‹ La vierge d'Arduène: traditions gauloisesChapitre 4 sur 38 · es Tenls de 1 ouest apportent sur leurs aîles · texte numérisé non relu

es Tenls de 1 ouest apportent sur leurs aîles

^"^j l-* Seine, C-^J La Loirr,

rapides les. chastes âks de -.Seba '^..iLéur^ nombre sacre est oçluî des muses ; elles préài-f dent aux ieiDpéles et k la^sDavigation; elles-sâr vent des ckants lûagiquesquicalmedatou'excif. tent Jes orages/ Lorsque le^^ime naalopaîer^ habilaiit:de lacôtedesOsistxâens^ézJ^s'apprètaot faire vc^uer sonliateaiudkiicmrsiir les «amh^es vagues déii'Océaaï^f il vad'iafeovd offrir un pieuif sacrifice aux :vierges.derile..saimie; il idosplorfe leur protectifOn poùri ses courses: :lointaîoes«£à confiance ii^est point vatnèjj^ur prix de. ses off^aiide5,iLobtientd« dards aigus, desisvi-^ roQS etictiaidës et xm collier de coquillages^ doux gag« de ItafiectibHidës déesses '''•

Après eUesy Yolenten se jouant pai?mi les fleurs, lés belles et ravissanteis. sylphides, filles de l'air -et de la lumière, .aimables fantômes -qui plus d'une fois^ éprises d'amour pour les enfansde la tërre^ se maHuifestent à eux aux dirillantes clartés de la lune,, dans le fond des forêts ou sur le bord, des eaux écuntanies, et

I I II , I ' I ip I *

[a] Basse-Bretagne.

» LA VIERGE D'ARDDÈNE.

qui , après les avoir enlacés de leurs bras d*i-voire , et secoué sur eux leurs chevelures odorantes, s'évanouissent dans le vague des airs ^^ Celles qui accourent les bras entre-* lacés, sont les fées de la vieille épine, lai vierge des ronces ** , celle de la source salutaire où chaque printemps les filles des valsions viennent exécuter des danses et célébrer des jeux. La plus sage aperçoit la déesse au fond de ses eaux transparentes ; mais la sévère divinité demeure invisible pour celle qui a laissé délier sa ceinture *^. Viennent ensuite les fées des chemins fourchus , celle du puits du hameau, du fojer de la ménagère, de la fontaine du clair-chêne. Malheur au voyageur qui passe aux chemins croisés sans invoquer les déesses ^^;.. ses pieds s'égarent dans les bruyères, et des lueurs trompeuses le condui-^ sent dans des marais infects où il passe la nuit à entendre les cris sinistres des fantômes, ou les ris moqueurs des esprits de la forêt ! Instruit par sa vieille aïeule, le pieux villageois rend à ces divinités champêtres un culte assidu;

il leur élève des celles *% où bfulent, à la nouvelle lune , des , torches de cire et Tencens des sapins. Il cache, pour les charmer, des pains de froment, des herbes magiques et des ligatures teintes en pourpre, dans le creux des N,ar]^esqui servent de retraite aux Sulèves, divînités volages '^.

A travers les ténèbres, voltige la troupe fantastique des Lamies, qui, envoyées par les déesses vengeresses, se glissent furtivement dans les demeures des méchans, bouleversent les meubles , rallument les lampes éteintes , enlèvent les enfans au berceau, excitent les chiens a hurler contre la lune , et portant partout le trouble et la terreur, font pé;*ir les troupeaux par des charmes secrets *?• Voici TEmpuse aux pieds d airain, à la démarche chancelante. Messagère de malheiir, elle fait entendre ses gémissemens à Theure de midi , au temps où Ton enterre les morts. Toutefois, malfaisante pour les seuls coupables, elle donne de salutaires avis à ceux auxquels elle s'attache, mais elle ne parle qu à voix basse : le tinte-

lo LA VffiftGE D'ASnCËNE.

ment de Foreille aninmce sa {yt^ïsencè *^.

'Dépoittllée de tout véieideMi et courferté flenlement de longues iihcvelores^ la troupe du Holda pérconrt les airs •«; des monstres It^ servent de montures. Portée par deux serpens^ la Bensoeia ^'^ est a leur tîète : elle tient dàn» ses mains le col livide des reptiles, et... spectade horrible ! . . . eUe semble les approcher de ses mamelles ! ^\ Plus innombrables que les feuilles des bois y qu'une ^elée légère détache des arbres > lonteis les fées enfin sont .rassem^ blées : un cercle immense se forme, et le conseil y composé de toutes ces diverses intelligences, lest présidé par la belle Andartë ^ déesse des augures ^*.

Mais afin qu'aucun profane ne vienne trou^ bler les mystères, la reine prescrit aux divinités du second* ordre de garder les issues de la forêt. A sa voix leur troupe mobile se répand dans les clairières , à Torée des bois j le chas^ seur, que l'appât de sa proie retient sur la bruyère , voit ces ombres fantastiques se jouer autour de lui. A leur aspect son sang se glace;

tt»e sainte terreur s'empare de lui; il tomhe la face contre terre, et dompté par une force Supérieure^ il essaie vainement de se trainer kor$ de l'euceinte consacrée ^^.

Chacune des fées s approche à son tour, el refâd compte ^e l'emploi qni lai a été confié : les nhes aîraîent la garde des chemins, des forêts et des champs; d'autres veillaient sur les arnes des lleuves et des fontaines; plusieurs^ chargées de présider aux assemblées des peuples, s'introduisaient dans le conseil des sages , là , retétant une forme terrestre , elles éle*vaient leur voix contre l'injustice, en faveur de rimiocenc^e , et long-temps leur divine influence fit rompre les alliances et les décisions qui eusseiit été funestes aux peuples qu'elles protégeaient **.

A la tète de ces dernières, parut la sage Ardoina , protectrice d'Arduène *** L'enceitite de ces forêts sacrées contenait un peuple nombreux confié à ses soins. En s'approchant du trône, l'auguste fée laissa voir son front céleste chargé d'un sombre nuage.

» LA VIERGE ITARDUÈNE.

((Divine Andarté^ dit-elle , vous que le peaj^e des Ëduens adore sous le nom de la Victoire immortelle , et que nous révérons comme notre reine , écoutez - moi ! une vive douleur a pénétré mon ame. Chargée par vous de veiller sur cette partie de la Gaule ^ j'ai long-temps rempli cette mission avec joie. Mais le temps des calamités , marqué par le destin y est arrivé. La domination s'avance à pas de géant; elle s'est emparée ^e nos villes ^ elle a pénétré dans nos forêts et jeté ses immenses réseaux sur les Gaules entières. A sa suite marche la fraude et l'audace^ l'hypocrisie et la rébellion^ l'oubli des devoirs ; enfin y l'horrible anarchie !

»0 nobles sœurs! infortunées protectrices de nos fils assujettis y vous n'avez donc su les défendre ? Ni vos inspirations divines^ ni les merveilles de votre puissance ^ n'ont pu relever le courage des vaincus^ et repousser l'audacieux étranger ! Ah ! vous baissez vos célestes fronts : à la douleur qui les couvre y je mesure toute l'étendue de nos malheurs ! Que sontils devenus ces temps fortunés où l'heureuse

Atlantide {a) , ignorée des conquëraps , visitée par les dieux , habitée par des sages , connue par la douceur de ses lois et Féquité de ses enfans^ voyait cent peuples heureux bénir leurs destins ! ^^. Les siècles se sont accumulés y et la: barbarie a couvert de son voile funèbre ces florissantes contrées. Chargées par les dieux de la patrie de conserver parmi les peuples le souvenir des lois saintes quik avaient tracées • eux ^ mêmes y tant que nous avons été leurs organes y le bonheur a souri à leurs vœux. Ce fut sous notre divine infl^uence qu ils franchirent les monts glacés et les mers lointaines ; nous les conduisîmes à de glorieuses entreprises^?. Ce fut pour nous offrir de pompeux sacrifices qu'ils ravirent les trésors de la Grèce et les anneaux d'or» des chevaliers romains ''. J^lors leurs mœurs étaient pures^ leur vie heureuse et les dieux bibnfaisans

[a] Quelques auteurs ont placé l'Atlantide dans la Gaule septentrionale. J^ojréz\9i note 36 ? à la fin; du .livre P'.

i4 LA yiÈ»GE D*ARDtJÈNE.

de la Gaule accueillaient avec ces oflrandes le lait^ le miel et les fleurs. Tout est changé. Aux chanta rustiques, aux acceus de ta jqîe ont succédé les cris de la guerre et le bruit du tsamage. Les fils de Galatès oui déiserté le culte de leu0 douoea divinités ;.cotH*bés V9rs la terre ^ à la voix de lemrs drilides, ils mhplorent des dieux sanguio^ii^e^; et pour eomhi^ di'borreur , le sang humaiq a rougi leurs autels! Vous le savez, auguste reioe, d^puJiis qu^ )^3 druidescmt élevé leur puissance sur la nètpe^ les peuples sout tombés au pouvoir des vainqueurs '9. C'est par eux qu'un traître a vendu la patrie ^\ Profitant des dissensions intestines, l'étranger s'est empressé d accourir avec une joie cruelle» U a vu les Gaulois s'entre-diétvuire et assurer son triomphe ^\£u vain les peuples tout entiers se sotaâ, soukvés contre loppression^^ Les dieux n'ont pas souri à leurs généreux efforts ! Noble et vaillant Inducio-

mar^e» à quoi te servirent ton courage et tes succès? Tu succombas sous le fer deMSsassins, qui , pour mériter l'infâme salaire promis par

Labiénus , i^éqnissqatkHrs efforts ^ dédaigoeiA tOji^ ajujtrjQ; proie y et, furiei»Er>; te poiuv i^]«ent jusq^I^i) se.in 4es oodes: du Sabis> où leurs mains inip^^. c^QUt t arracher la vie ^^ !

G(éQerjeMx ^ Aip)>iorix , ^oi qui la' patrie avait repd^s ^otu|es , .$iB^ ei^^apoeis l. JLa victob» iaitvaili d'al>ord protégé tes armes;, mais bientèl, ^ïyi^it,é: , yc^age , . elle détparoe de toi son cegaird. >Lff!s f^pouolues^nûe^s se précipiteat si^r tes rp^: comme uoe troupe de: vautou»

jûpE^mf^sji c'est e^ vltiu quêtes fidèles oompafgp^QUS, s^opposeut à-leur rage;. tu. fuis loin des tieps, tu i9!9iiir;Sd#:id<ou^w> et sta tombe ignorj^ee rep€|S|Q ;da|n^ nm fQ^êt^ }^. Et toi , vénéi?able Gatiyi|l|i;6 y^n perdant l'espoir! de .aanirer 1^ patrie,, tu je^oiï^!35 ai la vie, et Ids bayes v^tieneusçs 4^ Kif pQrteii^b la: niort dk^ top §^>?. ilV^î^: dii^^ÂrrJQi tous; Yosi umnsi^ .aûr g^çtea , et . saMt^P : :^cJif9fiê$ é(é\ l'amour de là

patrie ?.r.. Teuttraar, ttrcrçfîe, Védéfiàc*^^

Litavique , Ëporédorix , Yiridom^r;. teudres frères, vous tous, chefs d'une illu^r,ç.JAiine^; toi surtout, brave Camulogèiiey dooit la yi$il-

i6 LA VIERGE D'AHBUÈNE.

Jesse n arrêta point le courage I Tu dëfendaîf ces murs auxquels les dieux avaient promis une gloire immortelle.... [a] Un indigne stratagème t'arracha la victoire ; tu ne pus y survivre , et les nymphes de Seine , les yeux en pleurs et le front sans parure , ensevelirent .dans leurs eaux profondes ton corps vénérable ^^ Mais après tant de revers, tu nous restais encore, héros à jamais cher à la Ckiule ! Toi, dont la grandeur d'ame égala la valeur , magnanime Vercingentorix ! seul tu ne dé-f sespéras point du saint de la patrie ; investi du pouvoir suprême , tu commandes des sacrifices

inottis à ta voix puissante^ la Gaule toute

entière obéit. Long-temps tu balanças la fortune de César ^ Mais une destinée im-

placabie met un terme à tes exploits : [6] Avaricum inondée de sang, [c] Gergçvie fumante, et (d) Alexie en ruines, attestent

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[a] Voyez Siège de Paris , par Labienus.

[ft] Bourges.

[c] Qemront.

£</] Alise en Bourgogne.

Seules les efforts de tan courage '^. Pltis grand dftis ton malheur q[ue dans ta prospé-^ rite, tu dévoues ta noble tête au salut des peuples que tu ne pus sauver ;. et César y en te voyant à^ses pieds , comprend seulement retendue de ^ victoire ^**.

» AvecVerciagentorix, succomba notre dernier espoir ; le temps n'a fait qu'accroître nos maux ; les aigles d'or des fils de Rome planent dans toutes nos* cités; d'obscurs tyrans ont succédé à nos vainqueurs; et pour, comble d'opprobre 9 aujourd'hui le timide et cruel Octave 9 par un ordre, infamant , fait compter les enfans de la Gaule ^ comme on cQmpte de vils troupeaux ! f * «

. A cet instant les fées des Gaules se voilèrent en silence de. leur chevelure d'or : on eût dit de swplC3 mortelles, frémissait de douleur au récit d'une calamité puiblique. Ardoïna reprit : (c Grande reine y rendei^le calme à mes. esprits troublés* 11 nous reste des. oracles-, et ' de tant de gloire promise à la patrie , celle de mourir en combattant pour elle sera^i-tTelle la

i8 LA VIERGE O'ARDDÈNE.

seule que lui reservent les dieux ?••• L'org^illeox César a cru avoii* soumis les GStules euitères; il se trompe : mou peuple , grâces, à •orL obscurité^ n a point encore porté le joug : gouvernée par le sage Diciomar, ancien compagnon d'armes du vaUlant Ambiorix, Ardttène est libre encore. Semblable à ces fruits^ produits dun été^ trop court, que lesyEsthoniens conservent au sein des neiges de leur froide patrie [a], mon peuple, retiré dans ses fo* rets profondes depuis vingt ans, pourrait croire à la paix du monde, s'il n'avait vu les ond^s de ses ruisseaux rougies du sang des batailles; nais du . moins ses vierges heureuses et paisibles n'ont pas vu l'insolent vainqueur. Tel qu'un jeune lys, honneur de nos vallées, balance entre les fleurs son front noble et modeste , de même , parmi les filles d'Arduène s'élève l'innocente et belle Idoïné, dont les mains pures nous ont offert tant de- pieux sacrifices; c'est au nom de l'intérêt que nfi'ins-

[à] La PrttMe'«épteiitria|ia1e.

' ITVRE SRIMBR; rg

pire la. fille dei DiâionHrr ^ • que ^jeréCoWs'k Yoscoetseils ^ nies noMe» sœurs. Selon l'usagèy soil père jojeùx aous appela au festiiyidê:sa naissance. j:et. vous- ^us plîttes à répandre ^s^l» ellefi^ plus chères .fa.YéursvC6tte jeune -vierge est adorée de plùsîeifrr6|<^avje5';^t eepbndant^ lequel testdigiie d'eUeTEsl-HcêlefiéF Sigewatd^ ledioMe Hëcian^^w leblond Immir , si épris dé )i éclat de bé!s' armes?' Ëbt*^ ce le sombre Arnor, le terrible Salsk9:dont les yeux laudent destdanhmesi et dont la bouche ne prono&ce qiieÎKlesjHaisphèmes? Pa¥mi> cette brillante jeusaesseîj se distingue, à sa ha^te statut^ ^ k sûhaàr fâroce et guerrier^ le jeune' Isarne^ i{nifser»it oia hl^ros*^ s'il possédait le cœur 4'un homm^/fMais son courage en^porté - né > connaît poiifiii diS bornes ; ses désirs sont ses lois ; U:: trouve isés plus^doux plaisirs au 6etn du earmge; ^il* $e^ rit' du pouvoir^ d^s-dî^ux, et son aveugle, superstition n'invoque que^ ceux de la terreur el de la mort* L'ardent 'antour qu'il a. conçu pour Idoïfie^ loin d'ad^^cif' sOn, fougtieux cai^dctère ^ ne fait qu'en accro^lre la

Où LA VIERGE D'ARDUÈNE.

yiolence. Un motif secret l'engage encore à obtenir Idoïne pour épouse : Isame est ambitieux; il veut régner sur Arduène, et il espère captiver les suffrages en s'unissant i la fille d'un monarque adoré. Mais avant tous ces noms 9 j'aurais dû rappeler le premier, celai du noble et vaillant Théodemir, dont l'ame élevée se révolte à la vue de l'injustice , et* dont les yeux, pleins de douceur et de fierté ^ recèlent les pleurs de la pitié.

» Les nobles soins de Diciomar ont nourri sa jeunesse , et les tendres exhortations de la chaste Sulmina ont rempli son cœur de force ,

de courage et de grandeur. Ignorant sa noble origine , ce jeune héros a quitté secrètement le palais tranquille du vieux monarque.; il s'est arraché des bras de l'amour, pour aller chez l'étrapger, acquérir* de la gloire. Avezvous oublié , mes nobles sœurs y les prodiges qui accompagnèrent sa naissance , et ceux qui se renouvellent encore chaque année en sa faveur dans les forêts de Germanie ? Jusqu'à quand la destinée du héros et de la vierge

d'Ardaène iardera-t'-elle à s'accomplir? Le temps presse ^ mes sœiirs ; le jréiKérable Diciomar. louche aux portes du palais d'Héla [a}^ ' Hemdal aspire au souverain pouvoir: druide ' redoute;^ de celte partie des Gaules , il veut domider sur toiites. Il s'est fait un parti puis<*. saut paitiii les jeunes nobles, qu'un long repos irrite z à leur tète est le fougueux Isarne. Us projettfsbt de surprendre les peuples dont les troupeaux paissent sur le^ rives du Sabis [6], Mai& s'ife sortent de leur asile sacré ; )si ^ poos»sés d'un esprit ambitieux y ils veulent envahir les possessions de leurs ^voisins, ils attirercHSt sur eux Fattention des vainqueurs dé la Gaulé^ et leurs divisions causeront leur perte î«..»^. O puissante reine! que deviendra mon peuple?

Quel sera le sort de la patrie ?»

Ardoïaa se tut^ et,' comme toutes ses soeurs^ attendit en silence la réponse de la souveraine.

i^mmmm

[a] La morl.

[£] La Sambre»

9ii, LA y lEaCrEi D'IEDDÈNE.

^:.%a divine A odartëëtak pjôngëe'danàitine znédilatiba {wofoDd^ l'/]eU6;:leiBia: leolemeM son joptl; prophétique vers le^ioiel^ etv-selàndtf çoiih toîoQidediianliiqMea Allaitas , cbeiic^a fldns; lès £s«x ëtpîles. là >destiiiéeiiii£' $e& peuplebiobe^* .]ris.?N:!Long-*4empSj80B cegatid fut. «ombrer et rèyewr ; tèiièl'^VcÇ^ '^n asire; ibdllinit! nr^eu t à paraître; rempli^!: des» pdosécis que«^on 3is|ieet lai inspire ^ |Àii^afrle«'dcrie r^crNdii^ Jaj|»9trîe né périrîL poinili.. O^terre fécoodip lenr-kérosl •^pelles nobie&génlecations'sortefiitrde ^a aéiii ! Ëlies.se succèdent et forment aiusi^ aiecla suite des sièclese^ Jes degrés mystériew: < qui doii/:ent élever ta gloire immortelle 1.;. «/Que le fugitif rentre dans son^béritage! Qûis Ixi vierge dont TesclaTage n'a point courbé la'tètey dionàô sa main libre encore, au fils des. Gaulesl ••.'.: qu Idoine soit l'épouse du hérosL.v^. Tel est l'arrêt du Destin. »

^ ces mots^ Ardoïna pousse un cri de joie ^ elle a reconnu le béros et les destinées de l'empire des Gaules; la majestueuse Andarté lui désigne l'étoile radieuse^ et la troupe assem-

blée, lisant ayec^Ue dans les cieux, fait éclater ses transports; Ardoïna reçoit les ordres de la souveraine 5 et toute entière aux vastes pensées de ravei^îr, elle s'élance dans les airs^ et dirige son vol vers les contrées qui retiennent encore le guerrier cher aux déesses gsuiloises.

Cependant^ les fées célèbrent dans des danses mystérieuses les destins futurs de la patrie ; leurs choeurs niélodieux répètent les noms fa^ meux qui doivent Tillustrer^ tandis que les sons aériens des harpes et des cystres d'or> marquent la cadence ; mais bientôt la divinâ harmonie se perdit dans les bois^ avec le souffle précurseur du matin; et les lueurs blanchissantes de Faube ne laissèrent voir sur le gazon que les cercles magiques formés par leurs traces légères ^^

yi) Ds ifwic part. ] M Drusu$ , qui avait accompagna Auguste, s'arrêta à Lyon , et fit élever en l'honneur de c^t empereur un magnifique temple, à l'érection du» quel soixante nations gauloises contribuèrent. Ceux de Narbonne , de Nîmes , de Béziers et èe Bonne sur le Bhin lui érigèrent aussi des auteis. Ou voit encpre k Narbonne unepierre de marbre blanc, oiid'un coté on lit le vœu que cette ville fit de lui offrir de certains sa- ^crifiçes et à certàilis jours ; et de l'autre , les lois et conditions sous lesquelles cet autel était dédié. »,( Mé* Eerai ; Histoire de France avant Clovis\ liv. i , p. 72. )

(2) Du nom mystérieux de fées. ] Les meilleures autorités attestent que ces êtres qiy^térieux , connus de<puis sous le nom de fées , n'étaient autres que les pro-

, phétesses et les druidesses gauloises , qui choisissant pour demeure les antres profonds, les fontaines salutaires et les vallons déserts, étaient devenues pour nos ancêtres les divinités des lieux 011 l'on avait coutume de les consulter.

(3) V antique forêt d'Arduhne. ] « Arduena , dont » nous avons fait Ardenne , est un mot celtique qui » veut dire noir-^sombre. Il se dit en particulier des fo- » rets épaisses et ombreuses. Les Bas-Bretons , pour ar^ » coéty duen qui signifie la Forêt noiro, disent seules

to mie njt jirduen, » ( Religion t^es Gaulais / dom Martin ; tom.II, pag».43.)

C'est par ce motif que j'emplpie le mot Arduëne , pojgir désigner le lieu de la scèmeoiLsepasse mou action , parce que ce- mot m'a semblé plus poétique.' '

(4) Proteepftices de Dii^odùre, ] uDiuodure (Metz)/fc'àpitaSe du pays des Médiomatricietiâ ; elle est située à l'endroit oh là Seille se jette dans 1a*Moselle. Sa sitna-^ tion est des plus belles et des plus agréables , et on lui donne, à bon-droit ,'le titre dé délicieuse^ par raffluencè de toutes softê^ de biens^qui y àbowdenl. Le poëtéï^ortunat en a fait une magnifique description, mais qm, certaioèiheiit n-Vst'pas exagérée. Eh voici là traduc^ tion : •

<( La Moselle roule ses èàux tranquilles dans son vaste «.lit, apportant les objets d'un cordmerce éldfgné , au » sein de cette terre si fertile.

» Les ondes poissonneuses de la Moselle s'ènorgueiî- » lissent de voir sur leurs bords Metz , cette ville su- » perbe. Les sillons yerdoyans sont tracés dans une » campagne délicieuse: d'un cote ^ les moissons étalent >» l'or de leurs épis; de l'autre , naissent raille bosquets >» de roses. Les nombreux coteaux se couvrent de pam- » près touffus. La fertile nature s'efforce de varier ses » produits ; mais cette ville déjà si fortifiée par ses rem- » parts et le fleuve qui l'entoure, est mieux défendue » encore par les brillantes qualités de son chef. >»

Tout s'accorde à désigner Metz comme le centre des honneurs qu'on* décernait aux déesses -^ mères, témoin l'inscription suivante rapportée par Gruther , Montfaucon , Meurisse , et traduite par dom Martin :

«< Ceux de la rue de la Paix ont consacré aux déésseS'

rS ITOTES

» Rendez comme vos flots mes vers majestueux ;

» Donnez-moi , pour vous suivre , un style impetaeax*

» Que ces monts , dont la tête est voisine des nues,

n Me laissent pénétrer sur leurs cimes chenues;

» Et qu'^ des yeux mortels il soit donué de voir

» Des eaux que vous versez l'immense réservoir.

M Filles de l'Océan je verrai vos compagnes

M S'élancer , conime vous , du sein de nos montagnes :

» Et la Sarre et la Meurthe , à m^s yeux attentifs

» Offriront le berceau de leurs flots fugitift.

» La Saône ^plus tranquille et plus lente en sa course,

» Dispense à d'autres lieux les trésors de sa source ;

» Et ses flots retenus p^r un charme secret^

» Au Rh,6ne impatient vont s'unir à regret.

» Nayades de nos bords , vos ondes égarées

>• Gourent vivifier de lointaines contrées :

w Précipitez leurs cours, mes regards empressés

>i S'arrêtent aux sommets des monts oii vous naissez. »

( Poème des f^ûsges \ par François de Neufchateau. y

{8i),Dès Lèuçiis.'] «Toul était la capita1ei]eft£i^«ct/>. Ils possédaient, du temps.de César une grande étendue de pays. Ils avaient le pays Messin au nord , ceux de Langres fiu midi, le pays de Rhein^s au couchant, et les montagnes des Vosges et de l'Alsace à l'orient.

» Pline dit que de son temps les Leuciis étaient un peuple libre I et Lucain loue leur adresse à lancer le dard et à tirer de l'arc. » [Antimites de MetZy p. 38.)

(9) Depuis long'temps, ] Ceci ressemble beaucoup à

"^ la fontaine Âcadine que les poètes placent en Sicile.

Cependant }*ai cru pouvoir la transporter dans les Âr-^

dennes, d'autant plus que cette foret fut célèbre

DD LIVRE PREMIER. ag

de tout temps par ses eaux ma^pques , et qu'on troure la description d'une sen^blable fontaine dans les Recherches sur la France , de P;isquier , et dans un roman de chevalerie>y écrit en vieux langage , et intitulé : Le paladin à la lance d'or.

(lo) De r amour et de la haîne.l "I^ux fontaines différentes coulent dans la forêt des Ardennes; Tune remplît le cœur d'amonrenx désirs ; celui qui boit de l'autre reste sans amour , et son ame est glacée. » ( Arioste; Roland furieux ; chant i*', p. 6i. )

(i i) Flammes de T amour* ] C'est dans la foret des Ardennes que l'immortel Arioste fait paraître les déités fantastiques , emb le mes des passions.

« Enfin le Dédain sous la figure d'un chevalier aux i# armés d'or , portant poUr cimier un joug brisé , dé- » livîre Renaud du funeste amour qui le retenait sous » sa puissance ; mais pour terminer la cure, le che- » valièr conduit le paladin aux bords d'une fontaine » dont l'eau pure et fraîche attirait* souvent les ber-* >« gerset'les chasseurs ,mais on ne voyait ui moineaux » ni tourterelles sur ses bords;, cette fontaine était >» celle dont la puissance éteignait les feux de l'amour. » ( Arioste ; Roland furieux ; chant 42. )

A ces eaux iner veilleuses joignez celle deSt.-Hubert , qui, plus fanaeuse, conserve, dit-on, encore de nos jours, le pouvoir S'apaiser dans ses froides ondes les funestes effets de la rage.

(123 i)zi Tiom de reines fi «^Qihenart, auteur du dixseptiëme siècle , d^ns ses Antiquités de Gascogne cite une inscriptiop dont le sens est » que ce monument a été consacré au temple des dames du pays des Auscieds,

3o NOTES

peuples' de la Novempopulanie. Le terme à*hera , qui ne se dit que dés maîtresses à l'égard des esclaves , exprime fort bien la dépendance que les Gaulois s^maginaient être entre le^ personnes et les fées ; en sorte qu^un homme ne manquait jamais d'être ce qu'elles avaient statué, u {Religion des GauhiSy toi|ie 2 , p. 167. ) ,

(i3) De V astre des nuks,'\ «Cent ans avant la naissance du Christ , il y avait à Toulouse un lac cél«breconsacnQ au dieu du jour, et dans lequel les Tectosages* je^ taient en offrandes , de l'or- y de l'argi^ût avec profusion, tant en lingots , et mpnnoyé, que mis en œuvre et façonné comme ^es meules d'argent massif. » ( Orôse^ liv. 5, ch. i5 ; Sirabon, liv. 4; Cicéron, Dé la nature des Dieux ,\\\. 3 ; AulugeUe^ liv. 3, ckap. 9. )

(i4) La naissance et la mort S] uUn savant dit q^^i'çta^f toujours représentées au nombre de tirois , elles soat Timage des. trois temps qui forment la vie de l'homme : la génération, la naissance et la mort. >» (Albert s , Antiquités romaines , p. 47 • )

<c Nos ancêtres appelaient ces mères , etq. , les trois » ^o?E/r5 , QU les trois Parques / elles présidaient; selon » eux à la naissance des hommes^ am^quels elles €om- » muniquaient dës-lors, s'il leur en ^rtnait fantaisie f » le pouvoir de se transformer en loup, et* en toutes >» sortes de bêtes , qe qu'on appelait au commence- » ment du onzième siècle, vervoljhn. Elles influaient M si fort sur le genre et les différentes circonstances de n la vie , qu'on ne manquait jamais d'être ce qu'elles >t avaient résolu qu'on fût en particulier. Les femmes >» des Gaules avaient coutume , certains jours de l'an- » ' née , de dresser dans quelque apparteihent seciret de » leur maison, une table chargée de mets et de bou-

DU LIVRE PREMIER. 3i

» teilles avec trois couverts , afin qne* les troh sœurs M Tinssent prendre un repas chez elles/ et qu'en ré- M compense elles fissent pleuvoir en tout temps dans » leurs maisons les biens eo abondance. » (Buchar4:( i^cr. / Hv. i7,tom. 5. )

(i5) Un nom mystérieux,'] «Les trois Parques nom«> mées par les Grecs, Clotho y' Làchési's et Atropos ^ ont des noms trës-expressifs dans VEdda; on les appelle Urdj Verandë et Skuldy ou ce qui revient au même ïVierd, Tf^esende et Zullendcj trois termes des verbes flamands wesen et worden^ élre et devenir : JVierd exprime le passé \ JVesende , lé présent , et Zullende le fatur..

» Les Parques étaient les symboles de'cette grande et: célèbre division du temps ; lé fuseau filait le cours entier de U vie humaine. »» (Champs^Èlj^sées ; de Grave, toiB. II, p. 28. ) ......

(16) Libératrices,'] «Quand nous disons qu^ les déessesmëres étaient les Parques , nous lîe les regardons pas sous ridée de ces divinités inflexibles et implacables qu'on s'en forme quelquefois; mais nous entendons trois sœurs qui présidaient à la conception , jaux en-« fantemens , et décidaient de la longueur ou ;de la brièveté de la vie, du bonheur ou du malheur des personnes , et enfin des richesses ou da la pauvreté des familles , selon qu'on s'étudiait à les gagner.

» Les femmes grosses ou en travail leur dressaient des monuméns , témoin une inscription trouvée à Lyon. » {Dom Martin;^, 169, tom. I*'.) ^

{x']) Destinées victorieuses.] « Une médaille d'or de Dioclétien a pour revers trois femmes avec cette le'-

3a NOTES

géode : Fatis victribus. dux destinées ifictorieuses. » (Religion des Gaulois; Dom Martin , p. 167 , tom. I*'. y

{18) Le doux nom de mhres. ] «< Le culte des déessesmëres était célèbre dans toutes les Gaules. Le nom de mëres, attribué à ces divinités, sympathise avec les femmes officieuses qui donnaient toute leur attention au service des blessés et au soulagement de^ malades. On les représente avec des fruits et des .fleurs , pour exprimer , sans doute , la nature des bienfaits que l'on attendait d'elles. » {MénestriiT j p. 7.)

(c Ce qu'il y a de plus surprenant, c'est que presque jusqu'à nos jours, le gros du peuple tenait que les prétendues divinités que les anciens connaissaient sous le nom de Parques , de Mëres, Matrones , Dames , Junons, Hérës, Gomodëves , etc., subsistaient encore : à la vérité,. c'était sous le nom de fées; mais qu'importe que ce fût sous un autre nom , puisque le. démon y trouvait toujours son compte en tenant les hommes dans Terreur , en se jouant de la crédulité des personnes simples. C'est là l'origine dé ces merveilles qu'on débitait de ces puits de fées , de ces î lurs aux fées , de ces antres , de ces fontaines et autres lieux semblables , disperses en diiFérens endroits de la France , oii l'on croyait bonnement que les Parques habitaient, et d'oii elles v^enaient prendre des repas dans les maisons des particuliers, y* {Dont Martin, "p.,.» tom....)

f (19) Les chastes filles de Sena,"] « L'île de Sain est sur la côte occidentale de la Basse-Bretagne et du pays de Cornouaille; elle était autrefois célèbre p^r l'oracle d'une divinité qu*adoraient les Gaulois. Des femmes étaient chargées des sacrifices ^ des mystères , et de tout co qui , au dedans et au dehors , concernait le temple

où se rendaient les oracles. Le nombre de ces femmes ou prêtresses^ était fixe à neuf; elles gardaient toute i leur vie la virginité ; leur état et leur condition les faifiaient passer pour être animées d'un génie tout particulier , et pour être éprises et transportées d'enthousiasme. Elles usaient de charmes qui avaient la force d'exciter des tempêtes sur la mer et dans les airs , de prendre la figure et la fornie des animaux qu'il leur /^

plaisait, et de guérir les maladies absolument incurables. Enfin , elles pénétraient l'avenir et se découvraient seulement à ceux qui naviguaient, et qui se mettaient exprès en mer pour les venir consulter. Du reste , elles n'avaient d'autre nom que celui de l'île qu'elles habitaient, ou , ce qui paraît plus vraisemblable , l'île avait pris le nom de Sena (Sena est un mot gaulois qui 5/gnifie vénérable y ancienne, dame) de celui qu'elles portaient et qui renfermait quelque sens mystérieux que l'histoire n'explique pas. » {Pomponius Mela^ liv. 3, ch.6. ) A

(20) De V affection des déesses.^ « Avant que le christianisme eût dissipé les ténèbres de l'idolâtrie, IçMont- St.-Michel , en Bretagne, s'appelait Mont-iBe/e/ï , parce qu'il" était consacré à Belenus , ou Apollon , l'un des quatre grands dieux des Gaulois. Il y avait sur ce mont un collège de neuf druidesses; la plus âgée rén- ,

dait des oracles. Elles vendaient aussi des flèches qui avaient la vertu de calmer les orages, en les faisant lancer daifs la mer par un adolescent, chaste encore. C'était lui qui portait aux druidesses les od'ràndes des marins; les vierges l'initiaient , dit-on , aux mystères; et le jeune nautonnier , à son retour d u temple, s'at taehait sur les épaules autant de coquillages qu'il avait

subi d'initiations. » ( Extrait de St-^Foix , et du vûjraffe au Mont^Dol et au Mont-^t'-llfichel. )

(21) Le vague des airs,'} « Les Gaulois disaient qu'il y avait des femmes champélres qu'ils appelaient sHvû'tiques j qui avaient un corps , et se montraient à ceux qui avaient su les toucher , et leur accordaient les dernières faveurs : après quoi elles s'évanouissaient et se rendaient invisibles. Ces sylphides , sulphes et silvatiques ont eu aussi le nom de silvaines. » ( Burh ; dé" creL ; liv. 19, chap. 5. )

(22) La vierge des ronces» ] « Les Gaulois allaient aussi offrir des vœux et des sacrifices aux ronces et aux vieilles épines qui bornent les champs , ou plutôt aux divinités champêtres que ces broussailles représentaient. »» {Dom Martin ;loia,V^y-p, 127.)

(23) Délier sa ceinture, ] Il y a près de Metz une source appelée la bonne fontaine , k laquelle on ai-* tribue des vertus médicinales. Il est d'usage encore d'aller, dans les premiers jours de mai, boire de ses eaux dès le matin : c'est une sorte de partie de plaisir.

La tradition raconte , que cette source est habitée par la vierge, mais qu'elle ne se manifeste qu'à celles qui lui ressemblent.

. (a4) Sans invoquer les déesses, ] « Les Quatrivies étaient des divinités qui présidaient aux chemins a quatre issues. Les Gaulois avaient encore leurs Bivies çt leurs Trivies pour les chemins à deux et trois issues. » ( D&m Martin^ pag. 179, tom. IL )

(25) // leur élhve des celles,'] « Les Gaulois qui avaient un grand respect pour les femmes , érigeaient aux Déesses-mères des chapelles nommées Cancelliy et y

portaient leops offraadas avec de petites bougies : en-^ suite |aprë$ »voir prononce quelques pa4*oles myslé^ rieuses sur du pain ou sur quelques herbes, ils les ca* chaientdans un chemin creux Ou dans un arbre, croyant par-là garantir leurs troupeanl de la contagion et de Va mort même. Ils joignaient à cette pratique plusieurs autres superstitions dont on peut voir les détails dans les capitulai res de nos rois , et dans les anciens Rituels qui les défendent. Serait-ce de-1 à quevient la serpersti* tion singulière pour certaines images dans les villes et dans les campagnes ? Serait-ce encore de-là que vient parmi les villageois la persuasion des enchantemens et du sortsnr leurs troupeaux, qui subsiste toujours dans plusieurs pays?.G'esi un spectacle bien frappant pour un homme qui pense , que celui de la chaîne perpé-tuelle et non interrompue des mêmes préjugés , de^ mêmes craintes et dés mêmes pratiques superstitieuses. » ( Encj-clapédie j tome IV, pag, 78 1. )

(26) Divinités volages, ] <f Les Gaulois érigeaient à ces fantômes de divinités, des chapelles à la campagtie qui portaient le nom de Cancelli ^ ils s'y transportaient avec des bougies, y faisaient des offrandes , y sacrifiaient une truie ; prononçaient des paroles magiques sur du. pain , sur des herbes , ou des ligatures pour les channer, et cachaient ces choses dans un arbre, ou dans des chemins à deux , à trois et à quatre issues , et prétendaient par-là, non-seulement garantir leurs bestiaux de toute contagion ou de la mort inèm^ ; mais encore ils croyaient procurer la perte des troupeaux de leurs ennemis. Il y avait bien d'autres superstitions qu'ils pratiquaient ; on peut; les voir dans Sain t-Faus tin ^ dans Saijit-Ëloy, dans les Conciles des Gaules, dans les

Capitulaires de nos rois, et enfin dans les Pénitentiaux ou Rituels des églises. >» (Dom Martin; tom. II , pag. i8i. )

« Qu'on ne fasse point de lustrations , qu'on ne jette M aucun charme sur les herbes, qu'on ne fasse point »> passer le bétail par un arbre creux , on par un trou »» de terre ; que les femmes ne pendent point à leur col »> des grains d'ambre ; qu'en travaillant à des ouvrages » de toîle ou de tapisserie , ou n'invoque point Minerve, • ni absolument aucune autre divinité.

» Qu'un chrétien n'entre point dans aucun temple , M ni ne se rende avec des bougies aux termes ni aux » celles , ni à des lieux qui font le concours de trois che-* •> mins , pour y faire des vœux. Qu'on ne pende point à » son col la courroie d'aucun homme ou animal quand » même on le verrait faire à des ecclésiastiques. » [Le père Lecointe ; tome P', pag. GgiS, et tome III, pag. 4^4')

(27) Par des charmes secrets, ] « Dans le glossaire de Ducange , il est parlé d'une espèce de femmes qui sont appelées Lamies , et qui parcouraient les maisons durant la nuit , se glissaient d^ns les muids de vin » fouillaient dans les paniers, dans la vaisselle et dans les marmites ; enlevaient les enfans des berceaux, allumaient les chandelles , et tourmentaient quelquefois les personnes qui reposaient. >» (Grégoire de Tours; Hist» Fn ; liv. 5 , pag. :ti6. )

La croyance à ces fantômes existe encore parmi le peuple de» campagnes : on les nomme , en Lorraine , Sotrai et LameuiL Ce dernier mot parait dériver de celui de Lamie,

{^) Annonce sa présence. ] « Ce démon «stce que les auteurs ont appelé , d'après le psalmiste , le Démon du

mdi. Les Grecs avaient aassi leur démon dumldî, qu'ils nommaient Empuse. C'est , dit Suidas , un spectre ou uu démon qui est au service de la Lune , lequel apparaît aux voyageurs et se montre sous diverses formes. Le nom d'Empuse lui a été donné parce qu'ayant un pied d'airain dont il ne peut se servir ^ il ne marcbe que sur l'autre ; ce qui fait qu'il semble plutôt se ruer que marcher. Cet Empuse ne se montrait et ne se communiquait à ceux qui étaient initiés aux mystères de la Lune 9 que dans les enfônceméns ou des lieux fort obscurs ; le bruit ordinaire est qu'il parait encore vers midi 9 quand on enterre les morts et qu'on^ leur rend les derniers devoirs. Cependant , ce spectre , ou cette divinité si l'on veut, ne passait pas toujours pour mal*faisante ; an contraire, elle venait donner de bons avi« à ceux auxquels elle s'attachait ; elle choisissait le temps de la nuit pour n'être point aperçue , elle ne parlait jamais qu'à voix basse ; surtout le tijotement d'oreille était pris pour marque de sa présence. » ( Dont Mar^ fin ; tora. II , pag. 64.,)

(29) Parcourt les airs.']i <k Cette troupe eu société s'appelait Holda. Les femmes , toutes couchées qu'elles étaient à coté de Ieur.s mans^ sortaient 1«$ portes ferimées, s'élevaient dans les nuea, traversaient les. airs « tuaieot, sans le secours d'aucune sorte d'armes visibles, des hommes baptisés et rachetés» du saiig.de J.-C. , fiai* saient cuire leur chair et la mangeait; ouvraient leurs corpSj ûaar^^^baient le cceur, à la place duquel elles substituaient de la paille , du bois ou ai|tre chose ; mangeaient le ' cœur et faisaient revivre le corps comme auparavant. Ces courses étaient quelquefois entreprises pour aller livrer des combats & d'autres femmes sem«

blables , los blesaer et en recevoir réciproquemeat dev l^lesMiv^s. Au reste , tWfs ne pouvaient se dispenser de se trouver à ceis assemblées ou caravanes , dans i'éqaipage qu'on dit,

{> Salisberj , dans sa Poljcratie ou amuseowns de la cour : « Que nous vient-^on conter, dit'^'il , d'une cern Ukiwt'Nociicula #u- Bérodias , on présidente souve- » raiB« de la nuit, qu'on assure tenir ses assises et as- » sembler son conseil pendant la nuit ; doaner des >» festins.; occuper ses ministres à diverses ftnKtions; » foire punir les uns à proportion d« leurs fautes et i» élever les autres aui .emplois les plus g4orieui( ; livrer » des jenfans^auK Lumies qui dépècent les uns et dévo- « rent les autre»;' enfn ordonner de remettre dans » leurs berceawL ceux pour qui elle est touchée de c<»ttn passion? >» ( Dom Martin ; tom. II , pag. Sg. )

(3o) La Bensozia, ] « Burchard, savant canoniste dn » douzième et du treizième siècle , dans la collection ^ qu'il a faite des décret» qui avaient paru jusqu'à Ini, » s'élève fortement en jplusieurs endroits contre les »' fen&mes de son tei]ftp^, qui étaient entêtées d'une >» troupe de démons transformés en femmes , lesquds 4» s'associaient toutes les Gemmes qui voulaient prendre » parti avec eux, et allaienit ainsi durant la nuit, tantes » montéessur des betes, faire de grandes conrses4l ans^les i» airs, ayant àieur léte Dmne q u'onappelairt encore Hé* n .fvdias et Bensoua , dont il fallait dépendre sans ré- » serve et lui obéir aveuglément. » (Rehg. iies Gakioii; 4am. II, p« 6e. )

u Des statuts mannseritsde l'église deCouserans , des » tneiaième et quatorzième siècles, font e-ilcore men- » tion-'des femmes qui faisaient métier d'aller à cheval

M pendant la nuit avec Diane , divinité du paganisme , n ou avec Hérodias ou i?en^ozm, et faisaient inscrire » leur nom dans le catalogue qui contenait toutes celles » de leur sexe qui passaient pour déesses. » ( Idem ; tom. II , p. 59. )

(3i) De ses mamelles. ] « A Tentrée d'un ancien 1» temple , qui subsiste encore à Montmorillon dans le » Poitou, on voit* une femifie sans vétemens, enlevée » par deux serpens , sur lesquels elle est comme montée » pour aller dans les airs , et auxquels elle se tient pour » ne point tomber et pour être plus ferme; c'était vî- M siblement le modèle de la contenance^ que tenaient » les femmes dont nous avons tant parlé, dans les » cavalcades qu'elles faisaient à la suite de la lune de » Ndctîcula, A^ Hérodias ou Bensozia^ comme on l'ap- » pelait encore. » (Religion des Gaulois; tome ÏI, page65. )

(32) Déesse des augurés. ] Les Gaulois et les Bretons honoraient d'un culte excessif une divinité , les premiers sous lé nom àHAndarté ^ selon cette inscription

trouvée à Die :

De avg

Anoàrtas

m. ivl. ante

NiNVS.

les seconds sons le nom XAndarie oa èJAndiUe , au rapport de Dion. Quoi qu'il en soit, les uns et les autres appelaient ainsi , chacun en leur langue , la victoire personnifiée. Il est à crdm que c'est cette divinité qui se trouve si souvent représentée sur n<». monnaies ga^u^loises , tantàt avec un casque ailé, tantôt

4o NOTES

avec un casqué sans ailes, ou* enfin avec des ailef sans casque.

u Dion , qui nous a conserve le nom et le culte de n cette déesse , dit que Bunduica était is9ue des roi$ )> qui avaient commandé aux Bretons que les Romains » suaient subjugués ; que cette princesse indignée » non-seulement de l'affront que les vainqueurs avaient M fait à ses deux filles , n^ais encore de leur extorsion y » et du dur esclavage où ils tenaient la nation , porta » ses peuples à la révolte ; et que s'étant mise à la » tête de cent vingt mille hommes, elle leur fit une M peinture vive et pathétique de l'avarice, de hi » cruauté et du luxe des Romains, et leur mit en M même temps devant les yeux la gloire et la facilité y* qu'il y avait à se tirer d'une si honteuse servitude , M ou à mourir dans une entreprise si éclatante. Quand M elle eiit ainsi échauffé et réuni tous les esprits , .elle » lâcha de son sein un lièvre pour consulter les augures. M Cet animal fit des tours et prit sa course d'une ma- « nifere , laquelle, selon les règles de ta nation, pro- » nostiquait un heureux succès, ce qui fit pousser de M grands cris de joie à cette multitude. Bunduica , sanS^ » perdre de temps , fit ses vœux à Andarté , marcha » droit aux ennemis , les défit , prit plusieurs villes et »> massacra tout, sans épargner les femmes romaines, » même les plus nobles et les plus vertueuses. Pen- » dant que cette scène se passait , les Bretons étaient M occupés à de grandes réjouissances et à des festins >* somptueux qu'ils faisaient en des temples et surtout' » dans les bois consacrés à Andarté. » ( £>. il/.; tom. II,' page 12.)

D'après ce récit ^ Dom Martin regarde Ândarté

DU LIVRÉ PREMIER. 4r

comme la déesse des^augures , et son opinion se fonde sur les bas-reliefs de la colonne de Cussi oii cette divinité était représentée.

(33) Venceinte consacrée,'] « Les Gaulois consacraient des forêts entières à de mauvais génies qu'ils nommaient duses ; ou pour mieux diie , ils croyaient que les forets leur étaient consacrées et qu'ils en étaient si bien en possession , qu'ils n'osaient ni en abattre ^ ni m.ême s'y rendre que pour y offrir des sacrifices. » (Z>. M. ; lom. P', p. igo. )

■ « Lorsque le Gaulois soumis par la terreur, pénètre dans ces vastes solitudes, il s'avance en tremblant , il frémit au seul bruit de ses pas ; effrayé de ce silence menaçant , son cœur bat avec force , sa vue se trouble , une sueur froide coule de tous ses membres ; s'il tombe, les dieux lui défendent de se relever ; il se traîne bors de l'enceinte, il rampe comme un reptile parmi les bruyères. » ( Gaule poétique; tom. I*', p. 70.)

(34) Qu^ elles protégeaient,'] « C'était aussi le sentiment des anciens, que les Parques ne dédaignaient pas de se faire voir aux bommes , de fréquenter les familles qui conservaient l'innocence et pratiquaiept la justice et la cbasteté. ( /^e/z/Q^ic^n des Gaulois \,Xome\\^

page 179- )

(35) Protectrice d^Arduène,'] « Ardmne on ardoina , est un mot gaulois composé de duin, goufre, et de l'article ar. Dans la vaste forêt d'Ardennes , il y avait plusieurs endroits marécageux oii les eaiix se rassemblaient et formaient des goufres. C'est dans ces lacs que les Gaulois honoraient Diane , avant qu'ils eussent* l'usage de représenter les dieux sous àe% figures sen^

sibles. La raison pourquoi no9 pères donnaient à Diane le nom à^Arduina , était sans doute parce que cette déesse se plaisait à faire son séjour dans l'eau ou à y prendre les plaisirs du bain.

Je croîs aussi que les Gaulqis en usaient ainsi , parce^ que , ne faisant de Diane et de la lune qu'une même divinité , et sachant que la lune influe beaucoup sur l'accroissement et le décroîssement des eaux , ils voulaient Uonorer la part qu'elle avait à ce phénomène. » ( D. M. ; Religion des Gaulois ; tôm. II , p. 44- )

«( Ardoïna ou Diane fui adorée dans les Gaules. On voit encore dans un bois voisin d Ëpternach , ville du pays de Luxembourg, un ancien monument de Diane , fort bien travaillé, mais qui se ressent fort des injures du temps , sur lequel on lit cette inscription ;

Des^Diaiib

Q. PoSTIJBilVS POTEN8 Vw S. »

( Dom Martini tom. II , p. 49* )

u La foret des Ârdennes , qui était la plus grande qui tût dans les Gaules, fut aussi honorée sôus le nom d'Arduina , et cette divinité , par succession de temps y fut convertie en Diane. C'était à l'exemple des Phéniciens qui adoraient les bois consacrés , et qui avaient des i.doles qu'ils appelaient du nom de ces bois. - »Si l'on doit juger des honneurs que les Gaulois ren» diâentà Diane par celui qu'ils iui faisaient de lui consac^r oette. forêt , de l'adi^rer et de lui faire'porter son nom yiï faut convenir qu'ils devaient «tre bien grands, . et fépondire en quelque sorte à l'étendue immense du pays que cette foret contenait ; puisque , quand le culte

de Diane aoraît^té renfermé dans les seules Ardennes , et restreint aux peuples qui bordaient cette foret , cette divinité anrail été adorée par une trës^grande partie d«a peuples des Gauks. Il est vrai que les Ardennes n'occupent à présent qu'un pays de trente-cinq à quarante lieues; mais elles avaient du temps de César beaucoup plus d'étendue , puisque d'un côté elles traversaient tout l'areiiev^chéde Trêves et allaient presque jusqu'au Rhin ; et que des autres c6té» elles s'étendaient jusqii'à Rheims et au Tournesis en Flandres. Cependant il esH certain que Diane était reconnue dans toutes les Gaules , comme les mouumens et les inscriptions qui n oos F'e^nt de cette divinité en font foi.

» On peut juger de l'antiquité du culte de Diane dans ce pajs, par l'anlsienneté de son nom ; car il ne faut pas douter 4^e , du aom celte Arduina , qui est celui de Diane, ne soit venu celui de la foret que les Romain» appelaient Ardenwa, Or , il est constant que ceinte fbrét portait le nom ^Arduena long*-temps avant q ue les Ronaains fussent maîtres des Gaules. » {Dom Martin ; tom. Il , p* ^3. )

(36) Bénir hwrs destins, ] Il parut , en; i8o6, «n ou^ vrage intitulé , République des Champs^Èfys^es ,- chu Monde ancien y dans lequel, on démontre principa-r* lement : ...

M Qae les Champ»-Éljf-sée»et l'En^ferde» anciens sont « le aom d'une ancienne république d^honnttes juste» » et religieux , située à l'extrémité septentrionale de N la Gaule;

t» Que cet Enfer a été le premier sanctuaire de Tîniw tiation aux mystères;

» Que FÉlysëe est le berceau des arts , des sciences et » de la mythologie ;

» Que les Élysiens , nommes aussi sous d'autres rap- » ports atlantes , hjrperboréens , çimmériens^ etc. , ont » civilisé les anciens peuples, y compris les Egyptiens » et les Grecs ;

u Que les dieux de la fable ne sont que les emblèmes w des institutions sociales de TÉlysée ;

» Que la voûte céleste est le tableau de ces institu* » tions et de la philosophie des législateurs atliantes ;

>» Que l'aigle céleste est Tembléme des fondateurs » de la nation gauloise ;

» Que les poètes Homère et Hésiode sont originaires »> de la Gaule Belgique , etc. »

Ce singulier ouvrage, si propre à flatter l'orgueil national en prouvant que notre patrie, fut le berceau des connaissances humaines et la source des traditions les plus augustes, est dà à M. de Grave | ancien conseiller de Brabaut et membre du conseil des anci«BS. J'ignore de quelle estime cet ouvrage jouit dans le monde savant , maïs j'ai cru devoir m'appuyer de sou autorité toutes les fois qu'elle pouvait servir à confirmer un fait honorable à notre nation. Je ne me permettrai point de juger si son système est exempt de défauts, mais je puis au moins assurer qu'il est attrayant et persuasif. Il serait à désirer que les auteurs français se défissent un peu de ce dédain superbe oii les ont eii:trainés les préjugés romains ; je dirai méme^ avec M* de Grave :

(c Quand on entend traiter nos ayeux de bons Gav*^ » lois , de barbares , on est bien tenté de s'éci'ier , à » l'exemple du vénérable pontife de Sais, qui repra-

M chait au législateur Solon l'ignorance des Athéniens » sur leur origine : O Gaulois ! Gaulois ! vous êtes M toujours des enfans quelqu^âgés que vous soyez; » aucun de vous rCa V'insiruction ni Vexpërience de » son âge y et vous efe* tous des no^^ices dans la connais» » sance des antiquités de votre paj-s. »

« L'opinion, dit encore M. de Grave, qui détermine le*cinquantiëme degré de latitude comme étant celui sous lequel existait la république des Atlantes , parait la plus raisonnable comme elle est la plus universelle ; car, dans les climats oii la nature a moins fait pour l'homme , l'homme a plus fait pour lui-même. La nécessité a enfanté l'industrie , le travail et les privations ont enfanté les vertus, et les vertus, en perfectionnant les institutions^ ont pu, ont dû former une société aussi parfaite que l'esprit humain peut la concevoir et l'offrir ; ce chef-d'œuvre de la civilisation n'a trës-probablement dû exister d'abord que sous un ciel oh les vicissitudes des saisons forçaient à la pré* voyance , à l'activité , et développaient les facultés morales et physiques. La raison nous défend donc de chercher cette république dans ces régions délicieuses, oii l'homme est livré à l'inertie et au délire des sens , que la fécondité du sol ne tend trop souvent qu'à dégrader. Là , les peuples inventeront peu , feront d'euxmêmes de trës-faibles progrès vers l'ordre public ; ils ne l'amélioreront que par imitation et sous l'influence d'an grand homme. L'expérience des siècles , celle des temps actuels , viennent à l'appui de cette assers tîon. w {République des Champs'Éljrsées , par M. de Grave; tom. I", p. i8. )

(37) A de glorieuses entreprises. 1 « On remarque que

les Gaulois, qui avaient pris Rome^ assiégé le Capitole et vaincu taut de fois lies Romains sous le gouvernement des femmes , en devinrent tributaires par la trahison d'un druide , de cet infâme Divîtiac à qui César dut ses conquêtes par les jalousies et les intrigues que le perfide semait sans cesse entre les villes principales. » { Essai sur Paris ) Saint-Foix; lom. l", pag. 8. )

(38) Des chevaliers romains, ] Les Gaulois offraient de l'or avec profusion à leurs dieux , dit DidSore de Sicile : « Ce qui passe toute croyance, cVst la prodî- » giense quantité d'or qu'ils offrent à leurs dieux , et I» qu'ils jettent dads leurs temples, oii tout le monde » le voit , oii personne ne le garde, et oli personne » n'oserait y toucher. A cet or, iis joignaient les pré- » mices de leurs fruits , des pains , des habils , des » pièces de drap et une infinité d'autres choses ; de M même que les chevaux qu'ils prenaient sur l'er Kicmi, » en les faisant brûler avec le corps des ennemis qu'ils M avaient tués. Les sacrifice%qui se faisaient pour la » nation , la province ou le public , se renouvelaient » deux fois le jour , à midi et à minuit. >* ( Diodore de Sicile ; liv. 5 , pag. 212.)

Les dépouilles remportées sur l'ennemi , étaient en partie déposées dans les temples, plongées dans les lacs, ou attachées aux arbres consacrés.

(89) jiu pouvoir des vainqueurs, ] « Les druides n'avaient pas toujours été en possession de juger des dtffé- Fens qui survenaient entre les particuliers , ni de régler despotiquement les intérêts de la nation , et de décider de la paix ou de la guerre qu'il fallait faire. Les Gaulois avaient déféré tous ces honneurs à leurs femmes ,

quelque temps avant leur première expédition en Italie; parce qu'ils s'étaient bien trouvés d'avoir suivi leurs avis dans le grand feu d'une guerre civile. Elles jouissaient encore de ces honneurs et distribuaient la justice lorsqu'Annibal passa les Alpes pour aller assiéger Rome ; car un des articles de l'alliance conclue entre les Gaulois et Annibal , était que si un Gaulois avait lieu de se plaindre de quelque Carthaginois , le Gaulois porterait ses plaintes devant les magistrats Ou le général que le sénat de Carthage aurait établi en Espagne ; et lorsqu'un Gaulois ferait quelque tort à un Carthaginois, la cause serait portée devant le tribunal des femmes des Gaules. » {Plutarque; Dom Martin y tome 1%

pag. «97. )

« Il s'agissait d'élire un roi des Gaules , chaque cité voulait qu'il fût tiré de son sein ; les Bituriges ^ les EduenSfles Arvernes^ qui étaient les cantons les plus puissans, prétendaient s'approprier le droit d'électeur; nul ne voulait céder à l'autre; les esprits étaient échauffés : on courut aux armes. Déj^ les troupes étaient en présence , la trompette allait sonner l'attaque , lorsqu'une multitude innombrable de femmes paraît dans l'éloignement, accourant et poussant des cris. Le signal du carnage est suspendu , les rangs se séparent ; les femmes s'élancent au milieu des combattans, elles se font environner des chefs : le silence règne ; alors une d'entre elles , dans un discours plein de chaleur, leur prouve qu'ils doivent choisir dans toutes les cités le chef de toutes les cités , que le bien de la patrie commune dépendra de leur souverain ; qu'il faut, en quelque lieu qu'il soit, un homme sage , humain , juste , éclairé , et que de tels hommes ne se découvriront à eux

que lorsqu'ils auroat étouffé les petites passions qui les troublent , et vont peut-être précipiter les Gaulois dans les horreurs de la guerre civile , si on ne se hâte de la prévenir. Ces femmes par leur courage concilient les esprits ; le calme renaît ; la raison prévaut par l'organe de la beauté, et, des ce moment, le peuple pénétré d'estime et de reconnaissance , voulut qu'il fût établi , un tribunal de femmes qui décideraient de la paix et de la guerre et des différens entre particuliers. Mais elles ne furent pas assez long-temps dépositaires d'une au* torité qui imposait aux peuples voisins , et soutenait la gloire de la nation ; les druides, ces prêtres tyrans parvinrent à la détruire, comme étant un obstacle à leur toute puissance. » {Précis historiques sur les Gaulois^ depuis leur origine jusqu à la bataille d^Açtium\ pag. 7.)

(4©) Vendu la patrie. ] « Plusieurs cantons gaulois avaient des magistrats du nom de vergobret. Diviliac était revêtu de celte dignité lors de l'arrivée de César. Il était druide , grand ami de Cicéron , et en particulier hôte de Quintus , son frère. Il faisait profession de l'étude des choses de la nature et de connaître l'avenir. Comme il était lié d'intérêt avec le sénat de Rome, chéri et estimé des Romains , en particulier de César, il se soutint toujours dans son crédit et dans son autorité. » ( Relig. des Gaulois ^ tom. I", p. 199- )

(40 Assurer son triomphe,'] <c L'on sait que la politique des Romains , si bien imitée par les plus irréconciliables ennemis de notre liberté, fuT d'entretenir dans les Gaules des guerres intestines , et d'employer lès forces des trop crédules Gaulois à déchirer leur propie sein, afin qu'après sjétre ainsi épuisés et presque anéan«

fis, îlà tac fussent J)lus eh ttat ûe leur ôppo^t que de4 efforts langaissans ; et malheureusement les Cîautois , d'intelligence arec rambîtiori des Romains , ne travaillèrent que trbj) efficacement à accélérer leiir prbpré ruine., » ( Ori^, gi^uL) Latour-d'AuV. ; pag. 53. )

(42) Contre r oppression» ] A plus d'une. repme^ieft Gaules tout entières s'élevèrent <!ontre la domination de César. Voyez ^ dans ses Commentaires ^ la guvrre des •

Belges , la révolte des Carnutes , etc.

(43) TT arracher la 7>ie}^ « Pour donner plus de courage à ses soldats, Labienus proposa un prix à celui qui lui apporterait la tête à*Inducwrnare^ et fît sortir toute son infanterie pour les soutenir : l'entreprise réussit ; car ,' comme la cavalerie s'était répandue partout, selon Tordre qu*elle en avait , Jnduciomare fut trouvé au gué d'une rivière, et sa tête fut apportée au camp. » {Ùésarf liv. 5^pag. 154. )

(44) Repose dans nosforéts,'] « Basilius , suivant ces ordres, surprit ces barbares ; et ayant appris ({ujlm^ biorix était avec peu de gens en un château , tira en hâte de ce côté ; mais comme les maisons de la noblesse des Gaules sont ordinairement accompagnées d'un bois, et d'une rivière pour prendre le frais en été, ses gens arrêtèrent quelque temps les nôtres au passage , ce qui donna à Amhiorix le temps de monter à cheval et de s'élancer à travers la forêt. » ( César ^ liv. 6 , pag. i:]^* )

(45) Dans ton sein,'] « Catîvulce^ qui avait eu part à la révolte d'^m^/orio:, comme souverain de la moitié de l'État , ne pouvant, à cause de son grand^âge, supporter la douleur et les fatigues de la retraite , s'empoisonna

So NOTES

avec de rif^dont il crott beaucoup dans les Gaules. * {César;.liy. 6, pag. 175. )

{J\6).Che/i cCune illustre jeunesse,'] <« L'armée qui alla au secours d'Alexis y se montait à 8,000 chevaux et à a4o,ooo hommes de pied , sous le commandement de quatre chefs , Eporedorix , Viridjomare , Coma et Ver^ ^asiilaune , avec un conseil composé des députés de chaque ville ; ils marchent tous au secours de la ville assiégée, pleins d'espoir et décourage. » {César; liv. 7, pag. 245. )

«( Lucterie , hom.me audacieux et entreprenant , est chargé par f^ercingentorix du commandement d'une partie de l'armée dirigée sur Bourges. » {César ; liv. 6 , pag. 190. )

« f^édéliaCy qui commandait dans Autun de l'aveu de César, s'indigne d'avoir été nommé par le* vainqueur ; il parle secrètement aux jeunes guerriers et principalement à Litavique et ses frères ; il leur dit qu'étant nés pourcommander et dans une ville libre , il était honteux de servir ; qu'il n'y avait plus que ceux d'Autunqui retardassent la liberté des Gaules, et qui retinssent les autres par autorité ; et que s'ils abandonnaient la cause des Romains, ceux-ci seraient forcés de se retirer ; qu^à la vérité , il avait , lui , quelques obligations à César d'avoir prononcé en sa faveur; mais qu'il devait encore plus à la patrie : et pourquoi se contraindre à venir répondre de ses actions devant les Romains, plutôt que les Romains devant elle? Les jeunes seigneurs, touchés de ses exhortations , s'offrent pour chefs de l'entreprise, de sorte qu'on ne pensa plus qu'à l'exécuter, m ( César; liv. 7, pag. 21 5.)

M Zii/c/erie tomba entre les mains d'un Auvergnat dé^

DU LIVRE PREMIER. 5t

voué aux Romains. L'histoire a consacré le noiA de ce trailre ; il se nommait Espanacte ; ce fut lui qui le livra à César. » ( Hisi, de la Nat,franq, ; tom. I*'. )

(47) Ton corps vénérable* ] « Labienus conduisit ses quatre légions vers Liz/èce, capitale des Parisiens ; cette ville est située dans une île de la Seine. Les ennemis , prévenus de son arrivée , levèrent d'immensel troupes chez les peuples voisins , et nommèrent commandantgénéral Camulogene-Aulerce y vieillard consommé dans l'art militaire ; ils voulaient récompenser son mérite en lui déférant cet honneur. Un marais s'étendait le long de la ville et la rendait inabordable ; Camulogëne y plaça ses troupes et résolut d'en disputer le passage aux Romains.

)> Une ruse de Labienus déconcerta ses plans, et , malgré sa valeur, il fut vaincu.

» La douzième ]égioh,qui formait l'aile gauche, avait déjà percé de traits et renversé les premiers rangs des Gaulois , les autres résistaient opiniâtrement , et paraissaient décidés à ne point reculer ; Camulogëne les animait par son exemple : la victoire était encore incertaine , lorsque la septième légion s'avança , tourna les Gaulois, et attaqua impétueusement : ceux-ci demeurèrent inébranlables ; mais enveloppés de toute part, ils furent bientôt taillés en pièce ; Camulogëne eut le même sort. » ( Comment, de César; liv. prem. , pag. 277. )

(48) La fortune de César. ] « Alors des combats interminables rougirent tous nos rivages et firent croire aux Romains que les Gaulois étaient exceptés de la conquête du monde. Alors même que le génie , les armes

5a liOTES

et la politique de César, qui sut opposer nos ancêtres à eux-mêmes , semblaient avoir fait plier la Gaule sous le joug romain ; elle se releva tout-à-coup , et affronta sous le bouclier de Yercingentorix la fortune de son vainqueur.» {Gaule poétique; pag^^gg. César y Suétone ^ Eutropey Orose , cités par M. de Marchangy. )

(49) L^ efforts de ton courage !\ v^Avaricum (Bourge^. Son sié^ a tel a de remarquable que pour défendre leur liberté , les Gaulois préférèrent de perdre toutes leurs possessions. Ils incendièrent leurs villes, leurs hameaux, les forets , les moissons à 4o lieues à la ronde, afin de donner aux ennemis une idée de leur courage et de leur résolution. ^(^ar/cumsubsistaitseule au milieu de cet affreux désastre ; une rivière et un marais la garantissaient de toute surprise. C'était une des plusgrandes et des plus fortes places des Gaules ; les rois celles y faisaient leur résidence ; il y avait 4o,ooo hommes de garnison, bons soldats et bons mineurs surtout. Leur vigoureuse résistance leur fait autant d'honneur que l'attaque en fit à César. Malgré tant de valeur, elle fut prise d'assaut , et le vainqueur démentit la devise romaine qui dit :

Rome, implacable aux superbes et clémente envers les vaincus.

» Il souilla ses victoires en ordonnant de cruelles re-» présailles du massacre dès troupes romaines à Gëna^ hum (Orléans).

M Au siège mémorable d'Avaricum, César fit égorger 40,000 personnes , sans égard à Tâge ni au sexe ; et quand le généreux Yercingentorix se dévouait pour sa patrie , le farouche vainqueur faisait hacher les mains aux soldats gaulois, pour les empêcher, disait-il, de porter jamais les armes contre lui.

)> j[jloire auxhabitansde Gergc^îel ({ue ce conquérant fameuiL attaqua sans succès. » (Lettres écrites du règne, d^ Auguste ; pag. 279. )

(5o) L^ étendue de son courage.."] « Le lendemain, Vercingenlorix tint conseil : il représenta qu'il n'avait pas entrepris la guerre pour son intérêt, mais pour celui de la nation ; que puisqu'il fallait céder à la fortune, il s'offrait pour victime à César, soit qu'il fallutexpier leurmalbeur, par ta captivité ou la mort.

M César avait ordonné qu'on lui livrât les chefs et les armes pour rexécation du traité. .11 d'assit sur- son tribunal , au pied duquel on amena Yercingentorix et $es compagnons d'infortune. » {Cé»ar)lm, 7, pag^aSS.)

(5i) De vils troupeaux J] « Auguste fit faire le cens ou dénombrement des trois Gaules celtique^ aquitanique et beigique, savoir : de leurs cités oupeuples , cantons , villes et villages; de tous les hommes qui y étaient, avec leur âge , l«ur condition , leur métier , leurs charges et leur parenté ; et de toutes leurs terres , biens et commodités , afin de connaître quelle était la puissance de chaque peuple, de chaque ville, de chaque famille ;' comment , et sur qui il fallaft mettre les impôts , et ce que chaque pajs était capable de fournir de milice , de vivres , d'argent et de voitures. Il fit la même chose dans toutes les autres provinces , et sur cela dressa cet état ou sommaire de l'empire , contenant toutes les forces et fes facultés de ce grand corps ; ce qa'H avait et ce qu'il pouvait mettre de citoyens et d'alités dans se» armées ; ee$ flottes, ses royaumes y see provinces , ses revenus et ses dépenses. Il réitéra ce diénombrement -deux on trois fois dans les Gaules : U

56 LA VIfiltpE D'ARD^JÈNE.

^ <. . — ^■■,«» Ji. ...i^i^A^iA— ^

L<)isrEAU malinal ^fe la Gairlè • àfàît , de

8011 <;ri joyeuse, prodao^é le rctpm;,4ç ^ lumière ^ et Idoïne ■» n^âvait poînt encore quitté sa couche : le somJoaeîI , qu^elIe avait en vain imploré toute la nuit, pressait '9k)rs..pçi»ible*^ ment sa paupière; un songe fuiieste planait autQUi\4'^UQ. Enfin, ^'arrachant aux horreurs qui la poursiuiTent ,; Idoïne séveiDe et rend grâces aux dieux d'avoir rompu le charme qui l'oppressait : elle revêt sa longue robe de lin dont le bord est enrichi d^une bande de pourpre, la tunique asurëe qui distingue les filles de la Gaule ; elle en fixe les plis onduleux par une chaîne d'or, et relevant ses tresses blondes, elle les attache sur le haut de sa tête ^ avec une aiguille de même métal. Ainsi parée , la vierge sort de sa retraite ; elle

porte sei pas veosJa fontaioe qm y non loin de 9a demeure 9 r^paièdait ses eaux pures et sacrées. Arrivée près dé la grotte d'où elles jalBbwiseiit «jfec. itof^étiioàté, Idoïne saspend à Ventrée litiQ) guirlande de fleurs liée par des* bandelettes .de Jaièe; .tourmentée par de st^ nîstras preasenftimeos ^ t elle sagenoulUe au bovâ des eaux ^ et s^adresse ainsi anx fées qià Teâkentà sa.dèstioée : ^

(0 O âéesées I «vous ^qûe noua réivérons sons le doittk nom de : ixières ! ^ écoulez- les prîères^ deiceHeldontivona aveifi pra^égë ^enfance I Si.

je Taus ait toujours* piemsemeni invoquées y divîiûtés tatélakes ; si^ aux, .^oni» «solennel!^, } aï décoré "vost autels selon, lés': rites sacrés^ délXHime.les malbéuts <|«.£b»msicent lesolqets. de na teiMboBse i: .mon père vénérable ël mon fidèie- Théôdcm^v; L'uii, bêlas i touche' aux bomesB de.sd:vie> éi'Jfautre*«.u. jqT .

Ene.nepeot achever : le-'^duveair' du songe àe^if nuit vient glacer sa peiaëé^ lElevé pràs d'Idbine , • Thébdènur «vah partagé' dès ren-*' £ance ses 'jeux et sœ plaisirs; Ja pra^ente Sul-

58 LA VrERGE D'ARDOÈNE.

mina , druidesse sacrée* avait servi de-' irièfer a ]a fille de Oiciomar que les dîecix^ftv>âleii^ privé d'une épouse cbérfe. < Long^tetnp^^leGr deux enfans, unis par les ];vœii(te dte V^wxàSié^ se donnèrent le doux nom -4e 'frère èl de aœar. Idoine couvrait éd ûeàrs isf ]^te ett^ fantine de Théodemir qui ^ à ^ mn |our , se plaisait à jouer avec ses blanches 'Coioinhssj. Mais les années de Tenfance s')envoIèdent isur les ailes dii ten>ps^ et l^s liens Hel^amiié^ de«vinrent ceux^de Fambur; Plus d^uae fois le jeune anîiant-, la' ^preniière nuit de là luiîe 'des flenirs ^y se rendit à la porte :dê sa Bien^ aimée et décora sesiso^ves sculptées dre légères guir^ landes et dèr festons de vierfdure^/Idoïne'^^dEC-^ chée derrière le itceiUî§ qui fermait sa retraita'^ recuteillait avec délicéq le parf am dJes flesors et les doux accens de. l'an[K)u]f;!2nnlaÎ6 cBasté et craintive^ sa bouche ires&ît miiette. Tttéede^ miracquitienfin les' lorœs'^d;'!»» hommes il ^f ut reçu îau rangjides<€ÎUiyen6;.'pidoniaï>:rle jpiré-^* senta au conseil jdes sages i dé ^a nation jdàiiL déclara . que '^jChéodëmir ^ aia^ael il avait secri

de père 5 était le fils dun de 6es plus chers amis, mort dans une guerre étrangère ; il remit entre, les mains du jeune homme un bouclier éclatant ?t.9<ie lance de bois de frêne; rassemblée coqfirma Tactidn du monarque par ses acclapiatîoos y et Théodemir prit place dans le rang des jeunes guerriers ^. Un sentiment not^yeau s'était élevé dans le sein du jeune homme , avec celui de sa nouvelle di*^ gnité. Adorant Ido'ine^ ils'iiidignait de n'avoir à lui offrir pour hommage que les dépouilles sanglantes des hôtes des forêts, et la fierté de son ame se révoltait de de voir, toute l'illustra'^ tion de sa fprtcine aux bontés. d'x^n roi^et notn à son courage. Il résolut d'^U^r en conquérir une .plu$ éclatante, en s'a^^ocia^t à la gloire d'aune natiçfv étrangère.

Le fils adQptif de Dicîomar jouissait d'uqr grand crédit, ps^mi les habitfins d'Arduène ; le <;ourage qull av^it déployé daus plus d'une circonstance, sa générosité 9 sa fo9C9 eV son adresse/ \ ifMPi) lç&* Jâux; . auxqi^^^ s'exerçait , cette jeunesse : b^UiqUf^u^p >< . Xi^y^it

leada lamour et l'espoir des guerriers de son

De tous les jeunes princes de sa nation y il atait la suite h plus nombreuse, et chaque «nnée à lepoque des grandes chasses y sa généreQse amitié distribuait à ses compagnons des armes etincelantes, des manteaux de four-rures et des cornes d'uroch garnies d'argent, mais leurs jours s'écoulaient dans l'oisiveté ^ et souvent leurs regards ardens y interrogeant leur jeune chef, semblaient lui* demander plus de gloire et moins de repos. Théodemîr entendit oe vc&u qui répondait si bien à ses seorels désirs y et un motif plus puissant affermit encore sa résolution. Le druide Hemdal, par son orgueil et sa cruauté, aVàît plus d'une fois révolté lame de Théodemir : un acte de sévérité excessive^ exercé envers un de ses fidèles esclaves, porta au plus haut point l'horreur qu'il épt^nvait déjà pour le tyran sacré; toute-

foià, contraint parla terreur reïfgîeusé qu'inspirait le pontife aux enfansd'At-duènc, Famant d'idoïne renferma dans son cœur son îianpùis^

sant courroux , mais il n'hésita point a quittQi^ pour un temps la cour de Diciomar. 11 assembla ses amis^ leur fît part de ses projets : tous applaudirent avec transpoirt y et demandèrent qu'il marquât Tinstant du départ ; mais pour ne pas être arrêtés dans leur noble entreprise, ils convinrent d'envelopper leur dessein des voiles du plus profond secret. Ils feignirent de partir pour une chasse lointaine j et tour*nant leurs pas vers les rives de la Mosa, ils sui*virent son cours jusqu'aux flots impétueux du Wahalis.

Avant de quitter les vallons de Phaémanie, Théodemir a voulu prendre congé de la douce compagne de son enfance. Sulmiba est présente à l'entrevue; elle approuve la résolution du héros, et enflamme son courage. « Pars, vaillant enfant, lui dit -elle; va dans une autre contrée aguerrir ton bras contre l'eunemi commun ; reviens avec un nom célèbre! Je veillerai sut* celle qui t'est chère : sois digne d'elle, et Di«ciomare te nommera son fils. »

« O toi qui m'as servi de mère, s'écrie

fa LA VIERGE D'ARDUÈNE.

Théodeniir en s'adressant a la druidesse, bénis ton fils et reçois ses adieux ! A l'exemple de ces braves guerriers qui vinrent un jour dans nos forets « j'ai fait un vœu solennel. Tu le sais, une épaisse chevelure couvrait leur front terrible, un anneau de fer entourait leur bras : ils avaient fait aux dieux la promesse de ne point s'en délivrer, de négliger le soin de leurs tresses odorantes, de fuir la vue dô leurs maltresses adorées , jusqu'à ce que d'illustres exploits les eussent affranchis d'une honteuse obscurité* J'ai fait les mêmes sermens 7. Vois cet anneau de fer, il pressera mon bras, jusqu'au jour où ce bras se sera baigné dans le sang romain!... O ma mère, bénis ton fils et recois ses adieux! Et toi« belle Idoine , ajouta le jeune guerrier, gardemoi ton cœur. »

a Va en paix, dit la vierge éplorée ; que les fées te protègent et que mon souvenir t'accompagne ! « Puis , prenant un vase rempli d'hydromel ^, boisson délicieuse, composée du suc des fleurs, elle épanche dans l'argile arrondie ses

LIVUE SECOND. 63

flotscouleur dliyacinthe, et^ d'une main tremblante^ présente à son amant la coupe des adieux^ après l'avoir elle-même portée à ses lèvres : pendant que le héros la vide y elle iîn*plore secrètement les dieux en sa faveur.

Tbéodemir rejoignit sa troupe belliqueuse.

Depuis ce fatal départ j trois fois Tbiver a succédé à l'automne 9 et aucun message n'est venu rassurer le cœur d'idoïne. Isarne, audacieux guerrier^ a vu la vierge à la télé des chœurs de la chaste Ardoïna^ lorsqu'aux jours sacrés elle chantait avec ses compagnes les louanges de la déesse à l'arc d'or^ aux traits rapides ; enflammé d*amour^ il a osé demander à Diciomar la main de sa fille ; enhardi par la réponse mesurée du monarque > il importune chaque jour la jeune vierge :de. son amour ; et Théodemir n^est pas de retour ! .

C'est ainsi que la timide Idoïne^ penchée sur les bords de la fontaine , se livrait à ses douloureuses pensées, à ses craintes plus sinistres encore, (c S'il tardait plus long-temps!... s'écriait-^Ue avec effroi: s'il ne revenait pas!...

O mes divines protectrices, veiRes sur hûl h A cet instant j Sulmtna se présente à ses re^ gards. Sulmina, sainte druidesse ^, faisait sa demeure dans un lieu solitaire, non loin du palais. Elle se montrait peu zux hommes, mais les infortunés connaissaient sa retraite, et Diciomar se plaisait à recourir k ses cou* seils. La pureté et Télévation de son ame la faisaient souvent converser avec les dieux ^ et plus d une fois ses graves méditations l'ont arrêtée aux bords murmurans de la fontaine.

Elle voit son élève toujours agenouillée , la pâleur sur le front et les yeux pleins de larmes ; elle la presse sur son cœur, et lui démande avec inquiétude ce qui cause sa tristesse.

« O Sulmina ! dit Idoïne d une voix tremblante, et en jetant autour d'elle des regards craintifs, je ne sais ce que les dieux réservent à votre enfant, mais des images funestes m'ont été présentées dans mon sommeil... Jai vu mon père expirant appeler sa fille et Théode* mir pour les unir, et les serrer encore dans ses bras... J'ai vu le cruel Hemdal nous arracher

tous deux de son sein ; je Tai vu frapper Thëodemir de sa main redoutable... O Sulmina', quel présage ! J'ai vu ce jeune héros se décolorer^ tomber^ et s'évanouir à mes yeux comme une ombre légère. •• » En achevant ces mots ^ Idoïne posa sa tête sur le sein de ladruidesse, et pleura sans contrainte.

a Où est donc le courage d'une fille gauloise? dit la sage Sulmina; eh quoi! la fille de Diciomar, )a protégée des fées, Idoïne montre une telle faiblesse ? Un songe a-t-il tant de pouvoir sur votre ame y qu'il puisse en bannir la paix qui doit en être la compagne habituelle ? Et si , par de saints avertissemens, le ciel veut vous préparer à des épreuves, est-ce ainsi que vous vous apprêtez à les subir? Rappelez votre vertu, mon enfant, et reprenez courage. Théoden^ir, en quittant nos contrées, obéit à l'ordre des dieux... Une haute destinée attend ce jeune héros; celui auquel Idoïne garde sa foi, n'est point dun sang vulgaire... Ecoutez, ma fille, un secret qui n'est connu que de votre auguste père et de moi » La jeune vierge prête

66 LA VIERGE D'ABSUÈNE.

une oreille attentive, et la druidesse poursuit en ces termes:

« Quelque temps avant votre naissance , le noble Diciomar^ à la tête de l'élite de nos guerriers, se rendait, selon Tusage, à rassemblée générale qui se tient chaque année au sein des mystérieuses forêts des carnutes : c'était à l'époque de la nuit-mère "", nuit solennelle que le Celte adore, et qui se voit honorée par les rites les plus saints et les cérémonies les plus augustes. C'est là , qu'en présence de tous les envoyés de la nation, le souverain pontife des druides recueille le gui sacré sur les chênes de Hésus : vêtu de lin et couronné de feuillages, le saint cortège s'avance; un autel triangulaire, formé de terre recouverte de gazon, entoure l'arbre vénéré; les cubages amènent deux jeunestaureaux d'une blancheur éclatante, et dont le front superbe n'a point encore subi le joug; trois druides, éminens par leur âge, leur puissance et leur vertu, portent des vases d'or contenant l'eau pure que le divin rameau doit sanctifier; le pain, doux présent de Cérès,

et leocens qui plait au ciel. A U clarté ^^ bûchers qui éclairent la fête, les .bardes en-^ tonnent le chant de Hésus. Le peuple prosterne prie en silence. Pendant la mélodie, le pon-^ lîfe, armé delà faux d'or, monte avec respect sur le chêne favorisé du ciel, et coupe la branché sacrée. De peur qu'il ne s'en échappe quelques

parcelles, deux vénérables saronides étendent

au-dessous un vaste sagum, de la plus pur^

blancheur. Le pontife descend , chargé de sa

précieuse récolte; les taureaux sont égorgés?

l'encens et le pain fument sur Tau^eK Le ^hef des druides plofige la plan tjs^atutaire d^s les eaux , en prononçant des paroles inconnues ; autour de lui sont rangés les enfans nouveaux: nés, les jeunes épouses et Içs yieîUards 4ébi}<s$ ^ le ponti^ répand sur eux la ro3fée de cette; eau bienfaisante , dont la vertu rpRipt Içs ençbaq^ temens, préserve de la fondre j, et guérit tou# les m^ux ". A cet instant, le cri joyeu^ç du peuple s'élève jusqu'aux cieux , et célèbre aiqsî , le point mystérieux qui açpare les mois, le^

ans et les siècles ^ et que la religion vient de consacrer '••

»Cest après ces cérémonies saintes, après les banquets publics '^ ^'' qui les suivent et qui durent ordinairement plusieurs jours ^ que s'assemble le conseil général des Gaulés.

» César venait de périr sous le poignard de ceux qu'il voulait asservir ; la division secouait ses torches ardentes au milieu de nos ennemis. On pouvait tenter de nouveaux efforts pour sauver la patrie; en vain le noble Diciomar et quelques princes généreux, proposèrent des mesures salutaires ; en vain ils élevèrent leurs voix courageuses , elles furent étouffées par les clameurs des esclaves de Rome: l'influence de chefs corrompus l'emporta, et le sort de la Gaule ne fut point changé.

»Diciomar, pénétré d'une amère douleur, et perdant tout espoir de voir sa patrie délivrée de ses tyrans, reprit avec ses guerriers la route d'Arduène. Arrivé aux confins de son territoire, il s'éloigne de ses braves; et suivi seulement de ses dogues fidèles,* il s'ebfonce dans

les vallons, /{ui par des chemins déserts con- 1 duisent au pagus de Phaémanie '^ Livré à ses pensées profondes, le roi s'égare dans le dédale que forment les collines; il rencontre un ruisseau, et remontant son cours, il arrive près d'une de ces fontaines que la reconnaissance a consacrées aux déesses-mères. Sur ses bords verdoyans sont encore les restes des simples offrandes *^ d'une mère ou d'une amante, en faveur de l'objet chéri. Le roi, plein de respect, s'était arrêté. Tout-à-coup les eaux de la fontaine se troublent, bouillonnent, et dépassent ses rives. Une belle femme sort de leur sein ; elle porte dans ses mains un bouclier de forme étrangère, tressé d'osier, à la manière gauloise, et revêtu d'une argile colorée; de nombreuses abeilles d'or étincellent sur sa surface. Dans ce pavois repose un enfant paisiblement endormi; sa beauté ravissante et son ondoyante chevelure annoncent un fils de sang royal, et, glorieux symbole , un glaive brisé brille à ses côtés. « Garde ce trésor, dit la déesse en s'approchant du monarque, que cet enfant soit ton fils; les

^ dieux le destinent à de grandes choses; mais qu'il ignore ce mystère jus<)u a ce que ma voix le lui révèle, » Diciomar reçoit à genoux ce présent; il contemple Tenfant d'un œil attendri^ et veut faire quelques questions sur son origine. II relève la tête ; mais l'être mystérieux s'était replongé dans la fontaine.

»Diciomar revint dans son palais;les ombres de la nuit voilent son précieux dépôt ; il l'apporte à votre mère, qui venait de vous donner le jour. Ce fut en vous pressant sur son cœur paternel qu'il jura d'accomplir Tordre de la déesse. Votre mère mourut , chère Idoïne, elle emporta dans la tombe silencieuse y le secret que le monarque n'avait confié qu'à elle et à moi. 11 vit croître vos amours^ et sourit à l'espoir de vous unir un jour à son fils adoptif^ Emu par je ne sais quel pressentiment^ votre vénérable père m'a remis ^ depuis quelques jours ^ le glaive brisé et le bouclier aux abeilles d'or^ et m'a laissé le soin de vous instruire de ces faits mystérieux : cette révélation doit dissiper des terreurs indignes d'occuper l'ame de

mon élève* Espérez donc y 6 ma fille I que les dieux qui ont présidé à Tenfance de ce héros veilleront encore sur la suite de ses destinées. Théodemir^ couvert de gloire y reviendra déposer à vos pieds les riches dépouilles que sa valeur aura conquises. »

« Pardonne y 6 ma seconde mère^ dit Idoïne en pressant les mains de Sulmina contre son sein y pardonne aux terreurs de lamour. Ah !

puissent les dieux qui t'ont donné la sagesse^ entendre tes paroles , protéger mon père et le héros que j'adore! » En disant ces mots^ Idoïne jette un regard respectueux sur Tasile des déesses-mères; et plus calme , elle s'achemine vers le palais pour y attendre le réveil de Diciomar. Sulmina l'accompagne : la druidesse l'avait instruite dans les arts de la douce Bélisana '^^ déesse aux yeux pers. Elles entrent dans la vaste salle qui réunissait les nombreuses esclaves. Ici^ des mains industrieuses préparent les riches vétemens dont se décore Diciomar aux jours solennels; là^ de jeunes filles tournent le fuseau et tissent le lin

72 LA VIERGE D'ARDCÈNE.

grisâtre, qui reprend la blancheur de la neîge quand il a élé exposé aux brouillards du matin. Quelques-unes i après avoir plongé les blanches toisons dans des eaux savonneuses, en forment, à l'aîde du métier inventé par la vierge Tritonide '% des robes flottantes ou des tapis moel* leux, capables d'affronter les hivers; d'autres étendent les peaux de cygnes et d'hermines qui doivent border les tuniques, tle leur jeune maîtresse '7; celles-ci brodent délicatement le haut des sayes asurées, dW fil teint d'une pourpre précieuse '® ; celles-là doublent de rares fourrures les vastes manteaux dont le roi fait présent aux guerriers qui l'accompagnent ^^j tandis que les plus adroites dépouillent de ses plumes blanches et légères le vautour des montagnes et le héron aquatique, pour en former les aigrettes qui orneront le casque des héros. A la vue de leur jeune souveraine, toutes les esclaves redoublent d'activité; la douce Idoïne leur sourit avec bienveillance et encourage leurs travaux par quelques mots pleins de bonté; prenant ensuite de ses belles mains les fuseaux

de bêtre ^ chargés d'une laine fine et choisie , elle tâche de distraire ses sombres pensées par le travail.

Cependant ses femmes remarquent avec chagrin l'impression de tristesse répandue sur son charmant visage ; alors la jeune Minvèla y la plus chère de ses compagnes y élève sa voix y

et s'adressant à la blonde Idoïne : « Fille de roi f lui dit-elle d'un air enjoué y quel chant veux -tu que commencent tes fidèles compagnes? Le chant, tu le sais, charme les ennuis, la longueur des travaux , et prête à nos fuseaux un mouvement plus rapide : aussi , quand les pâles fleurs des tardives colchiques paraissent dans nos marécages "*, les vierges se hâtent de recueillir en leur mémoire les chants de leurs mères, et ceux que les chasseurs malins ont composés sur les amours du hameau. Je sais des airs nouveaux, des hymnes saints et des chansons folâtres. Je sais . les chœurs mystérieux de la douce Belisana, mère des arts, et ceux que les vierges chantent au solstice d'été, lorsque couronnées du blaviel, fleur chère à

74 LA VIERGE D'AÏCWJÈNE.

Gérés *'y elles se rendeift aux bords de la fontaine 9 pour voir dans ses eauic l'image de celui qui leur est destiné. Parle, 6 maîtresse chérie! fais- nous connaître ton désir, et nos accebs réunis chasseront ces nuages qui obscurcissent tes yeux si doux. »

Idoïne répondit à Minvèla , interprète des filles gauloises : « Vous êtes aimables , ô mes jeunes compagnes, et les paroles de votre amitié me sont chères; mais écoutez : aujourd'hui je veux conduire vos chœurs harmonieux. Je vais vous dire le dernier chant que j'appris de ma druidesse, la tendre Sulmina : c'est celui qui célèbre la déesse Isis, dont les temples s'élèvent de toutes paris dans la Gaule ".

Nous devons révérer Isis, car elle fut aussi bonne mère que tendre épouse. » Elle dit, et sa voix mélodieuse donnant le mode à ses compagnes, bientôt la salle sonore retentit du bruit léger des fuseaux mobiles , qui marquent en cadence la mesure du chant d'Isis.

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