‹ La Vierge de Miséricorde; étude d'un thème iconographiqueChapitre 103 sur 158 · Angot des Botours, op. cit., p. v et · texte numérisé non relu

Angot des Botours, op. cit., p. v et

2. T. I, p. xxvii. Cf. Paquot ad Molani de hist. SS. iniag., p. 334 de l'éd. de Louvain : « Legllimum Marine cnltiim denegariint Calviniajii. Lutherani caete rique exorli saeculo XVI" haeretici. A/iqua sui parte enmdem imminuere quidam e recentiori Xovatoriim agmine. > Les iXoratores du commentaire de Paquot sont les Jansénistes.

ima<2^e miraculeuse de ce tvpe sert en quelque sorte de Palladion, la Madonna délie Grazie k Milan, la Vierge de Bonsecours à Nancy'. Elle est aujourd'hui tellement oubliée que l'auteur du plus copieux traité paru de notre temps sur la A ierg-e Marie, avoue ne pas savoir s'il existe des images de la Vierg-e couvrant de son manteau la chrétienté entière, comme il en existe, dit-il, qui la représentent couvrant de son manteau un ordre religieux-.

Ainsi, le catholicisme, dans son évolution, a délaissé, comme une vieillerie, le type si naïvement expressif qu il avait trouvé à l'aube du xiii*" siècle pour faire comprendre aux simples la miséricorde toute-puissante de Marie. S il est vrai que le jour est proche où le magistère de l'Église sera sollicité de définir la croyance à la miséricorde de Marie, si la thèse de la coopération de la Vierge à l'œuvre rédemptrice et k l'effusion de toutes les grâces est vraiment un dogme en formation 3^ il semble que lorsque les théologiens se préoccuperont de réunir le dossier de ce nouveau dogme, les représentations de la Vierge au manteau protecteur prendront pour eux un intérêt singulier. L'histoire d'une religion qui admet le culte des images, ne doit pas être faite uniquement avec des textes. Les images, destinées k instruire le peuple — picturae quasi libri laicorum — , nous font, parfois, connaître mieux que les traités des docteurs et que les textes de la liturgie, les croyances, les aspirations religieuses des masses populaires.

1. En 1710, les consuls d'Albi <■ offrirent un manteau de moire dargrent rehaussé de galons dor et de rubans »à la statue de N.-D. de la Dréche. en faisant cette prière : " Par cette robe que nous vous présentons, nous vous prions instamment qu'il vous plaise de nous mettre à cou\ert sous votre puissante protection » (Texte cité sans référence par Barbier de Montault. fievne de l'art chi'étien, 1S89. p. 25 .

2. << Plus d'une fois, les peintres ont représenté la Mère de Dieu enveloppant sous les plis de son manteau une famille relifrieuse. Sest-clle aussi montrée étendant son vêtement maternel sur le genre humain tout entier ? Je ne saurais le dire. Cequejesais bien, c'est que les tableaux où elle serait ainsi dépeinte exprimeraient une vérité incontestable » 'Le P. Terrien. S. J., La Mère de Dieu et la Mère des hommes, t. III, p. 552 .

3. Angot des Rotours, op. cit., p. 129. Cf. ces lignes du P. Bainvel. S..!.. Le dogme et la pensée catholique, paru dans Vn siècle (Poitiers et Paris, Oudin. 1900), p. 815 : « Les théologiens 'catholiques, depuis la définition solennelle de l'Immaculée Conception rêvent, sous l'attrait d'un amour qui ne dit jamais assez, aux moyens de mettre en relief et de mieux montrer au regard et au cœur du peuple chrétien un privilège qu'il reconnaît et qu'il affirme, mais confusément et sans en avoir encore une pleine conscience, celui de la coopération de Marie à l'œuvre rédemptrice, et de sa part dans toutes les grâces qui nous viennent de Dieu. ■>

I. La Viei'ge de Miséricorde et les Vierges Saintes. — II. La Vierge de Miséricorde et les sept Vertus. — III. La Vierge de Miséricorde et les sept Péchés. — -IV. La Vierge de Miséricorde et les Anges Gardiens. — V. La Vierge de Miséricorde et le Démon.

Quelques représentations de la Vierge au manteau sont tellement singulières, qu'elles m'ont paru devoir être groupées et étudiées à part.

La tribune des chantres, dans la chapelle du château des Teutoniques, à Marienbourg en Prusse ', est ornée de fresques

a. — Le Juge du monde.

h. — La Vierge au manteau, c. — S' Michel pesant les âmes.

cl. — Les élus, e. — Les damnés.

du XIV*" siècle (de 133i, d'après M. Lehmann '), dont le schéma ci-dessus explique la disposition ■'^. Elles forment, en somme, une sorte de polyptyque, consacré au Jugement dernier. Ce qui en fait la singularité, c'est que, sous le manteau de la Vierge

1 . Sur ce cliàteau fameux, cf. La^•isse, Eludes sur ihisloire de Prusse, p. lis.

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