Traduction de Ruth, p
5. Ruth, III, 19. Le même rite explique Ezéchiel, XVI, 8 : « Ainsi parle l'Éternel à Jérusalem : « Tu étais nue: je passai près de toi, je te regardai, et voici, ton temps était là, le temps de la puberté : j'étendis sur toi le pan de ma robe, je couvris ta nudité, je te jurai fidélité et tu fus à moi. »
6. Du Gange, Gloss. med. et inf. lat., s. v. Pallia cooperire.
blant déniotion et de froid ' » : ce g-este de révéque. que l'art a popularisé ', était peut-être, au vrai, un rite d'adoption. Le même rite existait chez les Juifs, comme le montre le passage de la Bible qui raconte comment Élie s'adjoignit Elisée : Clinique venisset Elias ad eiim, misit pallium super illum^.
Peut-être aussi le moine qui a imaginé la vision rapportée par Césaire, a-t-il transféré à la Vierge un miracle que les peuples du Nord racontaient d'un de leurs saints, et plus anciennement, dun de leurs héros ou dun de leurs dieux. On lit dans la vie de saint Columba, qu'en 635, pendant la nuit qui précéda la bataille où il devait battre les Bretons, Oswald le Saxon eut ce rêve : saint Columba, le grand abbé d'iona, mort depuis trente-six ans, se trouvait devant lui ; la taille du saint était si grande qu'il touchait le ciel de la tête; il était vêtu dun manteau resplendissant, dont il étendait les pans, en sorte qu'ils couvraient tout le camp des Saxons. Et il dit à Oswald ce que le Seigneur avait dit à Josué : (( Aie bon courage, car voici, je serai avec toi ! ^ »
Ainsi, le thème du manteau protecteur paraît être d'origine septentrionale — celte, ou germanique,
Césaire ne dit pas d'où était le moine qui vit la Vierge abritant les Cisterciens sous son manteau. Il n'en savait rien, probablement. Ne nous hâtons pas de conclure de la nationalité de Césaire, que le moine qui fut favorisé de cette vision était un moine allemand. C'est plutôt la conclusion contraire cpii d'abord semblerait juste : si le monachus quidam avait été Allemand, Césaire aurait aisément pu savoir son nom et le nom de son couvent.
Mais on peut dire, d'autre part, que si le type de sainte l rsule abritant ses compagnes sous son manteau a été créé, comme il est permis de le croire, à Cologne, au xin*" siècle, à l'iiiiitation du type de la Vierge de Miséricorde, c'est que le thème du manteau protecteur était familier à la mystique allemande'.
J. Sabaticr, Vie de saint François d'Assise, p. 70.
2. Fresque de GiotLo à S. Francesco d'Assise ;\Vôrmann. Kun.<it(feschichte, l. II, p. 367) : tableau flamand des environs de 1500. dans Friedliinder. Meistericerke derniederl. Mulerei. pi. 60; etc.