Sinnbilder, p
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quattrocento. Des textes traduits dusj-riaque de saint Ephrem, ou extraits de cantiques latins récoltés en Allemagne, en Bohème et en Suède ne semblent pas très pertinents dans la question.
« Le type de la Vierge à la massue, écrit M. Reinach, nest pas d'origine populaire. » Je suis de lopinion exactement opposée. La peinture religieuse des petites villes ombriennes, dans la deuxième moitié du xv*" siècle, a un caractère populaire bien accusé, sur lequel nous avons déjà eu à insister' : c'est de la peinture d'ex-voto pour confréries, pour couvents, pour bonnes gens d'une foi simple et passablement superstitieuse — naïve ou niaise, comme on voudra : c'est de l'imagerie populaire. Il est invraisemblable que la Vierge à la massue doive s'expliquer en fin de compte par l'erreur d'un clerc qui aurait lu Ovide, par un calembour d'humaniste. Ce type n'a été si répandu en Ombrie que parce qu'il était facile à comprendre pour les simples, grâce à l'enseignement religieux qu'ils avaient reçu, grâce aux textes sacrés avec lesquels les avaient familiarisés la liturgie et la prédication, les arts figurés et les représentations dramatiques.
Reportons-nous aux photographies et aux descriptions des tableaux de la série. Le tableau de Montefalco et celui de Palerme - mettent à lamain de la Vier<?e une massue. Mais celui de Montpellier ^ lui donne un bâton noueux, et celui de la galerie Colonna ^ un bâton lisse, ce qu'au moyen âge on appelait une verge (d'où l'expression huinsier à verge). Or, c'est en cpielque sorte un lieu commun de comparer la Vierge Marie à une virga. La plus fameuse des prophéties de la Vierge — egreditur virga de racUce Jesse — repose sur ce jeu de mots virga, Virgo. Les mystiques ne se sont d'ailleurs pas contentés du passage d'Isaïe. « Celle qui se promena sous des figures dans l'Ancien Testament, la ^'ie^ge antérieure aux Evangiles -^ » a été reconnue, par les auteurs des Bibliae Marianae. dans