‹ La vierge d'Arduène: traditions gauloisesChapitre 7 sur 38 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

plus paisibles^ plus cachés que jamais; cail'ennemi n'atteud qu'un prétexte pour faire peser sur vous son joug de fer. Malgré les

guerres sanglantes qui déchirent la mère-patrie, vous avez par mes soins conservé la paix dans vos foyers. César et ses lieutenans ont plus d'une fois traversé l'Ârduène^ et les dieux, protecteurs de la modération et de la sagesse, vous ont dérobé à ses regards dévastateurs K Mes vieux compagnons et moi nous avons combattu dans les rangs des Induciomare et des Ambiorix; mais seulement pour payer notre dette à la patrie. Jamais nos noms mo* destes ne parvinrent aux oreilles du vainqueur; nos bardes seuls, et vos transports, procla** mèrent notre gloire. O mes fidèles l que ces beaux souvenirs vous suffisent ! Vivez encore

heureux comme ont vécu vos pères I Ces

forêts profondes élèvent pour vous de nombreux troupeaux de cerfs; les sangliers s'engraissent non loin de vos demeures; l'orge mûrit dans vos plaines; le houblon amer couvre vos collines de ses guirlandes pourprées, et les

gS LA VIERGE D'ARDUÈNE.

douces abeilles se plaisent dans le tronc caver-neux de vos aulnes. Sachez donc vous suffire à vous-mêmes ^. Dëfiçz-vous surtout de Tor de l'étranger ; il veut vous éblouir pour vous subjuguer. Ne cherchez point à ravir les troupeaux^ les moissons^ ni les armes de vos voisins; soyez unis^ ou redoutez le sort de vos frères 9 devenus lés esclaves de ceux dont ils avaient imploré l'appui. Mais si l'esprit belliqueux de Hésus vous anime ; si la guerre devient nécessaire à votre sûreté^ à votre bonheur: embrassez alors la seule cause digne de vous , celle de la liberté. Réunissez-vous à vos frères^ brisez leurs chaînes^ chassez Tétranger de vos belles contrées, et rendez la gloire à la patrie. O vous 9 mes fidèles, mes braves ^ ! veillez sur mon peuple; préservez -le de l'oppression; conservez ma mémoire, vos droits et votre indépendance. Vénérable Hemdal, continuat-il en s'adressant au vieux druide qui paraissait l'écouter attentivement, je confie ma fille h votre foi. Je vous remets aussi Tadministration des biens, des esclaves et des trou|5eaux

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