CHANT D'HERCULE
a Enfans, guerriers, chantez le héros fil» de k force ] chantons le robttsfe, Finvincîble Alcéus '^. i>
« Alcëas^ fils des dîeas: , vmt un jonr dans les Gaules. Temte da sang des tjrans sa masstte redoutable se bahmçait sur son ëpanle , et )a dëponSe d'an monstre inconnu à nos forêts couvrait' sa taille gigantes^e. En descendant les monts Pyrennes ^ il jeta on vaste rq;ard sur nfos contrées ^ et dit : Je veux illustrei^ cette terre et y laisser des souvenirs! »
m Enfans , guerriers^ chantez le héros fils de la force; chantcms le robuste, llnvineiUe Âlcéus. »
<( Les enfans du dieu des mers veulent s'opposer
à son passage. Déjà le héros a épuisé ses flèches ; sa
massue voltige autour de lui et frappe comme la foudre. Il implore le secours de son père immortel : aussitôt une grêle merveilleuse descend des cieux , des disques de pierre tombent à ses côtés ; il s'en empare , et les lançant avec rapidité » il triomphe
3o2 LA VIERGE D'ÀRDUÈNE.
de se^ ennemis. Les champs de l'odorante Lignrie gardent encore les vestiges de sa victoire '^. »
<€ Guerriers, chantez le héros fils de la force*, chantons le robuste , Finvincible Âlcéus. )i
« Le vainqueur continua sa course , et partout sa forte main rebâtit nos cités , fortifia no^ remparts , opposa des digues aux eaux vagabondes y et grava ses exploits sur nos rochers ^. Il posa enfin , dans nos climats^ ces colonnes, monumens de sa gloire, et qui font aujourd'hui notre orgueil ^7. »
« Guerriers , chantez le héros fils de la force ; chantons le robuste , l'invincible Alcéus. »
« Qui pouvait te retenir encore parmi nous, dieu fort , dieu bienfaisant ? Après la gloire ce fut Famour! »
(( Un jour qu'il arrachait, des flancs de la montagne, de grands quartiers de roche, pour en former les fortes murailles de sa ville chérie ^ [a] , il vit la belle Galacie , fille du roi de ces contrées *, elle se baignait dans les eaux limpides de l'Arare [&].
[a] Alexia , aujourd'hui Alise en Bourgogne.
[6] La Saône. .i-
Aussitôt un soupir soulève le «ein du demi-dieu \ les rochers échappent à ses mains vigoureuses, et plein d'amour il adresse ses vœux à la belle Gau-* loise. »
« Guerriers, chantez le héros fils de la force; chantons le robuste, Tinvincible Alcéus. »
« Frappée d'épouvante, )a vierge sort des roseaux , et Saisissant ses voiles , elle s'élance dans la forêt. Alcéus la poursuit : Ne me fuis pas , dit-il , 6 la plus belle des nymphes I je suis le fils des dieux : donne-moi ton cœur , et tu deviendras mère d'un grand peuple ! Mais le vent emportait ses paroles. Déjà il n'aperçoit plus qu'à travers les feuillages Técharpe de la vierge et l'or de ses tresses flottantes. Alors , celui qui jadis avait arrêté la biche aux pieds d'airain , Alcéus prend sa (Bourse ; il atteint la belle . fugitive, et de ses bras nerveux étreignant son corps d'albâtre , il dompte son oi^ueil et sa frayeur! c( Guerriers , chantez le héros au. cœur indomptable ; chantons le robuste , l'invincible Alcéus. »
« Un fils dut le jour à ce tendre mystère •: beau
oomme sa mère et vaillant cohune son père, il
.314 I^ VIERGE lyAKDUÈNE.
doiniift aon noih ftuz peift^le» qu'il comaandait , et
celui d'Aleëut '^auz viUes que ee héros avait bftties.
Les rodiers de la Gaule gardent encore ces souvenirs , et les bardes du chant bercent notre enfance de ces récits met veillenx ^. »
« EnfiinSf guerriers 9 chanteai le fils de la £s9«e; chantons le robuste, rinvincible Alcéus. »
Pendant le chant ^ Hemdal s'était recueilli.
Il commande le silence ; puis s adressant au peuple attentif : (c Enfans d'Arduène^ dit-il> les immortels ont parlé à mon ame : ils vous destinent le noble Isarne pour souverain.
Idoine sera son épouse; tel est l'ordre des dieux, j)
Ici les vieillards regardent Isam avec in* quiétude; le peuple murmure et les femmes détournent les yeux avec horreur. Le druide^ sans paraître remarquer la consternation générale ^ continue ainsi :
c( Vous savez, noUes Arduénens, que le sage Diciomar m'a rendu dépositaire de ses derniè* Tes volontés^ et m'a laissé l'arbitre du sort de sa
.fille : , Vous connaissez , m'a-t-il dit , celui que son cœur préfère ; et quel autre que ce héros serait digne d'Idoïne ? O fille heureuse ^ viens unir ta main virginale à la main vaillante du fils de Tordal; et vous, jeunes et braves guerriers, apportez le pavois qui doit élever lé hpros au rang suprême, et faites bruire vos armes éclatantes pour consacrer cette union ^'. »
^ Un morne silence règne dans une partie de l'assemblée ; les amis d'Isarn font seuls entendre quelques acclamations. Le druide s'approche d'Idoïne , presque évanouie entre les bras de Sulmina*
Soudain Théodemir s'avance, et s'adressant à Hemdal avec une noble assurance :
« Pontife de la nation, dit-il, quelque fondés que puissent être mes droits au trône de Di«ciomar , je ne m'en ferai point un titre : aux ' dieux ne plaise que je veuille me prévaloir des bontés de mon père adoptif , pour obtenir une telle faveur : elle appartient au plus brave.
3o8 LA VIERGE D'ARDUÊNE.
s'écrie avec fureur : « Que celui qni m'ose disputer Idoïne se présente!.. Combattons^ et que la vierge soit le prix de la victoire ! » • . Les compagnons de Théodemir tirent leurs armes du fourreau, a ^mis ! leur crie le jeune homme 5 laissez-moi répondre au défi. » Et le héros s'avance. A cet instant ^ un dard aigu ^ lancé par un des guerriers d'isarri , frappe à ses côtés Isimare^ le plus cher de ses amis. A la vue de ce sahg qui rejaillit sur lui, la fureur s empare de Théodemir et de ses braves; il3 franchissent le court espace qui les sépare dlsarn,^ et le combat s'engage avec a'char^ nement. Les vieillards lèvent leurs mains sûp^ pliantes vers les .<:ombattans ; chacun appelle ses fils par les plus doux nonis ; les mères, les épouses, se précipitent au milieu des épées meurtrières, et, les cheveux* épars, le sein découvert, elles les conjurent, par leurs dou« leurs maternelles, de ca!raer leur fureur; Hemdal, seul impassible au milieu du* carnage^ contemple les combattans.
Tout-à^coup la lumière du solejl devient
sanglante; le souffle violent d'un vent du nord disperse dans les airs les feuilles des forêts ; la terre tremble, de profonds gémissenMlns'Ifc font entendre. Le combat cesse. Ardoïna, déesse révérée , parait , non point comme lorsqu'elle visite ses peuples chéris , mais sous une forme éclatante et terrible. Un bandeau retient et rejette en arrière sa chevelure d'or; le redoutable croissant de la lune au sixième jour, étincelle sur son front sévère; sa robe de neige éblouit les regards. Sa main porte trois dards, et, signe funeste , elle les brandit vers le peuple que la terreur a glacé. Ses pieds chaus-^ ses d'airain ne touchent point à la terre : les vents la soutiennent ; sa taille gigantesque surpasse en hauteur les chênes antiques de la forêt. « Enfans d' Arduène , espoir de la patrie, dit-elle d'une voix tonnante, quelle fureur vous saisit et tourne vos glaives contre vos propres seins? Ah ! réservez ce sang pré^ cieux pour des combats dignes de votre courage. Ecoutez ce bruit horrible ; voyez cette
3id LA VIERGE FARDUÈNE.
lueur Ëanglante^ c'eât celle de Yintepd^* L'ennemi «st près d'ici , il a embrase la partie olien||{ie de la forêt , il veut vous surprendre comme des bétes fautes. Cessez d'affreux dé«* mêlés ; réuoissez-^vous / marchez li l'ennemi t Alors seulement^ le plus brave , pour prit d^ sa victoire 9 receVra Idoïne de mes maiils. >^ Elle dit 9 et enlevant la vierge et la druidesse dans un tourbillon que les vents rapides forment autour d'elle 5 Ardoïna disparaît âiiit yeux de la multitude.
Les paroles de la déesse ne sont point vaines : on entend dans le lointain les sons aigus deli'ai' rain et le choc des boucliers retentissatis : tout le peuple en est ému; les guerriers apprêtent leurs armes et forment leqrs rangs ; les vieillards tiennent conseil. Plus d'un y à Taspect du danger 9 retrouve la vigueur de sa jeunesse et reprend son armure. Les vierges, étouffant leurs soupirs , enflamment l'ardeur des héros; les épouses préparent les chars sur les((iiels elles suivront les guerriers au combat , où, se-
Ion Tântique usage fiuWi psac leurs mères^ elles doivent leur prodiguer des soios et panser leurs blessures ^^.
Au milieu du tumulte^ Théodemir, caloae et imposant comme nxt dieu^ donne des «mt-^ dres à ses braves. Idoïne, eu s'élevant dans les airs 5 a laissé tomber son voile > bigarré de cou-* leurs éclatantes; le héros s'en saisit, a Gage d'amour ^ s'écrie-t^il , sois aussi le présage de ma victoire ! » et lattachaut au fer recourbé de sa longue framée , il appelle le brave Saadîger. « Porte cette enseigne sacrée, dit-il; et que les couleurs de la fille des rois brillent à nos yeux au milieu des combats; comme l'arc radieux des fées au sein de l'orage. »
Ces paroles animent les guerriers et semblent présager leur succès. « Guide nos phalanges, vaillant Théodemir, s'écrient-ils d'une commune voix ^ nous^ voulons suivre tes pas, ;>
w Suivez-nous tous deux,- répond le gêné- ^ reux amant d'Idoïne en montrant son rival ; notre amour pour la patrie et la fille de Diciomar , vous sont garans de nos efforts; et
3i2 LA VIERGE D'ARDUÈNE.
toi , vaillant fils de Tordal*^ viens combattre les Romains et sauver ton pays. Si je succombe .......«, rends heureuse la vierge , que
î'aime ! » Isarn répond par un sourire ironique : il a saisi un regard de Hemdal et l'a compris. Toutefois ^ feignant de se joindre avec )oie à Thëodemir^ il rassemble ses amis ainsi que les guerriers qui obéissent à ses ordres f et les enfans d'Arduène, au nombre de dix mille ^ s'avancent à la rencontre de l'ennemi.
l'IN DU LIVRE NEUVIEME.
bu LIVRE NEUVIÈME.
(0' JJORDS de la Sure. ] Minérica , dans la carte de dom Bouquet, est situé à peu de distance d'Ecternach , petite ville à dix lieues de Trêves et sur les bords de la Sure , rivière qui se jette dans la Moselle.
(a) De ces reptiles* ] «c Voici encore une étrange superstition des druides. Ils vantaient fort une espèce d'œuf inconnue à tout le monde, hors à ceux qui donnaient dans leurs rêveries ; cet œuf, disaient-ils , était formé en été par une quantité prodigieuse de serpens entortillés ensemble qui y contribuaient tous de leur bave et de l'écume qui sortait de leur corps. On lui donnait , à cause de cela , le nom à'anguinum. Aux sifflemens des serpens , l'œuf s'élevait en l'air ; il fallait aussi le recevoir en l'air de peur qu'il ne touchât la terre. Celui qui l'avait reçu , devait prendre vile un cheval et s'échapper , parce que les serpens couraient tous après lui jusqu'à ce qu'ils fussent arrêtés par une rivière qui coupât leur chemin. » ( Pline', livre 2g, chap. 3. )
(3) De figures mystérieuses! ] « On faisait l'essai de cet œuf en le jetant dans l'eau ; il fallait qu'il sur-
3i4 NOTES
nageât avec le cercle d'or dont on avait soin de l'entourer. Les druides^ pour le faire valoir davantage et en augmenter l'estime , assuraient qu'on devait le recevoir je ne sais quel jour de la lune; qu'au reste il avait la vertu de procurer gain de cause dans tous les différens qu'on avait à démêler , et qu'il tie manquait jamais de faire avoir un libre accès auprès des rois. Quelques modernes assurent que les druides le portaient dans leurs enseignes. Sa figuré était semblable à celle d'une pomme ronde, d'une moyenne grosseur. Sa coque était cartilagineuse et couverte de fibres et de filamenS approchant de la forme des pinces des polypes. C'est une si grandesuperstition^ que l'empereur Claude fit mourir un chevalier romain du Dauphiné , par cela seul qu'il portait un de ces œufs dans son sein , en vue de gagner tin procès qu'il avait. » ( Pline ; livre 29 , cbap. 3.) ^
tt C'est sans doute par un reste de cette superstition, qu'en Lorraine on donne un œuf et du sel aux enfans, la première fois qu'ils entrent dans une maison. Le sel était regardé comme une chose sainte , et les sorciers ne pouvaient manger que des viandes sans sel. « Le diable , dit une vieille chronique , vint un jour déguisé en moine chez un bourgeois de U ville de Toul , afin de séduire sa fille. Il avait demandé qu'on lui servit son repas sans sel. Cette recommandation excita les soupçons de la jeune Lorraine ; elle s'avisa de saupoudrer de sel an lieu de farine , une tourte qu'elle avait préparée. Furieux de celte supercherie , le diable abandonna ses projets, et cassant un carreau de vitre, il s'enfuit par-là sous la forme d'un oiseau noir. » ( /ancienne chroniffue de la ville de ToxiL )
DU LIVRE NECVIÈME. Si5
(4) 'Pour la féit. ] « Le* ÛftUléis n'adsistaient jftitiflto qu'urmëi à leurs âssëitibldtfs ; iU nVntfaiêtit itiétâê datis leut^ fi^itiples qu^avtfc leurs armés. n{Pompùniiièf Mêla ; liv. 3. )
(5) Leurs obscurs décrets. ] « Et le conseil de la nation , oii siégeaient les vierges prophétiques , les épouses belliqueuses et-les mëreâ qui àllaitÂient leurs enfans , l'espoir dé iâ patrie. » ( Tacite ; Amm, Mûr^ ceL , liv. i5 ; Plutarque , vie de Marins ; eités j^ar Marchangy j Gaule poétique; tofne I"', p. gô. )
« Ces peuples regardaient , aussi bien que lés Gér^ inains , Tétat de fille comme renfermant je ne sais quelle sainteté , qui les disposait à être plus propres aux communications divines ; jusques«-là qu'ils regar^ daient quelques-*unes , non^^seulement comme des divî* nités , mais même ils les traitaient réellement dé déesses dès cette vie. C'est pour cela aussi qu'ils leur avaient confié quelquefois le soin d'administrer la justice et de gouverner la république, ce qui se pratiquait encore • dans la Germanie long-temps après Jésus-Christ. » ( Religion des GauL ; Mézerat , etc. )
(6) Et des trompettes. ] m Les trompettes chez les Gau- ^is étaient de plomb, et leur pavillon ofirait la tête d'un animal. » {Histoire de ^ administration de la guerre ; par Xavier Audoia ; tome P' , page 24*)
{"]) Des jeunes guerriets, ] <* Cent qui tiennent le premier rang dans le pays sont les druides , et après euiL les chevaliers ; ceni-ci ^'ont point d'autre exercice que lés atmes. Quand il survient quelque guerre , les chevaliers se trouvent tous à l'assemblée de la nation-, suivis de leurs cliens; chacun selon le nombre qu'il en
3i6 NOTES
peut avoir ; car on juge de leur grandeur et de leur pouvoir par le cortège qui les accompaj^e ; ainsi chacun grossit sa troupe à l'envi. Dans ces assemblées, on délibère sur les affaires de la nation , on nomme des généraux pour l'armée , etc. » ( Commentaires de César. )
(8) Ses bras nerveux. ] « Ils portent des colliers d*or et des bracelets aux bras et aux mains ; et ceux qui sont en dignité ont des habits de couleur, ornés d'or. » ( Religion des Gaulois ; et Histoire de Lorraine , par Dom Calmet ; tome I , page 37. )
« Ils étaient décorés de carcans , de chaînes d'or pendues au cou , de bracelets et d'anneaux d'or garnis de pierreries , afin que , seloa leur état ils fussent tenus en plus grande réputation ; parce que , des ce temps-là, on ne tenait pas grand compte , non plus qu'aujourd'hui , de ceux qui étaient pauvrement^ vêtus et bâillonnés. » ( Taillepied] Hv. 1 , fol. io6. )
(9) D'une flèche, ] « Leurs armes sont grandes , longues , proportionnées à la grandeur de leur taille ; ils portent une longue épée suspendue au cou par une chaîne de fer ou d'airain ; quelques-uns méprisent tellement la mort , qu'ils combattent tout nus, n'ayant qu'une ceinture qui leur couvre les reins. Ils ont des boucliers de la hauteur de leur corps , ornés de peintures qui représentent des animaux ou d'autnes emblèmes. Leurs lances sont fort longues; elles ont, au bout, un fer d'une coudée de long et de deux palmes de large. Ils se servent de frondes et de flèches ; leurs casques sont d'airain , surmontés de grandes aigrettes, ou de cornes d'animaux , et ornés de figures d'oiseaux
ou de bêtes sauvages. » ( Histoire de France , par Meceraî ; Histoire de Lorraine ; tome I , p. 38. )
(10) Orne son front» ] « Les Francs avaient une taille élevée , une voix terrible et des yeux ëtincelans ; leurs lèvres s'ombrageaient d'une barbe épaisse ; leur cbevelure tressée , était retenue sur leur front par un rézeau d'or , ou par des cercles de cuivre ; leur corps , aussi blanc (jue l'albâtre , se couvrait à demi de la dépouille des bétes féroces. » ( Tacite , Sidoine Appolin, , Aga^ thîas^ etc. ; livre 2 ; cités par Marchangy ; tome P' , page 118. )
(11) Ses blanches épaules. ] « Surtout qu'ils fassent bien reluire la cotte d'armes de pourpre, parsemée d^abeilles d^or , emblème mystérieux de nos prétentions , et qui exerce inutilement la sagacité des savans de ce pays.
» C'est un point/l'histoire bien établi >que les Francs se considéraient comme une colonie originaire: de la Gaule , dont leurs pères avaient émigré à la suite de Sigosése, • . r
Pendant le long cours de leurs, aberrations, l'esprit de retour ne les quitta jamais ; au contraire , il réglait leurs démarches et leurs entreprises, et ce fut cet^ espoir qui les dirigea , peu à peu , vers les bords r du Rhin , dans le voisinage de la Gaule , dont ils ne se «voyaient plus séparés que par le faible intervalle d'.un 4euv9, toujours impatiens de le* franchir... y ,
« Le spectacle habituel- des essaims d* abeilles ^ qai abondaient sur la rive droite du Rhin ; leurs émi^a-^ tiens momentanées du rocher ; leur empressement à y rentrer , en combattant les étrangers qui s'en seraient
le taureau an monument gauloiâ trooTe dans le chcmr de la cathédrale de Paris , étaient nn double emblème de la force et du coara^. » ( Alexandre Lenoîr ; Mo^ nwnens Jranqaiê ; p. 75. )
« L'arc de triomphe d'Orange y nous découvre l'opinion des Gaulois sur les grues« Il est évident qu'ils les regardaient coùime contribuant à leur faire remporter la victoire , et décidant du sort des armes en leur faveur. Ce ne pouvait être que ces vues , qui les avaient déterminés à en porter dans leurs enseignes. » ( Reiig. des Gaulois ; t. II , p. 76. )
(16) Les abeilles du Sjrcambre. ] « Une révélation secrète persuadait aiiz Francs qu'ils étaient originaires de la Gaule, que leurs pères avaient quittée sous la conduite des neveux d'Ambigat , et loin de laquelle ils erraient comme des abeiHes dont ils avaient adopté Temblème. » ( Gaule poétique ; Marchangy ; tome I**, page 137. )
(17) Longues framées. ] « S'ils allaient à l'attaque, ik poussaient le cri de guerre , faisaient voler la hache à deux tranchans ; et se servant de leurs longues framées , comme d'un point d'appui , ils s'élançaient dans l'air et tombaient comme la foudre devant Tennenii troublé. »•( Sidoine , Agathias , cités par Marchangy; tome I",p- 121. )
(18) Agréable aux dieux. ] « Quoique nos pères employassent dans leurs Sacrifices des' victimes huniaines plus communément et plus volontiers que d'autres , il ne faut point douter qu'ils n'offrissent aussi quelquefois des sacrifice» .d'^Q^s^ux. On voit la description d'an
de ces sacrifice* gravé sur la porte /de l'église de Beau jeu.
» Ce monument représente une rase campagne , oii sont trois Gaulois bien reconnaissabîes à leurs habits! Le sacrificateur ou le prêtre marche Je premier portant un panier de la main gauche; suit un victimaire, nu de la ceinture en haut , et portant la victime morte sur «es épaules ]^ e^ dernier lieu vient un jeune victimaire , nu comme le premier , qui tient un pot ( olla ) de la gauche , et une masse qui a servi à assommer la victime , laquelle était un porc ou un sanglier. » ( Relig. des Gaulois ; t. I*', p. 102. )
(19) 5wr sapoUrine.} u Dans toutes les cérémonies de la religion , les druides portaient toujours de longues robes rayées de pourpre ; de, teUe sorte que ces raies allaient successivement en diminuant de part et d'autre. Il y a des auteurs qui prennent ces raies pour des losanges, ou plutôt poprce qu'on appelle, en terme de hWson, fusées, qui étaient selon eux toutes plus petites les unes que les autres; ce sentiment est fondé sur la di^ férence et la distinction des habits des druides de ceux des autres Gaulois, qui avaient aussi des raies de pourpre à leurs habits.» {Religion des Gaulois-, tome I, page 91.)
« Sur un bas-relief de la ville d:'Autun , on voit deux druides admirablement bien représentés. Tout en eux est majestueux: une taille avantageuse, un visage vénérable, un port noble, des habits fort amples. Un manteau k grands plis et traînant les couvre de tous c6tés ; celui de l'un est noué sur l'épaule gauche ; une agraffe ou bouton attache celui de l'autre sur l'épaule droite. Sous le manteau, ils portent une tunique à
manches , et si longue, qu'elle a tout-à-fait Tair d'une aube dont le poignet serait étroit et aurait par-dessus une espèce de fraise ou de manchette qui se replie à fantique. » Voici la peinture et l'explication que l'auteur de l'antiquité a données de ce monument :
« Dans le bas^relief , on voit un druide couronné de feuilles de chêne ; c'est apparemment le sacrificateur et peut-être le prince des druides y dot^ parle César , qui avait une si grande autorité sur ceux de sa secte , marquée, à ce qu'il semble, par le sceptre qu'il tient à la main , etc. » {Religion des Gaulois ^ tomel, page ma.)
(20) Forme sa couronne.'] « Les druides , qui sont ches les Gaulois ce que les mages sont ailleurs , n'ont rien de si sacré que le gui et l'arbre qui le porte , pourvu que ce soit un chêne ; aussi , ont-ils de cet arbre une si haute idée, qu'ils ne font pas la moindre cérémonie sans porter une couronne de feuilles de chêne , et c'est apparemment du nom que les Grecs donnent à cetar^ bre que vient celui de druides. {Religion des Gaulois ^ tomel*'.)
(ai) D'un croissant.'} « Une statue de bronze a été trouvée à Narbonne ; elle représentait un druide tenant un patëre de la main droite , et de la gauche un sceptre, dont la partie supérieure s'élargit et se fourche, et soutient sur ses deux pointes un croissant de lune , tel qu'il est au sixième jour. » {Religion des Gaulois^ tome I, page 214O
(aa) Lesjiauômes.'] « Les druides n'avaient rien de plus sacré que le gui de chêne ; ils lui avaient donné un nom qui signifiait qui guérit de tous les maux. Sk l'on vient à la couleur du gui , on peut se figurer l'éclat
qu'il jetait aux yeux des Gaulois , par celui que lui attribue Virgile. Ce poêle , après ed avoir fait le rameau d'or consacré à Proserpîne , sans quoi il n'était permis à personne de pénétrer les sombres détours des enfers ; le poëte , dis-je , compare Técîat du rameau d'or à celui du gui : Le rameau , dit-il , brillait à travers les branches , k peu près comme on voit en biver le gui de chêne , sans avoir été semé , produit par un arbre d'une autre espèce, conserversa verdure et revêtir de ses fruits jaunâtres Tes branches qui les portent. » {Religion des Gaulois i tome II, page 66.)
(23) 1/ invincible Alcéus.'] « La force et le courage sont des dons de la nature : on les doit aux auteurs de ses jours. La fable suppose qu'Hercule eu avait hérité de sa mère , et c'est dans ces vues qu'elle était appelée Alcméné. Le mot Alkraené est composé de alkéy en gtec /brce , et de menus , animas , ame^ cœur, jtlkmené signiûe ionc à la lettreyôrce a/iim^e , ou force d'ame. Hercule , comme fils d'Alcméné , s'appelait premièrement Alcéus y c'est-à-dire, le fort, le robuste, le vigoureux.» (Rép, des Champs-Éljrsées , par de Grave ; tome I , page 221.)
(24) ^e^ monts Pj-rènnes.] « La Gaule a fait à des hôtes fameux le présent qu'on fait à des frères. Elle ne t'a point oublié, sublime Hercule I quand vainqueur du triple Gérion , tu laissas l'Ibérie pour l'Aquitaine, et, lorsqu'épris de la belle Galathée, tu la rendis mère d'un coicjélèbre.» (Marchangj; Gaule poétique; tome I, page 62.) , ■ .
(25) De sa victoire,'] « Je ne veux pas passer sous silence la fable que quelques anciens ont débitée à l'oc-^
casion de la grande quantité de pierrea qui couvre la terte d'un endroit de la Gaute narboanaise situé dans la Provence. C'est le campi lapidii dea Romains et la. . crau des Français. Hercule» disent'^ils, pendant le téjour qu'il fit dans les Gaules, eut une guerre avec Ifia Liguriens. Un jour qu'il était aux mains avec eux, et pendant la chaleur du combat, ne pouvant se défendre ni attaquer, il invoque Jupiter son père; aussitôt ^ il vit pleuvoir à ses cotés des pierres dont il se servt si bien contre les Liguriens qu'il les défit entièrement.
M Pomponius Mêla, en rapportant ce fait, ne di^ mot des Liguriens ; mais , en leur place, il parle d'^/— bion et de Bergion , fils de I^eptune , qu'il dit s'être battus contre Hercule dans le lieu dont nous parlons* {Slrabon\ liv. 4* Pline ^ liv. 3. Cités par Com Martin.)
(26) Sur nos rochers.'] « Nicolas Bergier , dans soo traité des cUemins romains , cite le témoignage de D^* nis d'Halicarnasçe , pour prouver qu'Hercule n'a été nommé SaxeuSy ou triomphateur des rockers^ que parce qu'il a food.é des viUes en des régions désertes , délQurai ]ç cours des fleuves et ouvert des chemins à travers les montagnes.
» T][ercule était honoré à Norroi , entre Nancy et Metz, sous le nom d'Hercule Saxan. .(Montfaucoii ;. Éiatnre de Metz,)
(97) De notre orgwùL ] « Les Germains marchaient sur les traces des Gaulois ; ils prétendaient qu'Hercule avait.babité leuxpays; qu'il j avaitdonn^ de si grandes marques de valeur , qu'ils le regardaient cootme le plus fort de tous les hommes: aussi quand Us allaient au combat , iU chantaient se^ viqJtQÎf «s pour s'encAU*» 1
DD LTVaE UtEUVlÈME. 325
Wj^et. Us assoraie&t avec coûfiance que c'était clies 'eux que ce héros avait planté^ les fameuses colonnes qui porteùt son nom. 11 est vrai qu'ils ignoraient ab* Solument en quel endroit : ce qui fit perdre bien du temps à Germanicus, pour les trouver. Le mauvais succès des recherches de ce prince , n'a pas empêché quelques nouveaux auteurs d'assurer, les uns qu'elles étaient sur les bords' du Rhin , d'autres dans la Gaule belgique , d'autres dans la Frise occtdenlale , ceux-ci enfin au pays des SeguaîeAs ou Gaule lyonnaise. » {ReVg. des Gaulois ; tom. II , p. 22. )
(28} «Sa vUIb chérie, ] « Hercule de retour de son expédition d'Espagne , oii il avait été combattre Gérion , bâtit dans les Gaules la ville d'Alexia, aujourd'hui Alise en Bourgogne. Pendant qu'il était occupé à cet ouvrage, il toucha le cœur de la belle Gakthée, filttt d'un roi qui commandait dans les Gaules. Cette princesse avait refusé jusques-là tous les amans qui s'étaient présentés, n'en^croyant aucun digne d'elle, soit par vanité à cause de son admirable beauté ^ soit par fierté à cause de sa force au-dessus de celle de son sexe ; mais elle ne put tenir contre la gloire et les rares vertus d'Hercule : elle devint son épouse. » ( A. des Gaulois; tome II , p. 21. ) \
« De ce mariage naquit Galatës , dont la grande réputation fit donner son nom à tous les Gaulois , et celui de Gallicie ou Gaule au pays qu'ils habitaient. Quoi qu'il en soit de ce récita les Gaulois montraient encore du temps d'AmmieuMarcellin d'anciens monumens qu! attestaient tous ces faits. » ( Religion des Gaulois ; tome II , p. 2 1 . )
(29) Celui d^jilcéus. ] La mémoire d'Hercule s'était
aussi conservée dans la dénomination de plusieurs en^* droits du pays; telles sont les villes d'Herkel elErke^ len, Ammien Marcellin fait mention de plusieurs places qui portaient ce nom dans les Gaules. Il cite entre autres celle nommée Castra Herculis, .C'était une des sept villes de la Hollande que l'empereur Julien fit réparer , à la hâte. >» ( République des Champs-Elysées ; t. I**.» page 262. )
(3o) Ces récits merveilleux. ] « Les Gaulois , après avoir gravé sur leurs rochers les exploits d'Hercule , les racontaient dans leurs camps ; leurs enfans répétaient encore ces chants après que leurs yeux avaient cherché vainement sur la roche les caractères tracés par leurs pères, et efFacés par le temps. « ( Xavier Audoin , Histoire de V administration de la guerre ; t. P' , page 124. )
(3i) Consacrer cette union, ] « Les Gaulois assistent tout armés à leurs assemblées. Les rois ou les anciens haranguent le peuple ; les prêtres font observer le silence 9 et si le peuple approuve le discours , il le témoigne par le choc de ses armes. » ( Dom Galmet ; Histoire de Lorraine ; tome I*'. )
(37,) Des vengeances du pontife, ] « Les druides étaient arbitres de tous les di£férens et intérêts de la nation , tant publics vque particuliers. S'il était question d'un crime , d'un meurtre , d'un héritage ou d'apposer des bornes, c'étaient les druides qui prononçaient en dernier ressort , et qui adjugeaient le gain , le prix ou la perte. Si quelqu'un, tant de ceux qui étaient en charge, que d'entre les particuliets , ne voulaient pas s'en tenir à leur sentence 9 ils lui interdisaient les sacrifices, ce qui
passait parmi les Gaulois pour la dernière des peines; car ceux contre qui cet arrêt était prononcé j étaient regardés comme des impies et des scélérats ; ils n'étaient point écoutés ni reçus en justice, et n'étaient élevés à aucune dignité : tout le monde les fuyait dç peur que leur abord ou leur entretien ne portât malheur. » (Dion , Diodore de Sicile, et Commentaires de César i livre 6.)
(33) Choisir ses rois. ] « On voit des rois dans les Gaules ; mais ils sont élus par le peuple , ou établis par la faveuf et la brigue ; dan» les assemblées d'État, les principaux de la loation ont voix délibéra tive : ils ont une si haute opinion de leur force et de leur' valeur, qu'ils disent que le monde entier ne saurait résister à leur assemblée , ou à ce qui y a été arrêté. » (Ces, 9 1. 7 > Justin , livre 4 > Hirtius , De la guerre d^ Afrique ; Strabon , livre 4» )
(34) « La femme gauloise suivait son époux à la guerre et comibattaît à ^es côtés ; elle le suivait au conseil oii elle avait le droit d'opiner. » ( Gaule poétique ; tome I , p. 37. )
3a8 LA VIERGE CARDUÈNE.
LIVTRE DIXIÈME.
Le Combat ; — La P^ictoire ; — Les Gauloises.
Quelque temps ayant cesévénemens^Drusus qui résidait k Lugduae [a] y avah failli faire soulever toute la Gaule, en y établissant le cens pour la seconde fois '. On fit le dénombrement des peuples; on compta les hommes comme de vils esclaves, et cette odieuse flétrissure irrita au plus haut point la fierté gauloise. Les cités, surtout celles qui a voisinent le Rhin , ne purent la supporter : dans leur douleur, elles tournaient leurs yeux en pleurs vers la Germanie, contrée où s'était réfugiée la liberté publique. Mais l'adroit Drusus arrêta
[a] LjoQ.
XJVAE DIXIÈME. 329
l'incendia général par an moyen dont la religion voilait le motif.
Lors de l'entier asservissement de la Ganle y soixante peuples avaient concouru à élever un temple à Auguste y aux lieux où l'impétueux Rodanus [a] s'unit à la tranquille Arare [6]. Au moment où les émissaires de Drusus lui transmirent la nouvelle des dispositions hostiles des Gaulois y le chef romain les convoqua à la fête religieuse qui devait consacrer l'autel érigé à l'empereur. La crainte et l'espoir y con>duisirent les envoyés de la plupart des cités ; mais celles de la Gaule querelleuse n'y parurent pas '• Drusus inquiet de Tesprit de révolte qu'annonçait cette absence y résolut d'en pré* venir l'eiSet. Il donna l'ordre à ses lieutenans de redoubler d'activité pour plier au joug de Rome y les peuples de ces contrées '•
Valérius qui commandait les légions d'A-* quila y au pays des Trèvires^ exécuta ces or-
[a] Le Rhône.
[6] La Saône.
33o LA VIERGE D'ARDDÈNE.
lires. Tout ud peuple avait échappé à l*escla-^ vage : la perte des Arduènens fut jurée ; mais il fallait se hâter de les yaiocre y de peur que leur résistance ne fût un appel au soulèvement général qui se méditait. Des émissaires se glissèrent de nouveau dans les forêts ; on feignit de ne vouloir obtenir la soumission d'Arduèue que par des bienfaits ; on flatta en secret Tambition du druide Hemdal. En même temps y des troupes s'approchèrent des vallons de Mi* nérica et remontèrent les eaux de la Sure.
Insitruits par le pontife du jour où devait s'as* sembler le peuple y les Romains espéraient le surprendre sans défense et le subjuguer par la force , après l'avoir enchaîné par l'adresse. Un heureux hasard vint encore servir les projets de Valérius : il reçut le message nocturne de Hemdal : ce Hâte-toi , disait le traître ; de jeunes factieux suivis d'un ramas d'étrangers, sont arrivés dans tïos murs. Le monarque d*Arduène sera proclamé avant l'heure du midi ; approche de nos demeures par les vallons déserts ; qu'une attaque feinte attire cette
LIVAE DIXIÈME. 33i
tumultueuse jeunesse hors des limites d'Ardue ne ; elle se précipitera au-devant de vos coups ^ tandis que suivi des chefs qui me sont dévoués je me rendrai à ton camp pour faire le traité d'alliance que nous ambitionnons tous deux. »
£a lisant cet écrit , Valérius devina les craintes du druide et le motif secret de cet avis. Aussitôt il fit avancer ses légions ^ et, à l'exemple de César , se faisant précéder par répouvante, il fit embraserune partie de laforêt ^.
Tel avait été le plan de ceux qui voulaient l'asservissement de la patrie. Le succès n'avait pas entièrement répondu à leur attente, et Fin- 1 tervention ^^s dieux était venue s'opposer aux sourdes intrigues d'un prêtre ambitieux.
Cependant Hemdal n'avait pas perdu courrage ; au moment du prodige qui déroba Idoïne à tous les yeux, il avait subitement calmé le désespoir d'Isarn : « Cédons à la force , lui avait^il dit à voix basse ; confie ton espoir à ma foi , suis la foule des guerriers , et viens me retrouver lorsque vous aurez franchi les limites
S3a LA VIERGE D'IkDTJÊNE.
^u Pagas. Je serai au sentier des trois cbènes : là, je t'indiquerai moi-même la marche h SBiTre pour arriver au bot de tes désirs. »
Isarn oKéit à cet ordre secret.
Cependant, par le conseil de Théodemir, les troupes se partagent en plusieurs corps : ies unes descendent les rives du ruisseau qui baigne la vallée d*Ërézée ; les autres font un détour derrière les sommets du Benal : ils sont destinés à une attaque furtive. Une troupe fidèle est placée à 1 entrée du vallon principal , et quelques*uns de ces courageux guerriers en occupent les hauteurs.
Isarn doit commander la gauche; Théodemir s'est réservé le poste le plus périlleux. Averti de la position de Tennemi, par les coureurs quil envoie sans cesse en avant, il a tout disposé pourTattaque, et ses ordres ont été exécutés avec intelligence et promptitude. Après un détour dans les bois , le héros se présente au débouché de la plaine où était campée Tarmée romaine qui, sur la foi du druide, attendait le signal de la marche , ou l'arrivée des
ambassadeurs annonçant la soumission du peuple.
A la vue des aigles d'or qui brillent au loin ^ les Gaulois poussent d'effroyables clameurs *. A peine le Bomaia a-t-il le temps de sakir ses armes* Les chefs rangent à la bâte leurs cohortes. Théodemir jaloux del'habîleté déployée dans cette manoeuvre , l'iraife y et fait faire les mêmes mouvemens à ses troupes. Les deux armées sont en présence ^. Il harangue ses compagnons : « Guerriers , dit-il , modérez votre ardeur; la victoire ne vous échappera pas. Restez inébranlables au poste où l'honneur vous place; que l'épée gauloise^ la framée sjcambre et la hache salienne^ s'agitent dans vos mains vigoureuses. La gloire^ vous attend, la patrie vous contemple. » Aus^tot les bardes rangés sur les collines , entonnent le chant de guerre ' ; et les Gaulois frappant en cadence leurs boucliers:^, accompagnent de ce bruit belliqueux l'hymne du dieu des combats.
336 LA YIERGE D'ÂRDUËNE.
répète par les bardes^ et son ame, sous la forme
d^un astre radieux '% brillera sur Fazur céleste ! '^ 9
a Oiseaux des funérailles , venez , repaissez-