Cf. Rohault de Flcury, La Sainte Vierge, t. I. p
ag-enouillés auprès du Christ : lun tient un lis. Les traits que le Christ a lancés ont atteint de petits personnag-es debout dans les niches de deux édicules. k droite et à gauche de la Vierge (ces édicules se rencontrent, paraît-il, dans beaucoup de retables aragonais du xv*" siècle] . Des inscriptions indiquent que ces personnages sont les Péchés :
Envydia
Luxuria
Avaricia
Gui a
Pereza
Ira
Les flèches atteignent les Péchés à la partie du corps où chacun à son siège : l'Envie est touchée à l'œil, la Gourmandise à la panse, la Paresse au genou, la Colère au cœur ; il faudrait le latin, ou plutôt le grec, pour dire où est touchée la Luxure. Sous les pieds de la Vierge, tout au bord du tableau, une femme apparaît à mi-corps, la poitrine percée d'une flèche, sans doute la personnification de l'Orgueil, Superhia ; on a ainsi la série complète des sept Péchés capitaux.
Il existe au musée du couvent bénédictin de Klosterneubourg une série de neuf tableaux de la fin du xv*" siècle, jadis dans l'église des Neuf-Chœurs-des-Anges, à Vienne, qui représentent la Reine des Anges, vénérée par chacun des neuf chœurs célestes. Ces peintures ont été exécutées pour les Carmes * auxquels appartenait jadis l'église des Xeuf-Chœursdes-Anges. Nous avons déjà vu que les Carmes tiennent de leur origine orientale des préoccupations théologiques tout à fait particulières : ils se sont, notamment, beaucoup appliqués à l'angélogie ; nul Ordre n'a autant médité que le Carmel le fameux traité du Pseudo-Aréopagite, De caelesti hierarchia ~.
La neuvième de ces peintures '^ représente la Vierge adorée
1. Et non pour les Carmélites, comme le dit M. S. Reinach 'Répertoire, II, p. 538 , qui s'est trompé sur le sens du mot allemand Kanneliler.