‹ La Vierge de Miséricorde; étude d'un thème iconographiqueChapitre 147 sur 158 · Chassant, p · texte numérisé non relu

Chassant, p

Se son filz se cource, elle accourt Et lui demoustre sa mamele Dont l'aleita vierge et pucele.

Le poème met cela pour ainsi dire en action . Sentant que le DialDle va gagner le procès, la Vierge tâche d'émouvoir la pitié du Juge :

Ta mère suy, mère m' appelés:

Beau fils, regarde les mameles De quoi aleiter te souloie '.

Le Diable proteste contre cette fa^on de plaider : Ten demanf interloqutoire.

Mais c'est en vain qu'il prouve que la Vierge, étant femme, ne peut, aux termes du Code Théodosien. plaider une cause qui n'est pas la sienne, et devant un juge dont elle est si proche parente : toutes ses chicanes de Basse-Normandie ne l'empêchent pas de perdre sa cause. Et les saints qui ont assisté, anxieux, à ce grand débat, entonnent en l'honneur de la Vierge le Salve Regina.

h'Advocacie Xostre Dame est une composition livresque, que le peuple n'a pas connue. Il n'en est pas de même d'une laude italienne, où se retrouve le thème que nous venons de signaler dans ÏAdvocacie. On sait, grâce aux travaux de d'Ancona "~, ce qu'étaient les laudes ombriennes du xiv'' siècle, — des chants religieux dialogues qui, à l'issue de la messe paroissiale, étaient déclamés, soit dans l'église même, soit dans la chapelle de la confrérie, par les confrères de la Pénitence. La laude du dimanche de l'Avent était consacrée au Jugement dernier : on entendait les damnés supplier Marie, et Marie tenter en vain, au nom de sa maternité miraculeuse, de fléchir le Juge : « Par le lait dont je t'ai nourri, écoute-moi un peu, mon Fils, pardonne à ceux pour qui je plaide... Neuf mois je t'ai porté dans mon sein virginal, et tu as bu à ces mamelles quand tu étais petit enfant : je t'en prie, si cela se peut, efface ta sentence ! »

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