CHANT DU TRAVAIL
« Filles des Gaules , savez- vous qui vous apprit à
tirer du lin azuré les tissus de neige qui vous décorent ? *^ »
« Cest la blonde Isia , la déesse aux dix mille
nonis>4. »
c( Qui vous enseigna à prendre le suc des fleurs , Técorce des arbustes et les baies colorantes des buissons , pour teindre la laine des agneaux ? ))
c( C'est la blonde Isia, la déesse aux dix mille nom^. »
a Avez-vous vu les filles des Sicambres ?... Elles marchent comme la nuit , vêtues de robes lugubres '^ ^ mais vous , filles heureuses , qui vous apprit à varier les couleurs de vos habits comme un champ de fleurs? »
(( C'est la blonde Isia, la déesse aux dix mille
noms. »
<( Un jour une déesse vint des mers. Le vaisseau merveilleux qui l'amenait était son ouvrage; elle en
56 LA VIERGE D'ARDCÈNE.
avait tissu les voiles et filé les cordages ^ : ses habits étaient blancs , et ses chaussures d^un or pur ; un lévrier rapide guidait sa marche. Elle parut dans nos forêts comme Taurore; ses mains divines portaient des fruits et des fleurs "^ \ on Tappela la bienfaisante : )» >
« Cétait la blonde Isia , la déesse aux dix mille noms ^. »
« Filles de la Gaule, chantez la blonde Isia ^ c*est elle qui fit votre bonheur en vous rendant plus utiles à rhomme : sans vous, que ferait le chasseur de sa proie? qui défendrait le vieillard contre les frimas? qui préparerait la brillante parure des héros?... Filles de la Gaule, si vous êtes meilleures et plus aimables , chantez , révérez la blonde Isia , la déesse aux dix mille noms. »
Tels étaient les chants des jeunes Gauloises , lorsqu'un tumulte lointain vint frapper l'oreille d'Idoïne : son cœur s'émeut ^ sa main commande le silence. Le bruit redouble y il s'y mêle des gémissemens... Tout-à-coup deux serviteurs éperdus traversent la salle et s'é-
crient : Le roi, le roi se meurt!... A ces mots ' épouvantables^ Idoïne sent ua froid mortel glacer tous ses sens; le souvenir du songe de la nuit achève de bouleverser son ame, la douleur la plus aiguë va suspendre sa vie ; mais bientôt rassemblant tout son courage^ elle s'élance pour voir encore ce père adoré. Vain espoir ! le cruel Hemdal lui fait refuser l'entrée de la salle , car le conseil est assemblé : les forces de la tendre fille sont épuisées y ses esclaves chéries la reçoivent dans leurs bras, et la transportent inanimée sur sa couche.
nif DU LIVRE SECOND.
(i) JDe la Gaule. ] Cet oiseau se nomme en latin Gallus, symbole de la vigilance et du courage; il était consacré à ]VI ars. En 89 , la nation française l'avait adopté pour emblème. Mars ou Hésus était la divinité suprême des Gaulois ^ et c'est sans doute traditionnellement que nous avons placé le coq dans nos armes.
(2) Et Jdoïne, ] m Idoine était le nom de la fille de Pharamond. Il y eut aussi uneldoïne, fille d'Octavîen , quatrième duc de Brabant , qui se joignit aux Romains pour repousser les Saxons. Il fut nommé duc et gouverneur du Brabant par Trajan , an 10 de J.-G. » {Extr, de la Généalogie des comtes de Salm^Kirbourg, }
(3) De sa tête. ] « Les femmes portent des habits de lin auxquels elles attachent des bandes de pourpre; ces habits sont sans manches , et laissent voir les bras et les épaules à découvert.
» La tunique ou vêtement de dessus, est souvent teinte de diverses couleurs. Les Gauloises tressent leurs chevelures et la rattachent sur le haut de la tête. » ( Monum. de Vant. Montfaucon ; Tite^Lwe , liv. prem. )
(4) Le doux nom de mères.'] « Nos ancêtres croyaient s'allier si étroitement avec ces sortes de divinités , qu'ils
ieâ regardaient quelquefoû comme leurs yéritables mëres , e% tous les monumens que j'ai produits confirment cette vëritë.
» Une inscription qui se trouve à Nimëgue , signifie (juë Liberius Victor , originaire du Toumaisis ^ marchand de bled , s'est acquitté de bon cceur et avec gratitude, du vœu qu'il a fait à ses mères Jes fées, » {Rel, des Gaulois ; dom Martin ; tom. II , pag. i83. )
(5) Lune des fleurs,"] « il/ai, mois dédié à l'Amour» Mai^ en vieux teuton, si^niû ait puella^Ji! le /MejTnaend^ mois de mai, veut dire mois consacré aux filles, et, par suite, mois consacré à l'Amour. C'est la veille du premier jour de ce mois, que les jeunes gens de la campagne rendent leurs bommages aux filles nubiles les plus importantes du village , ou à celles que leurs cœurs ont choisies , en décorant la façade de leur demeure de branches de feuillages. Ces trophées d'amour portent le nom du mois et des nymphes auxquels ils sont consacrés : on les appelle meyen ou meyHaken, » ( Rép, des Champs-Elysées ; de Grave ; tom. ïïî, pag. g6. )
Cet usage s'est conservé dans presque toute la France. En Lorraine , dans les campagnes , la veille du preniier de mai , les amoureux attachent aux fenêtres de leurs belles de grands rameaux de hêtres tous couverts de rubans et de fleurs. A Montîgnon , près de Paris même, on retrouve cette coutume ; on plante , la veille du premier de mai , un arbre de six à huit ans , dont le faite est orné d'une large couronne de fleurs , devant Ja maison la plus considérée du lieu. Le même usag^ se retrouve encore aux environs de Chartres.
(6) Des jeunes guerriers, ] u II ne leur était permis de prendre des armes que lorsque leur cité les en jugeait
8o NOTES
capables ; alors , dans rassemblée publique, le prince, , le përe ou le plus proche parent du jeune homme l'honorait d'un bouclier et d'une lance ; et s'il était de sang; illustre, ou fils d'un përe signalé par sa Taillance, le titre et le rang de prince lui était dès-lors acquis. » {Mézerai; pag. 35. )
(7) Remplie (Thj-dromeL ] « Plutarque avance que tous les peuples barbares , avant d'avoir connu les liqueurs vineuses, ont commencé par boire da miel détrempé dans l'eau. L'observation de Plutarque paraît vraisemblable ; et en effet, de tous les breuvages qu'une nation peut inventer , celui-ci est le plus simple , surtout quand le pays qu'elle habite contient de vastes forets qui lui fournissent du miel en abondance. » {Hist, privée des Français^ par Legrand D'Aussy ; t. II, page 338. )
(S) Mêmes sermens»'] *< C'était une loi parmi les Cattes, comme uue coutume parmi les peuples Germains , de ne se pomt couper la barbe ni les cheveux jusqu'à ce qu'ils se fussent signalés par la mort d'un ennemi tué en bataille ; alors seulement ils se découvraient le front et le visage, se croyant seulement dignes d'être regardés , et ils se vantaient d'avoir payé leurs droits de naissance à leur patrie. » ( Mézerai; p. 78. )
(g) Sainte druidesse,'] « Il y avait trois sortes de druidesses : les unes gardaient toujours la virginité , comme celles de l'île de Sain ; d'autres, quoique mariées, étaient obligées aux lois de la continence et à rester toujours dans les temples qu'elles desservaient,. hors une seule fois chaque année , qu'elles allaient voir leurs .époux , pour en avoir des enfans. Enfin , la troisième
DU LIVRE SECOND. 8i
sorte de druîdesses ne se séparaient point de leurs maris ; elles réglaient leur famille, élevaient leurs enfans et travaillaient à la vacation qui était propre à leur condition et à leur sexe.
«Dans la première classe étaient les prêtresses; celles qui n'étaient que les ministres composaient la seconde. » { D. M.; livre i*', p. 206. )
(10) De la nuii^mère.^ «Les Gaulois regardaient la nuit comme ayant étécréée avant le jour : aussi ne déterminaient-ils jamais lesespaces du temps en comptant par le nombre des jours ^mais par celui des naits. Cet usage subsiste encore dans le pays de Galles, Au lieu de dire quinze jours, les Anglais disent quatorze nuits, à fort night. » ( Origine gauloise ; Latour-d'Auvergne ; page 40. )
Cl Les Élysiens , en comptant l'espace du temps , couimençaient leur année sacrée parla grande nuit qui est celle du solstice d'biver, appelée, modra neit, nuit-mère. Cette nuit, était particulièrement consacrée à l'initiation ftux mystères dans laquelle l'homme semble mourir et reprendre une nouvelle vie. »> ( Rép. des Ch.-'ÉL ; de Grave ; lom. II, p. 68. )
«La veille de Noël se célèbre, dans toute la Provence, par un grand repas ; toutes les provisions paraissent ce jour là sur table , et dans quelques cantons le nombre des mets est fine k neuf. Quand le couvert est mis et que la table est servie , la famille se rend avec toute la solennité possible au bûcher oii l'on a préparé une grosse bûche d'un bois fruitier s'il se peut : on a soin d'emporter avec soi de l'eau oii l'on a fait bouillir des lazagnes , espèce de pâte mince et qui doit être l'un des mets du festin ; on bénit cette bûche qui porte alors le
8a NOTES
nom de charendûn ; on répand de ce bonillon sur Tua des bouts : cette libation se fait à la porte de la maison. On rentre ensuite processionnellement ; le chef de la maison passe le premier devant , et ses enfans le suivent portant le chartndon suspendu par deux cordes ; et chemin faisant , ils chantent à deux chœurs une hymne en patois du pays, dont voici le commencement :
Vers. Charendon ven, Rëp. Diou nous mande proun de ben.
Vers. Diou nous sauve no/strey g^ns , Rép. Aquest an et pui long tems.
Ce qui veut dire :
Charendon viens.
Que Dieu nous envoyé le bien nécessaire.
Que Dieu conserve nos parens ,
Cette année et puis long-temps.
» L'hymne étant terminée , on met le charendon au feu par l'un des bouts , et il doit durer autant que les fêtes ; comme tout le temps de sa présence au foyer est un temps de réjouissances, on a soin de ne le mettre au feu que par le bout , afin qu'il puisse durer jusqu'aux Rois, j» ( Recherches historiques et archéologie' ques/du département des Basses^Alpes ; par M. Henry ; p. a35 des notes. )
Ces usages en rappellent d'autres encore en vigueur dans toutes les provinces. La nuit de Noël se passe en prières, pour célébrer la naissance du Christ sous le nom de Soleil de justice, et en réjouissances que ter-
miae nu repas. Qui ne connaît en France ie rés^eiUon ?
£n Lorraine, on met une énorme bûche qu'on appelle la bure; on l'allume avec des solennités et des prières; il faut qu'elle dure les trois jours de la fête. On garde ensuite de ses charbons,- qui , dit-on, préservent du tonnerre , de la rage et des*maléfices.
La nuit-^mere est encore célèbre en Allemagne. C'est dans ta nuit de Noël qu'oH fait aux en fans les cadeaux qu'ailleurs on lear donne au premier de l'an.
(il) Tous les maux,'] « Le grand sacrifice du gui de Fan neuf se faisait avec beauoup de cérémonies, près de Chartres , le sixième jour de la lune, qui était le commencement de l'année des Gaulois , suivant leur manière décompter par les nuits. Lorsque le temps de cette solennité approchait, le souverain pontife envoyait ses mandemens aux vaçies qui étaient des druides dépositaires des dogmes delà religion et de la philosophie, pour en annoncer le jour au peuple. Les prêtres , qui ne sortaient des forêts que pour des affaires de grande impdttance et par ordre de leurs chefs , parcouraient aussitôt les provinces , criant à haute voix : Au gui de Van neuf.
» La plus grande partie de la nation se rendais aux environs de Chartres au jour marqué ; là on cherchait \egui sur un chêne d'environ trente ans, et lorsqu'on l'avait trouvé, on dressait un autel , et la cérémonie commençait par une espèce de procession. Les cubages marchaient les premiers, conduisant deux taureaux blancs , pour servir de victimes ; les bardes qui suivaient, chantaient des hymnes à la louange de l'Être suprême et en l'honneur du sacrifice ; les novices marchaient après ^ suivis d'un héraut d'armes vêtu
de blaac , couvert d'un chapeau avec deux ailes , et portant en main une branche de verveine entourée de deux serpens , tel qu'on peint Mercure. Les trois plus anciens druides , dont l'un portait le pain qu'on devait offrir y l'autre un vase plein d'eau , et le troisième une main d'ivoire attachée att haut d'une verge représen* tant la justice, précédaient le pontife-roi , qui marchait à pied vêtu d'une robe blanche et d'une tunique pardessus y entouré de vacies vêtus à peu près comme lui et suivis de la noblesse.
» Ce cortège étant arrivé au pied du chêne choisi , le gfand-prêtre , après quelques prières, brûlait un peu de pain, versait des gouttes de vin sur l'autel , offrait le pain et le vin en sacrifice , et les distribuait aux assistans ; il montait ensuite sur l'arbre , coupait le gui avec une serpette d'or, et le jetait dans la tunique d'un des prêtres. Le pontife descendait alors , immolait les deux taureaux et terminait la solennité de ce sacrifice en priant Dieu de communiquer sa vertu au présent qu'il venait de faire à son peuple , de donner la fécondité aux femmes stériles et aux animaux qui en prendraient, et de le rendre un remède efficace et puissant contre toute sorte de poison.
»Les druides distribuaient le ^i/z par forme d'étrennes an commencement de l'année. C'est de là qu'est venue la cQutume de nommer les présens qu'on serait à pareil jour, dans le pays chartrain , non pas éguilas , comme le dit M. de Labastide , mais le gui-Van, »» ( Extrait de r histoire de la ville de Chartres , par M. Doyen ; préface. )
(12) De consacrer.'] «Les Gaulois se disent descendus de Pluton ; c'est une tradition des druides , et pour cela
ils comptent par nuits, et non point par jo\irs comme nous faisons; et , soit qu'ils commencent les mois, les années , ou qu'ils célèbrent les jours de leur naissance, la nuit est toujours la première.» {Cé$ar ; liy. 6, p. i68.) C'est sans doute un reste de cet antique usag[e, que celui de souhaiter la fête la veille du jour où elle est marquée dans le calendrier.
(i2 bis) Banquets publics, ] <« La distribution du gui de chêne était suivie de festins , de divertissemens et de mascarades pendant plusieurs jours. Une foule de per^ sonnes^de tout âge et tout sexe , s'afiFublaieut de peaux de bêtes, et parcouraient les rues des villages et bourgades , en contrefaisant les cris et les hurlemens des animaux dont ils avaient pris les .figures.
» On trouve ici l'origine de nos mascarades du carnaval. Les bœufs gras que , naguères encore , le peuple de nos villes promenait en triomphe , couverts de rubans , de laurier et de guirlandes de fleurs , ne nous rappellent-ils pas les taureaux que les prêtres gaulois immolaient?» {Histoire de Chartres^ par Chevard ; . page 55. ( 1802. )
(i3) Pagus de Phaémanie»'] « On appelait Pagus, un village ou multitude de maisons, desquelles les habitans boivent' les eaux d'une même fontaine : d'autant que pour la commodité les villages furent bâtis près des fontaines. Ce mot signifie aussi la contrée ou le canton habite par un même peuple. » ( Nie, Bergier. )
C'est du mot P^T^z/^ qu'est venu celui de payen donné à ceux qui ne professaient pas la religion du Christ \ celle-ci n'avait été adoptée que très-tard dans les cam* pagnes , oii les changemeos dans les usages et dans les opinions trouvent toujours plus de résistance.
(r4) Simples offrandes,'] «Le premier jour de IV^née, chaque ménagère va de grand matin puiser de t'eau à la fontaine, et celle qui peut y arriver la première , dépose sur cette fontaine les prémices de son travail , comme une tranche de son meilleur pain ou un morceau de fromage fait chez elle. Cet usage est évidemment conservé de l'antiquité ; il n'y a de perdu que le nom de la divinité à laquelIeTofirande était consacrée. >• ( Rech, hisior, et arch. sur le dép, des Basses^ Alpes ^ par M. Henry ; pag. 35. )
Voilà encore un usage dont j'ai vu plus d'une fois des exemples. A Saint-Nicolas-de-Port, près Nancy, oix l'on va en pélef inage , à la vierge de Bonsecours, à la Chapelle de la Croix*Gagnée , etc. , j'ai souvent vu le pavé de ces lieux consacrés, couvert non-seulement d'une infinitëde pièces de monnaie, mais encore d'écheveaux de fil , de chanvre , de lin , de toile ; de viandes salées, comme jambon , etc. Une fois entre autre , j'y vis une grande tartine de lard ; il faut être Lorrain pour apprécier une telle offrande.
' (i5) Bélisana, ] «C'est sous ce nom que nos ancêtres adoraient Minerve. Tout ce que nous savons de la Minerve des Gaules se réduit à peu de chose. Les Gaulois l'honoraient et la mettaient dans la première classe des dieux de la nation. A les entendre , elle avait communiqué aux hommes l'invention des arts et des manufactures ; aussi lui érigeaient-ils partout des temyiles, en Languedoc, à Toulouse, dans la Savoie et ailleurs. >» ( Dont Martin ; tom. P', pag. 5o3. )
« L'antiquité ne dit rien en détail des hbnneurs que les^ Gaulois rendaient à Minerve : Solin seul écrit que les Bretons regardaient cette déesse comme présidant
aux fontaines , et qu'Us entretenaient sur ses autels un feu étemel avec du bois qui, loin de se réduire en cendres, se convertissait en de petites pierres rondes.» (Sa* lin-, ch. 22. )
(i6) f^ierge TritonideJ] «Le lacTritonide était fameux dans l'antiquité. On prétend que Minerve a été élevée sur les bords de ce lac , et que c'est de-là que vient son surnom de Tridonîa , de Tritonis , ou Trîdogène, On plaçait ce lac en dififérens endroits , tàntdt en Béotie , tantôt dans la Lybie d'Afrique ; mais il existait aussi une Lybie dans le pays des Atlantes^ et c'est Ik qu'Âpol^lodore place le jardin des Hespérides. Mallebranche, dans son ouvrage sur les Morins , rapporte que, dans l'endroit de Sainl'Ower^ ou on a bâti l'abbaye deSaint" Berlin , i\ existait auparavant un temple consacré à Jdinerve.
» Mioerve avait de nombreux surnoms; ils étaient tous pris des lieux oii elle avait des temples. Vénérée particulièrement par les taxons sur le l^c Tritonide de Scylla , elle en prit le nom de Tritonia , ou , comme Hésiode dit , de Tritogene y née sur le lac Tritonide ; elle passait sous ce rapport pour être la fille di '^epr tune ou de Triton. » ( Rép, des Champs-Elysées \ de Grave ; tom. II, pag. i56. )
(17) De leur jeune maîtresse,'] «En même temps, elle me fît entrer dans son palais, oii vingt de ses femmes étaient occupées à lui plumer des oiseaux d.e rivière et à lui faire des robes et des parures de leur plumage. » ( Bernardin-de-Saint-Pierre ; Arcadie ; pag. 161. ) '
« Les femmes gauloises étaient vêtues de peau d'hermine et de robes de lin brodées de pourpi^e.» (Voy. />w-
dore de Sicile , liv. 38 ; Laureau , Hist. de France avam dosais y tom. P'; Pline y liy. 7, chap. 78.)
(18) D'une pourpre précieuse, ] Il semble que la robe de toile , teinte d'une couleur bleu-foncé, et dont le haut est encore brodé de fîl pourpre , soit l'antique vêtement de nos pères. Cette robe que, suivant les contrées , on appelle blou.se , sarreau et sajron , est d'un usage général parmi les paysans de France, et ne se trouve nulle part ailleur^.
(19) Qui PaccompagnenL ] « Les rois , deux fois par an , distribuaient des manteaux , fourrés d'hermine et demenu-vair, aux chevaliers qu'ils retenaient près de leur personne , pour administrer la justice et les aider de leurs conseils dans les affaires d'État, » (Saini^Foix; liv. 4.)
(20) M Tardives colchiques ; nom vulgaire : veillote.l Le colchique. Sa fleur paraît en automne ; elle est solitaire , ou 2 à 2 ; ses pétales sont lancéolés , un peu ob<tus; ses feuilles viennent au printemps suivant; elles sont lancéolées , entières, larges , planes ; dressées de 3 & 4» ^'^^^ ^"^ gaîne deux ou trois fois plus large que la tige qu'elles renferment j et qui s'élève à six ou huit pouces; sa capsule est ventrue et a ses lobes terminés par trois pointes aiguës ; ses graines sont globuleuses , noii^es. Cette fleur, d'une couleur lilas pâle à tube blanc, se trouve abondamment dans les prés humides.» (/^/. de Mérat; pag. i4o. )
On l'appelle en Lorraine veilleuse, parce qu'elle so^rt de terre à la mi-septembre , temps oii les veillées re* commencent.
(21) Fleur chère à Cérhs. ] « Dans les temps les plus an-
cîèns , les Ci<es , nos ancêtres , donnaient le nom de blaviel ikM personnage distingué qui avait parmi eux la fonction de porter, dans^ les fêtes de Cérës , la couropne et la guirlande de bluets pour en faire hommage à la déesse. De même, en Grèce, on nommait arisUes^ ceux qui , aux mêmes cérémonies , portaient les aristes ou épis sacrés. Blai^iel, dans les vieux glossaires, signifie bluet ou fleur des blés. Il y a plus , le bluet était jadis en telle réputation, qu'il paraît avoir été la source du nom de blé qu'on donne au froment dans les Gaules ; en sorte que cette plante , en apparence parasite et superflue , aurait donné son nom à cette riche et précieuse production de la terre , et que le nom de ces deux plantes se sont trouvés par-là aussi alliés et aussi inséparables que ces plantes mêmes. » ( Rech, onoma tiques sur divers noms celtes ; par Bacon Tacon ; tom. II , pag. 235. )
On peut ajouter à cela , qu'en Lorraine on dit encore emblaver -pour ensemencer les terres.
(22) Dans la Gaule."] «En même tem'pa , Bardus ^ roi de Lutëce, ordonna qu'on élevât un temple à Isis, à quelque distance de la ville , au milieu de la forêt ; qu'on y plaçât sa statue avec l'enfant Orus , telle que nous l'avions appcfrtée dans le vaisseau ; qu'elle fût servie avec toutes les cérémonies de l'Egypte; que ses prêtresses , vêtues de lin , l'honorassent par des chants et par une vie pure qui approche l'homme des dieux.» ( j^rcadie; pag. 157. )
{zubis) Marquent en cadence, ] « J'entends la voix du >» chant dans Icroma ; j'entends l'écho des harpes dans » ses salles. Les filles de Turlerthan , du haut de ce pa- » lais , contemplent les campagnes : Que nos voix s'élë-
n vent, disent-elles ; que nos harpes résonnent , etqnele » chef de Carric Thura soit le sujet de nos chants. » (Ossian ; poème intitulé Cathûla, )
n Ce chant des filles d'Icroma parait avoir été un chœur , espèce de composition très-ancienne et fort en usage encore dans les montagnes d'Ecosse. La mesure de ces chants est adaptée aux différens exercices des 'foulpns , des rameurs^ des moissonneurs , etc. Ils allè<— gent beaucoup le travail et animent les travailleurs. » ( Note du traductèury M. Letoumeur. )
(aS) Ç«i voM^ f/ecorenr /] M Les prêtres d'Isis étaient vêtus de lin , parce que cette déesse passait pour avoir appris aux hommes à cultiver, à travailler le lin. Elle portait dans sa main un vaisseau , parce qu'elle avait inventé les voiles de navire. >» { Encjrclop, ; tom. VIII. Voyez Isis. )
(24) Aux dix mille noms, ] « Myrionime , ou qui a dix mille noms, titre qu'on a donné à Isis, parce qu'il renfermait , disait-on , sous différens noms, tous les dieux du paganisme; car Isis , adorée sous ce nom, était ailleurs Cybèle , Junon , Minerve , Vénus , Diane, elci» ( Encjrclop, ; tom. X , pag. 914* )
<c Isis était trop célèbre dans le paganisme pour être ignorée des Médiomalriciens. Parmi les inscriptions trouvées à Metz , on en remarque une dont on entreprendrait vainement la traduction à défaut de quelques lettres rongées par l'injure du tempsj mais ce qui demeure suffit pour désigner Isis Mjrionimes ou la déesse aux dix mille noms. » \Ant, de Metz^ Dom Martin ; tom. II. )
(25) Robes lugubres. ] « Les finîmes sycambres ,
vêtues de robes noires , les bras et le sein nuds , les cheveux couronnés de genêts fleuris , paraissaient quelquefois dans la mêlée.» (Plutarque,Siraàon, Cordemoîj cités par M. Marchangi ; Gaule poétique, tome 1*', page 122. )
{:i&)EtJilé les cordages,'] «Diodore de Sicile et Apulée disent même qu'elle présidait à la navigation; et .ce dernier fait dire à Isis , « que les ministres de ses >» autels^ en reconnaissance de ce qu'elle a rendu la » mer navigable, lui consacrèrent une barque gros" » siere ^ et lui offrirent les prémices de la charge d*e » tous les vaisseaux» » Tl est important de remarquer que le culte d'Tsis chez les Suëves , nation germanique , est un préjugé en faveur de notre sentiment, car les Suëves étaient Celtes, aussi bien que les Parisiens; et comme le fond de la religion celtique était partout le même , et qu'elle ne variait que dans le plus ou dans le moins, les Parisiens connaissaient et adoraient Isis.» ( Lactance , livre i"^, chap. 2 ; Dont Martin , tome II , page 140. )
(27) Des fruits et des fleurs."] « La nouvelle luneporte des habits blancs , des souliers d'or et des torches ardentes. Le panier ou calathus signifie qu'elle contribuait à la production des fruits ; quand elle porte des souliers d'airain , elle représente la pleine lune.
»Le chien était consacré à la lune Hécate qui était servie par des lévriers noirs. >»(/>. Martin» )
Porphyre , cité par Eusëbe , nous a conservé un oracle de la lune, oii cette déesse déclare de quelle manière on devait la représenter : « Vous donnerez , » dit-elle, à ma statue, l'air, les traits et la mine de
9a NOTES
M Cérës , tenant toutes sortes de fruits; mes habits » seront blancs et mes souliers d'or. » ( Porphyre ; livre i".)
(28) ha bienfaisante. ] « Néhalennîa était Isis ou la nouvelle lune adorée souvent sous les attributs deCérës^ la bonne déesse ; on l'appelle la bienfaisante.
» C'est entre d'Omburg et West-Kappel , qu'on a déterré les monumens qui regardent la déesse Néhalennia. Un violent vent d'est ayant éloigné les eaux de la mer ' à une large distance de la côte , en 1647 > ^^ aperçut dans les sables une grande masse de ruines dont la vétusté excita la curiosité des spectateurs , et on s'empressa de les retirer avant le retour des flots. Ces monumens consistaient en statues , autels , vases , médailles et autres pièces dont on peut voir le détail et les figures dans l'ouvrage de Yrédius. De ce nombre se trouvait une statue de Neptune ; mais la plupart représentaient une divinité inconnue jusqu'alors, et que les inscriptions nomment Néhalennia, La déesse est tantôt debout , tantôt assise ; les symboles qui l'accompagnent sont communément un chien , un panier de fleurs et de fruits , qu'elle porte sur son giron , et quelquefois une corne d'abondance. On la trouve aussi posant un pied sur la proue d'un navire, au bas de laquelle sont écrites les lettres D et ^.» {Rép, des Champs-Éljrséesj de Grave ; tom. V , p. 264. )
«Les fréquentes représentations de Neptune avec Néhalennîa , marquent qu'elle était invoquée par les gens de mer pour l'heureux succès de la navigation et de leur négoce (ditMontfaucon). Cependant, si j'examine les attributs qu'on lui donne, je pourrais étendre mes idées sur Néhalennia , et la confondre avec Isis , Cérès,
Minerve , Diane , la Vierge , etc. (*) Porphyre fait parler aÎQsi la lune dans un oracle qu'elle rendit elle-* même : « Vous donnerez à ma statue l'air, les traits et » la, ^gure deCërès, tenant toutes sortes de fruits; » mes habits seront tout blancs et mes souliers d'or. » {Monumens celtiques , par Alex. Lenoir, pag. 81.)
C*^) « Isis, placée dans le ciel prés du vaisseau, a fait dire aux Kgyp tiens qu^elle présidait a la navigation \ la garde dlsis, selon eux, avait été' confiée à Anubis ou uu chien det constellations j aussi Anubis était -il représenté avec une tête de cKien.
» On donnait aussi à Diane deux chiens, Procyon et Syrius. La Tiergc des chrétiens , ou la femme porte-épi , présidait aussi aux moissons et aux vendanges : on peut se rappeler d^avoir vu dans nos temples des épis et des raisins dans les mains des statues d« la vierge qa*on y adore. » {AUx. Lenoir, )