LA CROYANCE A LA MISÉIUCUUUE DE MARIE
protectrice et son avocate : car il est le premier de tous ceux qui sont dédiés à Marie. Si. par impossible, le Diable et Judas lui-même se mettaient à suivre la règle de Giteaux, humblement et entièrement, il ne faudrait pas désespérer de leur salut final : la Vierge, par sa miséricorde, saurait bien les sauver ' ». Cette énerg-ique hyperbole fait sentir, mieux que tout autre texte, avec quelle force l'Ordre cistercien sest attaché à la doctrine bernardine de la miséricorde de Marie.
Ces éclaircissements sur le rôle de saint Bernard et des Cisterciens dans le développement de la mariolàtrie en général et particulièrement de la dévotion à la Mère de ^liséricorde étaient nécessaires pour expliquer que le type iconographique de la ^^ierg;e au manteau protecteur, imag-iné par le moyen -Âge occidental comme symbole de la miséricorde infinie de Marie, soit né, comme on va le voir, dans un couvent de Citeaux,
]. Peculiaris in terris fninilia cjloriosissimne matris Domini... Xnm ultra spiritiiales revelaliones inliinas([ue consohitiones saepiiis fuhfidissimo caeli civium stipata comitaln ens visilahat. etiarn visihiliter consolahat, edocehat, adjiivabat. dirigebat. ()b hoc et ipsa sacri hujus Ordinis palrona, domina, prolectrix et advocata noininatiir, sicul Ordo primus est omnium Ordinum in ejiis honoreni dedicatus... Si per possihile Daemon aut etiam Judas humiliter et inte(fraliter sacri Ordinis observantias custodirent, de eorum sainte finali neqiiaqiiam desperandum videretiir. Sur les Collecta de Jean de Cirey, voir infra, p. 29. Ce texte est cité par Tissier. en tète de sa Bibliotheca Palriini Cislerciensium Bonnefonlainc, J660j. dans la dédicace, qui est adressée à la Vierg:e Marie, speciali Cisterciensis Ordinis patronae. Après cette citation, Tissier poursuit ainsi : dileclionem liiam in omnes ejiisdem Ordinis personas ea praecipue visione demonstrasli. c[ua eas siib chlamide tua te f'overe et protegere, quasi gallina pullos, ostendisti : cl il raconte la vision rapportée par Césaire, dont nous allons parler. Voir encore, dans le même ouvrajje, t. VII, p. 211, un sermon d'Hélinand de Froidmont, avec les remarques de Lecoy de la Marche. La chaire française au moyen âge, 2" éd., p. 374.
Pehurizet. — La Vierge de Miséricorde.