LA VIERGE QUI .MOMKE SON SEIN
Je vais citer, en remontant de proche en proche aussi loin qu'il me sera possible, un certain nombre d 'œuvres qui représentent la Vierge implorant soit le Père, soit le Fils en lui montrant son sein nu.
Un vitrail voué en 1590 dans l'église cistercienne de Wettingen', et qui est inspiré de VArs nwriendi, représente, dans le bas, un mourant dont l'âme est recueillie par un ange. Le Diable essaie en vain de s'en emparer. Saint Jean, qui est présent à la scène, explique pourquoi : c'est qu'au même moment, dans le ciel, Jésus et la Vierge, montrant, 1 un la blessure de son flanc, l'autre les mamelles qui ont allaité l'Homme- Dieu, intercèdent auprès du Père pour l'àme du trépassé ~. Chaque personnage de cette composition tient une banderole. Je citerai seulement les textes inscrits sur les banderoles du Christ, de Marie et du Père, pour l'analogie qu'ils présentent avec les inscriptions d'un tableau dont nous parlerons bientôt.
Jésus : Vatter^ erhor miner mu (ter Bitten
Durch die Wunden, die ich hah erlitten. Marie : Son^ von ivegen der Briisten min
Wellst diesem Si'mder harmherzig sin.
Le Père : Sou, ever da hittet uni diner Mutlcr nameii, Den icill ich eiviff nie ht verdammen.
Un triptyque de l'école de Nuremberg-^, voué vers 1530 pendant une peste, représente une montagne plantée de sapins, sur laquelle, au premier plan, sont agenouillés les gens d'église et les princes; à l'arrière-plan, debout ou à genoux, implorant la miséricorde divine, les bourgeois et les paysans. Du haut du ciel, le Père lance sur les hommes les