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Hilaire , dont les reliques eurent la vertu de détruire 1 1 prestige. » ( Dom 3f£frtin^ tome II, page 57. )
(3) J^aste étendue des deux, ] « Ils faisaient profession de savoir et connaître la forme et lagrandeurde la terre^mâmede tout Tuai vers; la cours des astres , le mouvement du ciel et la volonté des dieux. Pour n'être pas distraits dans ces méditations sérieuses , ils faisaient leur séjour dans des antres et des bois profonds, m ( Pomponius Mêla ; K 3 ; Dioghne Laérce ; livre i . )
. f( I^es druides ^'allaient jamais à la guerre ; ils en ét^i^nt ^^Q^P^ ^M^^ ^^^^ <1^® d^ payer aucun tribMt; iqes privilèges If^vr attiraient we ipfinité de disciples qui leur veni^ient de toutes parts. Les uns étaient envoyés, par le^rs parens, les autres s'y rendaient d'euxmêmes. Les druides m^i^^ient une vie séparée. Ils tenaient leurs écoles et faisaient leur demeure dans des forets de chênes et quelquefois dans des antrçs. Leurs Jeçons consistaient principalement ^ faire apprendre par cœur à leurs disciples , une grande quantité 4e vers saps )es éci^ire. Gela demandait beaucQ^pde temps, et il n'étais pas permis de rien piettre p^r écrit ^ aussi , y avait-il quelques-uns de feurs élèves qui passaient vingt ans occupés uniquement à ce genre d^é* tude. Ils défendaient dé rien écrire >, pour deux raisons : la première , pour que leur doctrjne ne fût connue d« personne, et qu'elle en parut plus mystérieuse ; la seconde , afin que ceu^i qui étaient obligés d'apprepdre ces vers, n'ayant poiut le secours des livres, fussept plus soigneux de cultiver leur mémoire^ » {Pomjponius Mêla jj Lucaixi \ Corn, de César. )
■ (4) Cçf vicM^ Saronides. ] « Jie$ druides avaient
plusieurs noms , autres que celui sous lequel -nous les
connaissons. Diogène Laërce et Suidas nous apprennent 1
qu'ils ont été appelés semnotkées , pour marquer sans \
doutç la profession qu'ils faisaient d'honorer Dieu, |
d'être consacrés à son service et d'en avoir une plus ,
grande connaissance que le gros du peuple. '
» On les a fait aussi connaître sous le nom de saro-nides. Ce mot , selon la force de son origine , exprime le choix qu'ils avaient fait de passer leur vie parmi les chênes les plus vieux et les plus cassés, et dont l'écorce s'entrouvrait et éclatait.
» Le nom de druide , dont la racine est drîs , en grec ( chêne ), et dry ou drj-s en has-hreton (chêne), efxprime la vénération de ces prêtres pour le chêne. » (D. Martin,)
(5) Dans les Gaules, ] « Selon Timagëne , Isidore et Pline, les Gaulois ne furent point, comme quelques peuples du Nord , plongés dans une obscure barbarie ; ils eurent, dans les temps les plus reculés , une sorte de civilisation qui fit de leur contrée une terre classique oii vinrent étudier les philosophes de l'antiquité. » ( Marchangi\ tome I*' , page 5i. )
fc Pytbagore avait fait un voyage dans les Gaules pour apprendre, de la bouche même des druides, les prin« cipaux mystères de leur philosophie. » {Relig. des >
GauL; tom. P',,pag. 829.}
(6) A r ombre des bois.'] «S'il en fallait croire les druides du temps de Pline , l'herbe qu^on appelle ^eiage , était bonne contre toutes sortes de maux, et sa fumée guérissait le mal des yeux ; mais il la fallait cueillir sans couteau , et de la main droite couverte d'une partie de la robe , en la faisant passer du côté
K.uGbe , comme <tui voudrait voler ; celai«jui lacaetlr lait , devait être vêtu de tUnc , et nu-pied. , apri. les avoir biea lavés ensuite d'un sacrifice de paîa et d« ▼«, qu'il devait avoir offert » (Pline j Hùt. tuu. , Mv. M . ctap. I * , cité par Dom Martin. )
M Ses feuilles et ses fleurs. ] « Les Gaulois se servaient de la verveine, pour tirer leurs sorU et former leurs réponses. Les druides surtout étaient fous de cette herbe ; îls prétendaient qu'en s'en frottant , on avait tout ce qu'on voulait , qu'elle chassait les fièvres conciliait les cœurs , et guérissait toutes sortes de maladies ; ttiais qu'il la fallait cueillir au point que la canicule se i«vait avant que le soleil et la lune l'eussent éclairée de leurs rayons , et après awir offert à »• »«'« ^le, fèves et du miel , en sacrifice d'eiy)iations ; qu .1 fallait creuser la terre autour, avec un couteau qu'on tenait de la main gauche , et la faire jeter en l'air ; qu'elle devait sécher à l'ombre, tige, feuilles, racines, tout séparément. On tenait encore que , si on aspergeait la salle ou l'on mangeait , avec un rameau de cette plante, ceux qui étaient placés aux endroite oU l'eau de la verveine touchait , se sentaient bien plus gais que les autres. » ( Pline ; Bisl. nat. , Hv. 24 , chap- la. )
(8) Bienfaisante mmolée. ] « H J a une plarte appelée samolum ou pulsatille, qui naît dans les l«ux. humides , et que les druides faisaient cueillir à jeun de la main gauche. Celui qu'ils chargeaient de la cueillir, ne devait point la regarder, mais la mettre dans des canaux que l'on pratiquait pour y foire boire les bœu6 et les porcs ; et cette eau les guérissait de leurs «wUdies. .. (P/j/w; liv.-25, v. 5, chap. 9. )
(9) Belmuncia vénéneuse, ] « Les druides avaxetit donné à la jttsqumme le nom de beîinuncia , du nom de l'Apollon celtique, Belenas ; et les Romains, les imitant , nommèrent celte |»1ànte apolinaris,
» J'ai déjà fait entendre qu'on ne savait guère quel usage faisaient les druides de la beîinuncia^ ou jus" quiâme ; j e crois pourtant qu'ils la'faisaient servir & leurs prestiges et à leurs prédictions. Voici ce qui se prati-* quait encore dans le onzième siècle. Pendant les grandes sécheresses , les femmes qui voulaient avoir de la pluie, assemblaient plusieurs filles , parmi lesquelles il devait y en avoir une fort jeune, qui fût vierge, qu'elles créaient chef de la bande : celle-ci se mettait à nu , et allait ainsi suivie de toutes les autres , cherchant dans la campagne , la jusquiame^xi* on appelait alors heliza. Quand cette herbe était troutée , celte fiîlé devait l'arracher jusqu'à là racine , avec le petit doigt de la main droite , et l'attacher au bout d'une ligature , qui tenait par l'antre au petit doigt du pied droif. Alors ses compagnes , prenant chacune un rameau , conduisaient cette fille (qui traînait derrière elle la jusquiàme), à la rivière la plus prochaine ; elles l'y faisaient entrer , ensuite elles treûifaient leurs rameaux dans l'eau, et en aspergeaient cette élréâture ; la cérémonie se termiiiait à s'en^retourner toutes ensemble , au lieu d'oii elles étaîéftt parties , m&îs en faisant toujours marcher à reculons celle qui avait joué le premier rôle. » (Burchard, Décrétai^ liv. 19, chap. 5.) ^
(ib) An, séjour des kétds.'] « Le dogriie favori des drûiâ^è était l'immottalité dé l'ame : entr'autre fruit qu'îU boulaient tirer de cbtte créance , il y en avait Un qui était comtne l'objet principal de toutes leurs ins-
la*
i8o NOTES
tructions : c'était d'iaspîrer et nourrir la valeur dans l'amé de tous les Gaulois ; de ce prir.cipe en dérivait naturellement un autre , c'est qu'il existait une autre vie après celle-ci. >» ( César, liv. 6 ; Lucain^ liv. i ; Pomp, Mêla y liv. 3.)
(il) Entre des murailles,'] « Les sanctuaires o\x les Gaulois adoraient la divinité , étaient placés sur les lieux les plus élevés , en plein air , sous le ciel ; ils n'avaient aucuns temples ; ils auraient craint d'attenter à la majesté des dieux , dont ce vaste univers était la demeure , en les circonscrivant dans l'enceinte des murailles. » (Latour-d' Au vergue, Orig. gauloises y p. 23.)
(12) Un cirque de pierres. ] « Nous entendons , dit Ossian , les fils de Loda appeler trois fois les esprits qu'ils adorent avec terreur ; nous entendons leurs cris se propager autour de leur enceinte de pierres.
M Les fils de Loda étaient 9ans doute une colonie gauloise conduite par les restes de l'ordre 4es druides, lorsque ceux-<;i , poursuivis cruellement par les empereurs , se retirèrent dans l'île d'Iona, comme son ancien nom l'indique : Jnnis Druinach , isle des druides. Ils en demeurèrent les maitres. Saint Golomban la choisit pour y placer son monastère , vers la fin du sixième siècle. On y montre encore le lieu de la sépulture des* Gaulois situé à peu de distance du cimetière des moines. »> ( Note des Poésies Erses , traduction de Hill. )
(i3) j4ussi anciens que le monde f^"] « Tous Içs lieux oii le simulacre de la Divinité était placé , étaient réputés sacrés ; on ne s'en approchait qu'avec un respect religieux ; c'eût été les profaner que de les faire servir
DU LIVRE CINQUIÈME. iSt
k d'autres usages. Le chêne sous remblème d>iquel le dieu était adore, restait sur pied jnsqu'àr ce que le temps l'eût desséché et détruit. Il n'était pas permis de déranger la pierredressée pour étire l'objet sensible de l'adoration du culte. Il était défendu de labourer le champ oii les cérémonies religieuses avaient coutuine de se faire , et , pour empêcher qu'il ne fût souillé par quelque profane , on le couvrait de pierres d'une grosseur énorme : Toilà l'origine de ces amas de pierres dont on trouve les restes dans 'beaucoup d'endroits de' la France, de l'Angleterre et dé' rAllemagnè.
» iXexiste encore plusieurs monumens celtiques dans les environs de Chartres ; on y vqk surtout de ces anciens Mallus couverts de lad ères (espèce de pierre plus dure que le grës , et dont la ville de Chartres est pavée) d'une telle grosseur que l'on conçoit à peine comment nos ancêtres ont pu parvenir à les rassembler ainsi dans un même lieu. » ( Histoire de Ckûrtrles, par M. Chevard ; tom. I*', pag. 92 et 98. ) .
(i4) Le prix de V impiété ^'^ « Les Gaulois rassemblaient et entassaient dans leurs Mallus tout le butin qu'ils faisaient sur l'ennemi , et le laissaient à la garde de leurs prêtres ; personne, au mépris de la religion , n*eût osé e^i prendre ou en retenir quelque chose ; quiconque eût été convaincu d'un tel larcin, eût été sévè-r rement puni ; des tortures et des supplices avaient lieu, pour expier de pareils attentats. » ( César, liv. 6; Histoire de Chartres y par Si. Chévard , tpm. P", p. 9a.) ,.^ ,
(i5) Des génies ou des dieux, "^ » Les nombreuses <é% épaisses forêtsqui couvraient les montagnes des Basses- Alpes y durent, voir souvent, sous leurs silencieux om-
i82 NOTES
brages , les mystérieuses pratiques du druidisme ; et ces pierres énormes par lesquelles la DiYÎnité était symboliquement, représentée, durent s'y trouver en grand nombre , ^oit qu'elles fussent naturellement dét^cliées du rocher, soit qu'elles eussent été placées de cçtle manière par la main des hommes qui dressaient, avec de si inconcevables fatigues, ces énormes blocs ( connus sous, le nom de peuhan , dôlmin , cromleaek , i^enhir) que l'on retrouve encore sur quelques points de la France , et qui purent échapper à la fiinatique proscriptioin dont les (r^ppërent les Romains ; ne peuVon pas croire , dis-je ^ que ces peuples portaient uf. respect égal aux mpnumens de même nature que la Divinité semblait s'être T^riff es elle-mépae. » ( Recherches historiques et arch^ologiq\tes sur le déffortewent dçi. Basses^ Alpes , par M. Henry >, pages 26. cl 27. )
K Ou. remfirque k quelque distance . de Carnac , entre Locmariaker (et Kei;antré , un autel antique dont La table est soutenue par troj% «noyâmes quartiers de rochers. C'est sur de tels autels , oii l'art tie dispute rien à la nature, que les Gaulois , au rapport de Diodore de Sicile, juraient leurs traités , etque les druides sacrifiaient à la divinité, choisissant le plus souvent des hommes pour victimes. L'énorme pierre qui couvre ce monument dç l'antiquité , se nomme en langue bretonne dolmin. Il en çxiste un grand nombre de la même forme , et connues sous la même dénomination , dans l'île de Man , dans le pays de Galles en Ang^leterre et dans l'île d'Anglesey. » ( (Jrigines gauloises ; Latour d'Auvergne ; page 24. )
Dans le boia des dames ,- entre Chaumont et Gîsors, département de l'Oise^ un dâ mes parens a découvert
DU LIVRE (âNQUîÈME. ' i83
dcfiMreBicot un véritable dolmm ou autel druidique. })in'«i»a v^pfMMTté un des&i» très^exact: c'est celui qui deoore 1« frontispice àe cet ouvrage. On trouve de ces moifriKineBS^ à^n» la Bourgogne , la Franche-Cointë , la Lorpaiiie' , les Ârdeanes, la Bretagne , le Diauphiné et ht ,:^ravence. Il est à remarquer qu'use idée superstitieuse y est encore attachée , car le peuple , selon les proviiices, appelle ces pierres , t€ihlè d^ g^ant , banc du diable y maùon des fées , roches desféey.
Ce dalmin se compose de trois pierres de ci^iq à six pieds de haut sur cinq ée Margeur ou profondeur. Elles suppoFteol un^ table ou banc de roc àe treize à quatorie pieds de long sur six à sept de farge , et trois à quatre- pied^ d'épaisseur; La pierre du fond est percée d'iDii trou rond qui paraît avoir été poli ; ce trou a u^r diamètre de vingt pouces. Çn vieillard àvt pays-, à qni l'on demandait à quel usag<e avait pu servir ce monumient, répondit «c que du ieptps des fées ^ on faisait la des sacriiices et qu'on y donnait des absolutions ; que celuj qui voul<ait être absous , courait autour de l'autel et passait par le trou de la pierre. »
Un au tre habitant dit aussi que, danseem^é^e temps^ on passai^ par cette ouv^rtii^r^ la têtedeta victime husf^iiney don.t le sang était recueilli au dehors, tandis qui^ 1^ cadavre restait sous la table. Trouvent- on queb|u^ tr^^ce de cette tradition dans nos aiM^iens- ai|teur^ ? J^ l'ignora ; mais j'ai criji devoir c^asigner ici <;<^ parti^lari'tésy parce que dan» c^ ntoment on s/oq^ cupe d^ recherches sur «ji^s antiquités.
(ifi) Le» prémices de ses ekamps, } «« Bîodore de Si-* eîie, en parlant des sacrifiées huaiai»a, dit exprèsaémcat que c'était des Boalfaiteurs ou des. prâsomàjers
i84 - NOTES
de guerre qu'immolaient le» druides. Oa ne voit po trop ce que , sous ce rapport , les Romains peuvent reprocher aux Gaulois. Ceux-*ci, tout voisins* de la barbarie , sacrifiaient à leurs dieux des hommes q^e le sort àfi la guerre avait fait malheureusement tomber en leur puissance ; et les Romains, à Tépoqie de la plus âorissantc civilisation , ne sacrifiaient pas l^urs prisonniers aux dieux par l'entremise de leurs prêtres ; mais y plus barbares , ils les forçaient à s'entr'ëgorger eux* mêmes, et faisaient, de la mort de ces infortunés, l'objet de leurs plus féroces , comme de leurs plus chères récréations : hommes, femmes, en fans, patriciens, plébéiens , prêtres ou magistrats , tous accouraient à l'amphithéâtre pour jouir de l'affreuse agonie des Gaulois , des Grecs, ou des Égyptiens, qu'ils contraignaient k se déchirer entre eux , ou qui devaient périr sous la dent
des ours, des tigres , et des lions
w Qu'on juge maintenant si les Romains étaient en droit de proscrire les druides sous le prétexte de l'immolation des victimes humaines ! » ( Recherches histo^ riques et archéologiques sur le département des Basses^ Alpes j par M. Henry. )
u A une distance égale du hameau Ae' Changé et de la ferme la Folie ^ près de Chartres , est un autel druidique presque circulaire, de quinze pieds de diamètre, formé de deux grosses pierres , seulement appuyées en dehors par d'autres pierres moins grosses qui leur servent coqinie de chantier^ ce qui présente deux plans injclinés en regard , formant une espèce de berceau au milieu ; aussi les habitans des environs nomment-ils cet ancien monument , le Berceau : ils disent qu'il servait d'autel aux druides ; en effet , sa disposition est
DU LIVRE CINQUIÈME. i85
telle , que les vîctiines pouvaient commodément y être placées et' facilement égorgées; le sang de ces victimes devait naturellement s'échapper par le berceau ou couloir qui se trouve au milieu; y» ( Histoire de Chartres^ par M. Chevard ; tom. P', pag. g6. )
(17) «< J^acies' ovL vates"], formaient la quatrième classe des druides ; ils passaient après les bardes et les cubages. Les bai-des chaataient les belles actions des héros, les eubages prédisaient l'avenir par l'inspection des victimes, les vates s'occupaient des détails des sacrifices. » {Slrabariy Diodore de Sicile , Lucairiy Am-" mien Marcellin , etc. )
(i8) « Niorder! ô Riflindi ! ô Swidrer î ô Héla! ô Héla ! nous vous apportons de la chair ; recevez le sang de cette victime , de cet enfant delà mort. Niorder.! ô Riflinder ! ô Swidrer! ô Héla ! ô Héla ! » (B. de St. -Pierre, Arcadie^ pag. laS.)
(ig) O Niorder! ] « Niorder est le maître des vents ; il brise les vaisseaux sur les côtei , afin d'en donner le pillage aux habitans : ils croient que tout navire qui périt sur leurs rivages , leur est envoyé par Niorder* » ( Arcadie , pag. 1 14« )
«< Niord. C'était, dans la mythologie des anciens peaples du nord , le dieu qni présidait aux mers et aux lacs ; il était le mattre des vents, et apaisait lès eaux et le feu ; il demeurait , suivant les Celtes , dans un. lieu appelé Noatum y on l'invoquait pour la chassé , la pèche f et pour obtenir des trésors. Comme Niordfré-' sidait au plus perfide des élémens , les Celtes ne croyaient point qu'il fût de la vraie race de leurs grands dieux ,' qui descendaient d'Odin. Les Gaulois connaissaient cette
i86 NOTES
même divinité, soos le nom è'e Neùh^ et M. Malle^nous apprend que dans le lac de Genëye , il se troure nu rocher qui lui était consacré, et qui porte encore le nom de Neiton, Voy . TEéda des Islandais. » ( Encjrc. , tom. XI j pag. i46.)
(ao) 7*^é>r.] « Thor ouThentates, !é dieu de la guerre, ^rmé d\ine massue qu'il lance du 'haut des airs ; ils lui donnent des gantîs èe îér et un baudrier de fer qui redouble sa fureur quand il en est ceint. » ( Areadie y pag. Il 5.)
•c La dieu Thor était , dans Ta mjkhologîe élysienne^ l'emblème de la vengeance célesle. » (Af. de Grave,)
<t Thor, divinité adorée par les anciens peuples du Qord : Qn le représentait à la gauche d'Odiu. son. père ; il avaity une co^ironne sur la tête , un sceptre dai^s une inain^ et une mas$ue dans l'autre. Qiiekmefois on W peignait sur un char traiué par deux boucs saunages, avec un frein d'argent ; sa léte est couronnée d'étoiles. Lucain lui donne te nom de Taranîs , n)Ot qui signifie encore' aujourd'hui tonnerre chez les habitans de la principauté de GaWes en Angleterre. » {Encjrcloptdiey tom. XVf , pag. 296. )
{^.\), Père du cmrnag^e, J « Le w>m. d^ Svidr^c «ignifie l'incf^ndiaire, lepëred^'ca^nage, Lçsdrui/âeshonoreut tont^a <iea divinités ave<; d/es; cérémonies fuiièbfe&, de» çhLant3i|ameatahleset,des9açrifice$ kujiMaa^* »(9»deSt^ Pierre j Areadie» )
(aa) Mj\'>térieux JTidaros^ ] « Le taciturne P^idaros qiû pw%ei des soutiers fort épaia , avec, lesquels il peut marcher d^AS^ l'air et sur l'eau, sana'faive de bruit. «• ( Areadie. )
DU LIVRE CBIQUIÈME. 187
(28) Aveugle Hoéder, ] « Hoéder est le dieu des enfers ; c'est le Pluton gaulois ; il est aveugle : c'est pourquoi les Gaulois comptent par nuit et non par jour, et qu'ils comptent les heures du jour, du milieu de la nuit, contre la coutume de tous les peuples. » {Arcadie.)
« Le Pluton gaulois était aussi le dieu des. sacrifices. » ( Rép, dfis Champs'Éljrsées,; M. de Grave. )
(3^4)5^ W.^Xn sexa^énaine- ] « L'arma la plusdaij^ereuse cHe^ les Celtes, p'était ni l'ajc vx l'^pée, mais le çonte^M* IW en arfl^aient les nains , qui avec cette s^rm^ triomphaient dç l'épée des géants,, >» ( Ilotes dis XAr^ cadi'e ; id,. ) •
(2a) Roche etscaff^e. ] <« On trou^ve daas I^ coB^rée de Caimac., pi^ès df Aurai ei» Breti^gne, un^ foule d^ mo.BUmensquianuoAcent le goât du gigant^sq^eet le^ plus grandes difficultés vaincues : on distingue pltt^ieurs raçgs d'énoFi9«jB ^rres q,ui s'étende^it k u^ie graiMle 4istajic^.« ^M lignes »ymétri<|ues et écartées le$ unes deft> autres9d'envitrQ«,tro^s toises; leur élévation commuiftO; esjl de 4o^«ie ^qiiMUe,pied« f quelquefois plus ; leur hase est aiMVue^e en t^re à uue grande ]Kofott4€ur; leui^ grosMUf. est prcKiigieu«e< La itMLm de» l'h-^tuiufl e,s^ ai' faiUe, et ces itiouiumeu^ si étoanAus , ^ue le pvcmi^r* sentiment que l'on éprouve en les fii^aui, e^t d'y^ (^w^g i9.teryf uii: u^* peu da i9^ie , et d'augmenter? , paflà , la lisjUç diB^ chQSfiJi 5ui:oatureUes dl'uua dé«)uyerte^
dq pl^^^ . .
» Au centre *du\ deraiei^ rang des pieires. q.ue l'on vient de décrire , on distingue une chaire gressiè-
i88 NOTES
rement taillée dans le vif d'un de ces énormes blocs' ;^ celle chaire servait-elle de siège au chef ou pontife de» druides , à celui qui , suivant César , présidait leurs assemblées? Ce que l'on conçoit , c'est qu'entourés de ces mopun^ens qui paraissaient tenir du prodige et qui parlaient aussi fortement à l'imagination qu'aux yCux , les druides devaient donner à leurs assemblées et à leurs pratiques religieuses un caractère vraiment imposant. » ( Latour d'Auvergne; Origines gauloises ; p. 23. )
(?.6) Hésus le terrible,^ « Hésus est le nom de Mars; les Gaulois le représentaient sons une figure si hideuse, que les Romains en furent saisis d'effroi , la première fois qu'ils approchèrent du sanctuaire de ce dieu. » (Lettres éérites sous le règne <VAâ^uste\ pag. i3i. )
(27) La pierre du pou\^oir. ] « Le roi de cette contrée sortit de la forêt où il adressait alors ses vœnx à la pierre du pouvoir, au milieu du cercle de Brunir. »• (Ossian ; Poème de Fingal; tom. I•^ ) * '
' « Par la pierre du pouvoir, Ossia» entend l'image de quelcfues divinités, et par le cercle, l'enceinte où on l'adoravt. » (Note de M. Letourneur. )
<t Snivan, vieillard aux cheveux blancs, qui chanta jS^Xï'sd'nne fois autour du cercle de Loda. Ati son de sa voix,' lu pt'rrre sacrée du jwuvoir était jémue,' et la fortune des' combats changeait dans ' la ' plaine des braves. » ( Ft'n^al ; chant troisième; )
(iS) Esolave de Sa parole, ] « Quel est le peuple qui a le plus de franchise, de droiture et de crédulité?
» Le Gaulois , répondis-je ; car sa parole vaut un serment. « (Lettres écrites sous le rhgtie t^ Auguste ^ pag. 74) •
DU LIVRE CINQUIÈME. tS^
« Les historiens nous représentent le Gaulois impétueux, violent, toujours prêta revendiquer ses droits à main armée ; mais d'ailleurs , généreux , bienfaisant et d'une probité à laquelle il sacrifiait le bien même qu'il regardait comme le plus cher , la liberté. Quand il ne pouvait pas payer ses dettes , il allait à son créancier, lui présentait des ciseaux et devenait son serf, en se coupant ou se laissant couper les cheveux. » (St.-Foix; Essai sur Paris ; tome II, page 86. )
« C'est de cet usage que vient la manière, de parler proverbiale : être esclave de sa parole , ce qui dément victorieusement ce que dit César, de l'inconstance et de la mauvaise foi des Gaulois. Piqué de leurs révoltes continuelles, le conquérant voulut présenter le plus noble côté de leur caractère ( l'amour de l'indépendance), comme un mal qui leur était particulier. Cette flétrissure, imprimée sur ce peuple , n'a pour garant que l'assertion d'un de ses plus cruels ennemis , qui pour le détruire n'eut d'autre moyen que de le diviser et de lui chercher des fléaux parmi les Gaulois euxmémesl » ( Origines gauloises ; Latour d'Auvergne , page 52. ) ^ .
19» LÀ yiER(^ D'ARDUÈNË.
ht Voyagt ; — Les Chasseurs; — Les Présens.
Lie même jour qui avait, vu les fauéraiiles de Diciottiar et la douleur de tout un piniplè, avait éclairé de sa douce lumière les premiers pas de Théodemir et de ses jeunes compagnons d'armes^ vers la terre de la patrie ; résistant aux instances du roi des Sycambrçs qui voulait l'attacher à sa nation , le héros avait quitté ses palais hospitaliers et leurs pompes sauvages. Trois fois l'hiver avait blanchi de ses frimas les tours d'Arduène y depuis qu'à la tête de ses braves il avait traversé les ond^s deja Mosa et visité les terres dévastées des Nerviens ; de ces peuples si fierSflUiuiy dans un seul jour, virent périr leur jeunesse et leurs
LiVa£ SIXIÈME. 191
sénatetHTS. D^une action florissante^ a peine resta-t-il cinq cents hommes S Les veuves et les orphelins pleiiraîent encare sur la tombe de leurs pères et de leinrs époux au passage deft guerriers d'Arduène.
Les mêmes scènes de desôladon affligèrent leurs regards^ lojrs^u^îls tra versèreot les cham ps des Aduati<j[ues« Là^ nul toit bospilalier «l'ac»* cueillit les jeunes guerriers; xi«I être humaisi ne parut à leurs regards; le chevreuil effrayé du bruit des armes s'élançait des forteresses «a ruines. Ces belles contr.ées étaient désertes de*puis le )dur où le gtu^I César vendit , à Tea*can, toute la nation ""^ dont le« tristes débrif se réfugièrent chez les Sjcambres^ destinés plus tard à venger leur défaite ^
Plus aages que leurs voisins^ les counigeuic Ménapiens avaient surmonté leur malhear et r^ré les maux de la guerre. L'industrie et le travail leur procuraient alors des victoires plus douces et des triomphes moins enviés^
Théodemir et ses compagnons admirèrent avec quel art. les penses de Morinie trament
ig2 LA VIEKGÊ D'ARDOÈNE.
les fils enlevés aux tiges da chanvre et du lin , dont ils forment des tissus éclatans de blaacheur ; qui^ tantôt souples et transparens comme les nuées I parent le front des vierges; tantôt ^ forts et indestructibles^ font voguer les vaisseaux sur les ondes ^.
La troupe guerrière revoit de nouveau les /rives de la Mosa, et franchit ses eaux profondes réunies aux flots du Wahal ; elle salue la terre de la liberté^ la patrie de Tindustrieux Batave^ qui 9 par son adresse, son courage et sa patience , sut le premier asservir les vagues de l'Océan. C'est là que reposaient toutes les antiques notions des lois de la divine Atlantide. Les cités, les eaux et les remparts maritimes portent encore des noms sacrés, mais dont la plupart de ces peuples ont perdu l'intelligence ^.
Tbéodemir va seul visiter l'heureuse et sainte Zélande, qui n'a retenu que son nom d'une antique splendeur. ^ Elevé avec soin parmi les enfans des druides , il reconnaît avec une émc tion religieuse tous les lieux consacrés par
d augustes origines que célebreuf etxcQte les scald^s dans leurs chants mystérieux : : maïs pressé de se rendre au sem de \sl Germanie ^ et de s'unir aux vaills^is peuples qui^ sur les bords de l'Amysius^ luttaient encore, contrée la domination romaine , XbéodQmir rejoint ses compagnons, et,s'eml>ârf{ue sur un navire qui> des bouches de THélium ^ , le traé^Orte aiqsi que ses amis aux côtes sablonneuses de la Frise f de ces peuples dont Lorgueil se yante 4Woir doDoé leur nom à. une contrée de F Asie *• et qui, par un art connu d'aux seuls, «apprêtent , la lain^ des béliers , et savent en tisser des étoffes moelleuses, dont la durée égale la fiaesse et Téclat ». ,..;,. ^,:;
Les jeunes Gaulois parcoururent; les terres des Cauces> celles des Ansivàres^ et les peuplades hospitalières de la forêt Cesienne ".
Us visitèrent les Bructères , nation belliqueuse OÙ des femmes sacrées guident' les phalanges guerrières par leurs divines inspirations ". Les Cattes, au cœur indomptable, qui se vouent ^
au silence , fuient le chant des vierges et les
' 194 ^^ VIERGE D'ARDUÈNE.
sourires de )a beauté , jusqu'à ce qu'une action éclatante les affranchisse de leur, noble vœu [a] ; les TenctèreSy habiles à dres^r des coursiers et à les conduire au combat ; les Suèves intrépides I aujccfuels les dieux seuls peuvent résis--
ter [ti]'y*ei qui^ voilés au culte de la déesse
Isis> l'Honorent sous la forme symbolique d'un navire ; les blonds Chérusques , peuple y lustré par la victoire ; les- Gamaves y les Tubantes et tous les peuples qui bmvent lés eaux de l'Aibis [c], de TAdrana [d]y du Visurgis [e].
Théo4[émir et ses braves arrivèrent epfin chez les Sycambres , où la gloire semblait attendre ces héros.
A la dernière assemblée générale , ces peuples guerFÎers avaient résolu de former une alliaince pour s'opposer k l'audace toujours
{a] Voyez la note 8 idu livre 2.
là] César y livre 4> page to8.
[c] L'Elbe.
[<] L'Oder, {e\ Le Veser.
croissante des Romains , qui y après avoir envahi les Gaules, menaçaient d'étendre leurdomination sur la Germanie. On attendait Toccasion de se déclarer lorsque les Chérusques, nation alliée' aux Sycambres y allumèrent les premières flammes de la guerre. Des centurions avaient passé le Rhin; et forts de ^l'impunité que la terreur assurait à leurs' violence^ y ils voulaient établir sur ces peuples si fiers le cens odieux qui pesait sur la Gaule.
A la vue de la toge romaine , les Chérusques indignés courent aux armes, et les exacteurs sont punis du dernier supplice "'. Les vainqueurs transmettent , de colline en colline y le signal des batailles. Trois peuples se réunissent y et par un serment solennel^ ils s'engagent à ne point*rentrer dans leurs demeures qu'ils n ayent puni l'insolence des maîtres de la terre. Ces braves , pleins des pressentiment de la victoire y se partagent d'avance les dé-< pouilles des vaincus : les Suèves doivent avoir l'or; les Chérusques demandent les coursiers,
et les Sycambres se réservent les captifs. .
i^ LA YIERGE D'ARDUÈNE.
En arrivant chez les Sycambres, Théodemîr et ses fidèles compagnons se font recevoir dans les rangs d\ cette jeunesse guerrière. Le succès couronne leur audace. Us enveloppent sans bruit la cavalerie romaine qui s'avançait pour soutenir ses envoyés : elle est vaincue , et la cinquième légion y que commandait Marcus LoUius^ reste sur le champ de bataille.
« Idoïne y s'écrie Théodemir en élevant vers le ciel ses bras ensanglantés ^ je suis affranchi de mon voeu ! le sang romain a coulé sous mon glaive : je suis désormais digne de toi I »
Ses compagnons applaudissent à ses paroles , et vantant eux-mêmes sa valeur , ils s'empressent de détacher Tanneau de fer qui serrait son bras y et le déclarent le plus brave d'entre les braves.
L'amant d'Idoïne partagea l'ivresse de la victoire de ses hôtes ^ comme il avait partagé leurs dangers.Desfétessomptueusescélébrèrent leur retour 9 et les bardes associèrent les noms celtes à la gloire nationale.
Le jeune héros avait trouvé dans le roi sy^
<rambre toute la tendresse d'un père et le dëvouefnent d'un ami. Ses vertus guerrières lui
avaient acquis l'estime du monar({|ie; mais un sentiment plus tendre avait ému Marcomir à la vue du jeune étranger. 11 en cherchait la cause y en attachant son regard rêveur sur la noble figure du guerrier. La naissance d'un fils avait jadis égayé son palais^ et maintenant^ triste y Isolé y il s'acheminait sans postérité vers la vieillesse.
Marcomir y fier de commander à un peuple libre 9 avait jadis juré par les crânes de sçs ancêtres de défendre cette précieuse liberté. A la tête de ses nombreuses tribus^ et sur la foi des oracles y il s'était établi près des belles contrées qu^arrose l'Amysius [a] aux eaux im-
pétaeuses. La tranquille Lupia [&] bornait son empire vers le septentrion ; les ondes du Rnin le séparaient de la Gaule fertile^ et la Sieg [c]y
{a] L'Ems.
[^] La Lippe.
[cj La Sigue.
ig8 LA VIERGE D'ARDUÈNE.
au nom prophétique ^ [a] , formait une barrière entre les terres des Sycambres et celles du peuple \[b] qui rend un culte sanglant au farouche Irminsul *^
.César venait d'entrer dans les Gaules ^ et des peuplades entières , fuyant l'esclavage et la mort , se réfugiaient dans les forets profondes des monts Bacénis [c]. Marcomir, inquiet sur
le sort de son naissant empire^ résolut de con-
suiter les prophétesses. Pendant le chant magique qui précède le sacrifice , un sommeil surnaturel s'empara de tous ses sens. Il vit en songe un monstre d une forme inconpue , qui portait à la fois la tête d'un lion^ celle d'un aigle et celle d'un habitant des marécages. A
peine le monarque l'a-t-il entrevu, que le fantôme disparaît. Un guerrier d'une taille gigantesque lui succède ; son front est couronné d'un
,[a] Ce mot signifie victoire,
[b] Les Matliaces.
[c] Les montagnes de la Hartz, duché de Brunswick, César y liv. 6.
diadème d'or, ses mains portent le glaive et le sceptre royal. Soudain, agitant ces glorieux symboles de la ^isâance , il éblouit les re-* gai*ds du Sycambre , puis s'évanouit dans les airs ^^. Marcomir s'éveille, et troublé encore, redit cette vision à la prophétesse. « Monar* que protégé des dieux, lui dit la savante Akima , druidesse inspirée , les destins de ta race étonneront l'univers !.... Un fils de tes fils domptera le monstre aux triples gueule^ ; il écrasera la preniière , mutilera la seconde , enchaînera la troisième. A tant de gloire succéderont des jours plus glorieux encore; et ton peuple , roi superbe de la guenre et des arts, régnera sur le monde; mais pour te rendre digne de ces hautes faveurs , quelles que soient les épreuves que les dieux te réservent, obéis sans murmurer ! »
Les paroles de la prophétesse ne tardèrent point à s'accomplir : Marcomir eut bientôt l'espoir d'être père. La reine lui donna un fils; mais l'amour et l'orgueil paternel jouirent peu de cette félicité ; une nuit, les fées enlevèrent
aoo LA VIERGE D'ÂRDUÈNE.
le royal enfant ^ aux yeux de sa mère^ dans le bouclier qui lui servait de berceau : elle «ne survécut point à sa perte y et Marcomir eut à pleurer à la fois son épouse et son fils. Vingt fois les arbres des forêts ont donné leur feuillage ^ depuis rinstant où l'ordre des dieux Ta 'privé de l'héritier du trône^ auquel ils avaient promis tant de gloire.
En recevant Théodemir dans ses demeures y le vieux monarque avait été vivement ému. Il l'accueillit comme Gaulois et fils adoptif de Diciomar , auquel l'unissaient lui-même les liens de l'hospitalité. Mais une bienveillance plus tendre lui fît presser l'étranger sur son cœur : le jeune homme aux yeux pers^ à la chevelure ondoyante^ a fait tressaillir ses entrailles. A peine un léger duvet blond comme ses cheveux ombrage ses lèvres vermeilles. Sa haute stature , sa blanche poitrine que couvre un large collier d'or, ses bras musculeux ornés de brace— lets, tout lui donne l'apparence d'un héros!
tel devrait être son fils ! Plus d'une fois, tromipé par cette douce illusion, 1^ roi syfcambre a
-voulu donner à Tbéodemîr le nom et les droits de cet enfant tant regretté. Mais une craintif religieuse l'arrête : les déesses- mères ^ les fées de la Germanie ) n ont-elles pas pris sous leur garde ce précieux réjeton? Akima^ interprète des volontés célestes^ lui a parlé chaque année dans le creux des chênes. Elle l'assure enfin que le jour approche où il doit revoir un fils digne de lui. Marcomir attendra Tordre des dieux; mais^ contenant avec peine ses désirs impatiens 9 il cherche^ dans des plaisirs périlleux^ une distraction au trouble de son ame.
Le roi sycambre veut célébrer le séjour d^s étrangers parmi ses peuples : il ordonne les apprêts d'une grande chasse.
Aussitôt les esclaves qui prennent soin de ses dogues les rassemblent; et les attachant par couple y ils passent à leurs larges cous des colliers d'airain hérissés de pointes aiguës qui les préserveront de l'atteinte des bêtes féroces. Ces animaux dociles et prompts à la voix de leurs maîtres, mais fiers, indomptables devant les urochs et les sangliers, tiennent leurs vertus
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de leur naissance. Fils d'une louve et d'un lévrier rapide ^ ils ont à la fois la force de leurs mères ^ le courage et l'adresse de leurs pères *^. A la vue de leur parure , ils pressentent le combat; et oubliant les dents des ours et les cornes recourbées des taureaux sauvages ^ ils témoignent leur impatience par mille bonds joyeux ^ par des aboiemens prolongés.
Avant l'aurore , les chasseurs avertis par le monarque se rendent en foule au lieu désigné pour le point de départ Marcomîr a déclaré qu'on ne poursuivrait dans cette journée ni les daims légers ^ ni les chevreuils timides; mais que l'objet de la chasse serait l'élan aux bois rameux^»aux pieds meurtriers, dont la force est telle qu'il en écrase les hommes et les animaux y brise les rochers et déracine les chênes; l'uroch farouche '^9 dont la tête formidable est armée de cornes menaçantes; enfin ^ l'animal merveilleux auquel on n'avait point encore donné de nom^ qui réunit à l'allure du cerf '^ la force et .la gravité du taureau. Sur son
front et à distance égale de ses larges oreilles ^ s'élève une dague d'ivoire , défense meurtrière et capable de percer tl'outre en outre le chasseur inexpérimenté qui ose affronter le redoutable animal.
Pour cette chasse dangereuse 9: qui demande autant de force que d'adresse » les jeunes Sycambres se sont armés de dagues et de javelots '^. Théodemir et ses amis se joignent à eux. Ils brûlent de se distinguer aux yeux de leurs hôtes dans des exercices qui furent les jeux de leur enfance^ Us leur font part des ruses employées dans la Gaule pour entourer, tromper le sauvage ennemi, le poursuivre, le frapper avec dextérité. Us leur apprennent à tremper leurs dards dans les sucs mortels de l'ellébore et de la divine bélmuncia : ces . sucs, en pénétrant le flanc de l'animal qui fuit, assurent la victoire du chasseur , et rendent la chair de sa proie plus délicieuse '9.
Le jour parait ; le son rauque des cornets d'airain ^ nonce l'arrivée du monarque. Il porte un vêtement court ; une forte ceinture
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entoure ses reins , et soutient le glaive à courte lame et la bacbe sycambre ; ses pieds sont chaussés de brodequins de peau ; ses longs cheveux y réunis en tresses , sont contenus par un casque de cuir sans ornement : le roi y qui va partager les dangers de ses guerriers^ ne veut se distinguer par aucune marque de grandeur. Aussitôt les chasseurs Tenlourent avec respect. Marcomir examine leurs armes ^ recommande à tous le sang-froid, la prudence, et la marche commence au son des trompes qui accompagnent le chœur d'Alcis, chanté par les joyeux chasseurs.