‹ La Vierge de Miséricorde; étude d'un thème iconographiqueChapitre 10 sur 158 · Marucchi, op. cit.. t. I, p · texte numérisé non relu

Marucchi, op. cit.. t. I, p

3. Sans autre preuve que ces trois mots de saint Irénce, un théologien contemporain écrit : « Le rôle d'Avocate par excellence est attribué par les Pères à Marie dès le second siècle » Terrien, La .Mère de Dieu et la .Mère des hommes, '2" éd., t. IV, p. 41i).

i. Eludes sur la civilisation française, t. II le culte des saints sous les Mérovingiens , Paris, ISO'.i.

5. Die Heiligen der Merowinger, Fribourg-, 1900. Cf. encore Bayet, dans rilisl. de France de Lavisse. II, 1. p. 2io.

tion particulière pour la sainte Vierge, qu'il voyoit s'intéresser pour les hommes, les recommander à son fils comme leur avocate, et leur montrer en même temps que ce n'est qu'en obéissant à J.-C. qu'on en peut obtenir des grâces. » Ces assertions étonnent : on se demande en quel endroit des Ecritures Bossuet a trouvé tout cela. Un théologien catholique répondra sans hésiter que Bossuet avait en vue les premiers A'ersets du chapitre ii de l'Evangile de Jean :

\. Et die tertia nupliae facfae siint in Cana Galilaeae ; et erat mater Jesu ihi.

2. Vocatus est autcm et Jésus, et discipuli ejiis ad nuptias.

3. Et déficiente vino, dicit mater Jesu ad eum : Vinum non habent.

4. Et dicit ei Jésus: Quid milii et tihi est, mulier? Nondum venit hora mea.

o. Dicit mater ejus ministris : Quodcumque dixerit vohis, facite .

Ce texte est la base scripturaire de la croyance à la miséricorde de Marie. Il suffît d'y appliquer la méthode scolastique.

La méthode de la théologie scolastique repose sur ce principe implicite que tout ce qui est rapporté dans l'Ecriture doit avoir un sens profond, par cela même que l'Ecriture le rapporte; particulièrement, des paroles du Christ et de la Vierge ne sauraient être trop scrutées, méditées ; outre le sens littéral, historique, elles ont un sens mysti({ue, allégorique. Le vin que la Vierge demanda pour les gens de la noce signifie la grâce dont manquent les hommes : en demandant ce vin à son Fils, la Vierge a manifesté sa miséricorde envers nous : elle a, pour emprunter la métaphore des anciens docteurs, plaidé notre cause, elle s'est faite notre avocate.

Les mystiques d'aujourd'hui, si l'on en juge par l'ouvrage du Père Terrien, ne disent plus, pour exprimer la miséricordieuse médiation de Marie, que la Vierge s'est faite notre avocate auprès du Juge. Cette vieille expression, qui fait songer au préteur romain jugeant dans sa basilique, leur semble sans doute une métaphore trop naïve. Le moyen âge, et Bossuet encore, comme on vient de le voir, la trouvaient excellente. L auteur inconnu du Salve Regina s'écriait : Eia ergo,

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