‹ La Vierge de Miséricorde; étude d'un thème iconographiqueChapitre 150 sur 158 · De hisloria sacraruni iinaçfinum, II · texte numérisé non relu

De hisloria sacraruni iinaçfinum, II

3. Schreiber, Manuel de laç/ravure au XV' siècle, t. I, p. 168 : ■■ Sur maintes représentations du Juj^ement Dernier au xv siècle), la A'ierg:e découvre sa poitrine pour rappeler à son Fils que c'est un sein de femme qui la nourri et pour lui dire en quelque sorte par cela d'être abondant en grâce 'idée de saint Bernard »,

LA VIERGE QUI MONTRÉ SON SEIN 2o I

En réalité, Molanus et les rubriques du Spéculum m'avaient eng'agé sur une mauvaise piste. J'ai cherché vainement le texte en question dans les œuvres de saint Bernard, J'ai parcouru, sans plus de succès, la vaste collection d'apocryphes que le moyen âge attribuait au docteur « Melliflu. »

J'en étais là de mes recherches quand la g-ravure d'Egbert Van Panderem, dont il a été question plus haut, ma fait les diriger d'un autre coté. Cette gravure porte la légende suivante : Mariam vere Dei matrem agnoscimus pro génère nostro praesentissime intcrcedentem : ita ut Dominus noster salutem cHsfjcnsef, illa vero eani materno affectu pro nohis poscaf. Ostendit Mater Filio pectus et ubera ; Filius Patri latus et vulnera. Et quomodo poterit ihi esse ulla repuisa, ubi tôt sunt caritatis insignia ? [S. Germanus episcopus Constantin.). On reconnaît, à la lin de ce morceau, le texte même du Spéculum et de la citation attribuée par Molanus à saint Bernard.

Le Père de l'Eglise auquel l'attribue la gravure de Van Panderem est saint Germanos I, patriarche de Constantinople, mort en 733, qui défendit contre les iconoclastes le culte des images, ce qui lui vaut d'être représenté portant une icône de la Théotocos ' ; mais pas plus dans les œuvres de saint Germanos que dans celles de saint Bernard ne se trouve le passage en question. Molanus n'avait pas pris la peine de vérifier l'attribution traditionnelle, tant elle lui semblait hors de contestation ; il est croyable que le théologien qui fit la légende de la gravure de Van Panderem a cherché la citation dans saint Bernard et que, ne l'ayant pas trouvée, il s'est tiré d'affaire en renvoyant les curieux à un Père connu par sa dévotion à la Vierge, mais qu'ils n'iraient pas lire, puisqu'il avait écrit en grec ; d'ailleurs, comme les ouvrages de Germanos avaient été brûlés par ordre de Léon l'iconoclaste ', il restait toujours la ressource de dire que le passage en question se trouvait dans un des ouvrages perdus.

En réalité, il est pris, avec quelques changements, du début du De laudihus B. Mariae Virginis, d'Arnaud (ou Ernaud) de Chartres'^, abbé de Bonneval en 1138, mort en 1156 :

1. Cahier, II, p. 484. Cf. Acta SS., mai III, p. 156. Ilipp. Marracci a publié un S. Germani patriarchae Constant. Mariale, que je nai point vu. Les écrits de Germanos dans Migne, P. G., XCN'III.

Page 1