Metz , pag. 8; Nicolas Bergier, Hisu de^ grands Chemins y tom. r, pag. 300. )
(5) A vous-mêmes, ] « Les habitans de la Gaule Belgique afiectaient iim souverain mépris pour le lujLQ et la mollesse nécessaires aux autres peuples ; le comrnçrce leur était inconnu , on ne voyait jamais de marchand parmi eux. Sera-t-on surpris qu'on ait ignoré ce qui
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le» coaceraAÎt avant que la fréqaeatation des Romains eût ciyUisé l^ara mœars? Ce «a'^st donc que depuis JuleS'^jésar quHl est permis de oommenceV , non-seulenteat l'htstotre de Metz, mais' encore celle de U plupart dés villes de Ja Gaule queroUeu^Cy ainsi nommée à cause des difficnltës qu'essujèrent tes Romains évaqt die plier au jongles divers peuples qui l'habitaient. *>~ (jirttiq* de Metz j p. 6.) >
(6) Mes braies. ] « Le roi et les princes , ou chefs , avaient auprès d'eux un grand nombre de braves qui les accompagnaient. Grégoire de Tours les appelle les
forts ; les anciens 'Romains , paladins ; et Tacite , cornues. En cela consistaient leur grandeur et leur force ; c'était leur ornement dans la paix et leur assurance danf la guerre. Les Gaulois avaient aussi leurs* sofdures^ ou dévoués ; leurs leuds ^ ou fidèles ; de plus , des amiacters y ou mercenaires ; et enfin des affranchis. » ( HisU de France a\^ant Clo\^is y Mézerai ;
tom. I*', p. 46- )
(7) De mçn peuple, ] '« Le. roi 9 ni les autres chefs, ne pouvaient rien exiger de leurs sujets, mais chac^ll leur fournissait volontairement quelque contribôtion , soit en grain , soit en bétail , q.ui leur était donnée par honneur et servait à leur entretien. I^es Français avaient coutume d'apporter des étrennes à leurs rois le premier jour de mai ; leurs cités et les particuliers leur envoyaient en présent des chevaux de prix, de grandes armes, des baudriers, des chaînes pour pendre au col, etc. » ( Mézerai; de V Origine des Français^ liv. i*% p. 47- )
(8) Sa dernière couche, ] « Les cérémonies que les
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(iaulaîft observaient dans leurs funérailles étaient pompeuses et magnifiques*; on faisait brûler le corps du .défunt et tout ce qu'il avait le plus chéri pendant sa vie : esclaves , chiens j animaux , meubles précieux , rien n'était épargné» On voyait aussi quelquefois des parens se jeter d'eux-mêmes dans le bûcher, parce qu'ils ne pouvaient se résoudre k vivre séparés dn mort , et qu'ils comptaient vivre désormais avec lui. Le convoi se faisait avec quantité de superstitions dont le détail nous est inconnu ; tout ce qu'on sait, se réduit à ce que le mort était porté couvert de grands draps qui' flottaient au gré du vent. En faisant brûler le corps, les Gaulois pratiquaient certaines choses qu'on ne trouve point avoir été en usage parmi les autres nations ; par exemple , ils jetaient dans levbûcher un compte exact des affaires du défunt , afin qu'il pût s'en servir dans l'autre monde. Ils lui écrivaient des lettres qu'ils brûlaient avec lui , croyant que dans ses heures de loisir il les lirait volontiers. Quand la coutume de brûler les morts eut passé, et que celle de les enterrer fut introduite, ils avaient sbin de mettre certain baume entre les mains du défunt, afin qu'il eût de quoi guérir les blessures qu'il emportait dans Tàutre monde. >» (Buchardy cité par dom Martin ; tom. Il, p. 214. )
(9) Son anneau. ] « Il était d'usage dans le nord d'élever ces monticules sur les tombeaux des princes et des guerriers. L'a Westphalie , la Suéde , le- Danemarck , la Saxe et la France sont pleines de ces monumens qui subsistent encore. J'ai vu les débris d'une décès tombes qu'on avait ouverte près de Saint-Quentin, et dans laquelle on avait trouvé quelques os , les squelettes d*un homme et d'un cheval , les restes d'une hache d'armes.
une courte et large épëè , un bouclier et un gros an^ ne^u d'or. » { Note de Régnier Lodbrog , par M. de Tressan. )
(10) Les couteaux sacrés, ] « On place«sur le bûcher les armes du mort, quelquefois son cheval ; et pour tout mausolée, les parens se contentent de lui ériger un amas de gazon. » (Dom Calmet ; tom. I , p. 38. )
« Un guerrier était ordinairement inhumé avec son habit de guerre, ses meilleures armes, la plus précieuse portion de ses bijoux et de ses richesses. On égorgeait dans sa fosse , ou Tony ensevelissaittout en vie son plus beau cheval , afin qu'en son nouveau séjour il pàt retrouver une monture. »» ( Mémoire sur les anciennes sépultures ; page 4 1 6. )
(il) Bardes, ] « Les Gaulois eurent aussi leurs Pindares et leurs Ty rtées ; le talent des bardes ( leu rs poètes ) s'exerçait principalement à composer des hymnes et des homélies , ou exhortations saintes ; à publier ^ en vers héroïques, les actions des grands hommes ; à entretenir, dans le cœur des Gaulois, l'amour de la gloire, celui de la liberté sans licence, et en même temps à leur inspirer des mœurs douces et hospitalières. » ( Orig. gauL ; Latour d^Auvergne ; p. 169. )
{\^ Et nos vastes sagums. ] « Le pastel est indigène dans nos climats. Connu long-temps en France sous les noms de glastum , guède , isatis , il a la propriété de donner, au moyen de la fermentation , une trèsbelle teinture bleue : aussi cultive-t-on en grand cette plante pour en extraire la couleur appelée de son nom pastel, \ ^
>* La garance est employée dans la teinture à faire
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les couleurs rouges. Quoique celte plante appartienne aux pays méridionaux, on la trouve encore dans Jes buissons de nos contrées.
M Pline a connu ces plantes , et il loue les Gaulois sur leur manière de les employer.
» Les Gaulois, dit-il , ont trouvé la façon de contrefaire, avec du jus d'herbes, et la pourpre tyrienne , et l'écarlate violet, et toutes autres couleurs qu'il est possible d'iniaginer, sans se mettre à l'hasard des monstres, pour pécher des poulpres et burets, ës-raers étrangères -, c/ir ils peuvent cueillir à Taise dans leurs , champs les teintures dont ils ont besoin. , » ( Flore de Merat , article Pastel ; Pline , liv. 22, chap. 2. )
« Lesagum était, dans l'origiue, une peau, ensuiteune pièce d'étoffe carrée et chamarrée de diverses couleurs, que l'on endossait à peu près comme un manteau ; il couvrait le» bras , les épaules et la poitrine ; on l'attachait devant avec une agraphe. Ce saye était dans les premiers temps le seul vêtement des Celtes et des Gaulois. »» ( Histoire des Celtes et des Gaulois , Hv. 2, chapitre 7; Histoire de Chartres ^ par Chevart, tom. !•", page 77. )
(r3) Sortez en joie, ] Dans le petit village de Foug, en, Lorraine, sur la route de Paris à Nancy, j*ai lu cette inscription gravée sur la pierre qui forme le haut d'une porte ; les caractères en paraissaient fort anciens. Il est d'usage dans cette contrée de placer ainsi sur la porte principale un verset de la Bible ou quelque allusion à ia paix et à l'hosfHtalité.'
(t4) Ses membres placés. } « L'hospitalité est une de ces vertus qui disparaissent à mesure que la civilisation fait des progrèfs : elle subsiste encore chez le»
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montagnards d'Ecosse ; mais elle s'affaiblit k tin tel point, que dans peu d'années on pourra douter qu'elle ait régné parmi eux, comme on doute de la plupart des vertus que l'on attribue à leurs ancêtres. Il n-y" a pas fort long-temps qu'on était encore dans l'usagB de regarder tous les soirs à la porte s'il paraissait nn étranger , avant de la fermer. Le maître du logis ayait manifestement plus de plaisir à le recevoir que lui à trouver un asile. » ( Note du chant d'Ossian , intitulé *r Incendie, )
II est encore d'un usage général et presque instinctif parmi nous , de mettre un morceau de bois dans le feu à l'arrivée d'un étranger dans la maison ; cela se fait aussi machinalement que d'offrir une chaise* Seràit<e un vestige de l'antique hospitalité si bien e%evcée par nos ancêtres ?...
(i5) Sifioûne. ] « Les Gaulois , ainsi que les peuple» du nord , appelaient Vénus Siofi\e et V ktaonr Sifionne.^ ( Note de VArcadie, )
(i6) Vingolf. ] « Tous les hommes justes doivent habiter, après la mort, un lieu nommé f^ahalia^ et ensuite un lieu nommé Gimle ou Vingolfj palais ^de la divine Amitié. » ( EncjrcL , art. Islande. )
(17) La pairie éternelle, ] « Les Gaulois croya^ient diî toute antiquité à l'immortalité de l'ame , et ce dognue
^ qui les poussait tous les jours à braver les horreurs de la mort, les distinguait seuls de tout le monde païçn. n ( tiom Bernard de Montfaucon, )
(18) Qu! elle-même a filé, ] « On trouve , dans Bernard de Montfaucon^ une figure extraite d^un tômbeaa gaulois trouvé à Langres ; elle représente une jesne fille
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coëffëe à la manière des villageoises. Elle n^a ponr tout vêtement qu'une tunique , laquelle ne lui descend qu'à mi-jambe ; le bord d'en bas est tout découpé en demi-losanges, en guise de franges. Cette jeune fille porte un tablier sous lequel elle tient sa main droite , et de l'autre porte un vase que Dom Bernard de Montfaucon appelle un seau.
» Mais ce seau est une véritable urne ; premièrement, la jeune fille est nu-^pieds, cérémonie observée par ceuK qui se cbargeaieut de recueillir les cendres et les ossemens échappés au bûcher ; elle est sans ceii»ture , autre rite de précepte , tant pour les hommes que pour les femmes qui rendaient le devoir aux morts. . .
» Le tablier que porte cette figure et la main qu'elle tient sous ce tablier, expriment encore deux autres cérémonies:
M La première était de sécher daus un linge fin les os qu'on tirait du bûcher , et sur lesquels on avait eu soin de répandre auparavant du vin exquis , du lait et autres liqueurs semblables ; la seconde consistait à porter sur son sein l'urne dans laquelle étaient renfer^ mées ces cendres, lesquelles avaient été recueillies en signe de douleur et d'attachement. >» ( Dom Martin ; tom. II , pag. 293. ) ^
(19) IJn peu de sable."] Aux funérailles selon le culte catholique , lorsque le cercueil est descendu dans la tombe , le prêtre prend de la terre et en jette le pré** mier dans la fosse ; les plus proches parens l'imitent ; alors seulement les fossoyeurs la comblent.
Cette pratique était usitée par les druides aux ob-
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sèques des Gaulois /et s'est visiblement perpétuée dans les cérémonies du christianisme.
(ao) Le meilleur des pères, ] « On a découvert un grand nombre de tombeaux gaulois dans presque toutes les provinces de France , qui consistaient en des éminences ou tertres , en petites collines de terre ou de sable. Dans ces différens tombeaux on trouve toujours les cendres et les ossemens brûlés, tant de la personne à qui Ton dressait le bûcher , que des animaux , bijoux , meubles , etc. , qu'elle avait chéris et qu'on avait jetés dans le bûcher. Souvent ces cendres, ces ossemens sont dans des urnes , et quelquefois épars » dans les tombeaux. » ( Dont Martin; tom . II, p. 2 1 7 . )
N Les habitans de la vallée de Fours , qu'on suppose être lés descendans d'un peuple connu dans l'antiquité sous le nom de Veantinis , conservent encore des usages .qui dénotent l'ancienneté de leur origine. Le jour des funérailles! , l'on porte la paille du lit mortuaire dans un champ voisin de la demeure du mort ; cette paille reste entassée en cet endroit jusqu'à son entière destruction. » (Voyez l'intéressant ouvrage^de M. Henry , intitulé Recherches historiques sur le département des Basses-' Alpes, ) En Lorraine et à Paris , on brûle cette paille , et les enfans se plaisent le soir à former des danses autour de ces bûchers éphémères, à en franchir les flammes en poussant de longs cris. Est-ce une tradition de nos anciennes fêtes funèbres ? Gomment s'estelle concentrée parmi le peuple-enfant? Comment s'y perpétue-t-elle? Les jeux du premier âge m'ont souvent fait réfléchir ; les enfans ont entre eux une sorte de code qui règle l'exercice et le temps propre à chacun ; ^touslesans, les jouets changent de mains ; mais ils n'en