‹ La Vierge de Miséricorde; étude d'un thème iconographiqueChapitre 24 sur 158 · PI. III · texte numérisé non relu

PI. III

a eu des exceptions, pour lesquelles nous renvoyons à VHisfoire des Ordres monastiques de Hélyot, t. V, p. 307, pi. 08 à 6t.

11. — Gravure sur bois au recto du l^"^ feuillet des Collecta de Jean de Cirey, imprimés à Dijon en 1491 par Pierre Meitlinger, le plus ancien livre sorti des presses dijonnaises; cf. Brunet, Manuel du libraire, s. v. Johannes Cisterciensis. La Bibliothèque Nationale en possède plusieurs exemplaires; le frontispice de celui que j"ai pu étudier (Rés. Il, 1053) porte les noms de deux possesseurs successifs ; l'écriture étant de la fin du xv'= siècle, ce sont probablement les deux premiers possesseurs : Ad usum f[rat)ris Pétri Janiaille Cisterciensis — cujus dono me h abet) f{rate)r Nicolaus ahbas Septemfontium (Septfontaines dans rAllier; cf. Janauschek, t. I, p. 25;. Le frontispice de l'exemplaire de la Bibl. de Grenoble a été reproduit dans la Gaz. des B.-A., 1903, t. II, p. 403.

12. — Peinture sur bois, de la Gnduxv^ siècle, très repeinte, jadis au château de Montesa, puis à Valence, dans Téglise du Temple, qui appartenait à l'Ordre de Sainte-Marie de Montesa, maintenant à Madrid, à la Secrétairerie des Ordres de chevalerie. La Vierge, sans l'Enfant, abrite sous son manteau les membres de l'Ordre. Pour donner une description plus détaillée, il faudrait être fixé sur l'importance des repeints; je ne connais ce tableau que par la chromolithographie publiée par Don Valentin Carderera y Solanodans son Iconografia espaùola (Madrid, 1835), t. I, pi. XVI, d'après laquelle a été exécuté le dessin publié dans la Vie militaire et religieuse au moyen âge et à la Renaissance (Paris, 1876) de P. Lacroix, p. 204.

LES AUTRES ORDRES EMPRUNTENT AUX CISTERCIENS LE THÈME DU MANTEAU PROTECTEUR.

Pauvreté d'invention de l'imagination populaire. — Pauvreté de la légende de saint Dominique. — La vision de la Vierge au manteau protecteur dérobée aux Cisterciens par les Dominicains dès la première moitié du xin'" siècle: vision de la recluse, vision de saint Dominique. — La vision de la Vierge au manteau protecteur et limagination monastique. — Les autres Ordres, à l'exemple des Dominicains, se réfugient sous le manteau de Marie. — La dévolion du « Manteau de Notre-Dame ».

L'imag-ination populaire est dune surprenante pauvreté d'invention '. Qu'il s'agisse de contes de fées ou de contes à rire, de haeotiana ou de vies de saints, le nombre des thèmes, si l'on en fait un classement systématique, apparaît finalement comme des plus restreints.

En étudiant ailleurs ' le miracle de la coupe cassée, depuis Asclépios, qui l'a opéré à Epidaure quatre cents ans avant notre ère, jusqu'à saint Antoine de Padoue, j'ai montré par un curieux exemple, comment un thème de miracle se répète à travers les siècles, comment il passe d'une religion à une autre, comment les biographes d'un saint rempruntent à la vie d'un saint antérieur. Alfred Maury dans des pages excellentes^, et après lui, le Bollandiste Delehaye ont indiqué, d'après

1. Cf. Delehaye. Les làyendes hagiographiques, 2° éd. (Bruxelles, 1006), p. 29.

2. Archiv fiir Religionwissenschaft. 1905, p. 303-309. Aux textes rassemblés dans cet article, ajouter P. L.. CLXXII, 835, où Honorius d'Aulun attribue le miracle à saint Jean rÉvan^'éliste. Pour le miracle du verre dans la légende et l"ic(ino{iraphie de saint .\ntoine de Padoue, cf. G. de Mandach, Saint Antoine de Padoue dans l'art italien, p. 297.

3. Croyances et légendes du moyen âge, p. 9i sq. Maury s'est surtout attaché à monlrei- comment les léfjendes des saints répètent celles que la Bible raconte des propliètes, des patriarches, mais surtout du Christ. Comme Jésus, les saints multiplient les pains, marchent sur les eaux, guérissent les possédés, ressuscitent Us morts ; l'exemple le plus typique de l'imita-

la littérature hagiographicp^ie, beaucoup d'exemples analogues ; on en trouverait une foule d'autres en parcourant les Caractéristiques des Saints du P. Cahier. Saint Denis n'est pas le seul martyr qui, après avoir été « décollé », se relève, prend sa tête et la porte à l'église prochaine : saint Mitre', à x\ix, en fît autant, et beaucoup d'autres dont Cahier donne la liste ■^. Giotto, qui a peint le pape Honorius voyant en songe saint François soutenir l'église ébranlée du Latran ^, avait été devancé par fra Gugliemo qui, sur ÏArca de Bologne'*, avait raconté la même vision au profit de saint Dominique, conformément à la tradition Dominicaine'. Dès le xiii'' siècle, un autre miracle de saint François, l'ordalie des livres jetés au feu, est attribué à saint Dominique: il sert de type dès 1273 au sceau du prieur Dominicain de Douai''. Sur le plus grand des miracles dont ait été favorisé le poverello, le miracle des stigmates, Dominicains et surtout Dominicaines s'acharnent pour le reproduire. « Depuis que les compagnons de saint François avaient cru devoir relever la sainteté de leur maître par cette similitude étrange avec le Christ, les stigmates passaient pour unirait de la plus haute sainteté ' ». C'est par les stigmates de sainte Catherine de Sienne que l'Ordre de saint Dominique

tion de J.-C. par les saints est la légende de saint François, telle que l'a racontée Barthélémy de Pise dans son fameux ouvrage, Conformitates vitae s. Frnncisci ad vitam J. C. Comme Élie, saint François est enlevé au ciel sur un char de feu; comme Élie, saint ^'it, saint Modeste, saint Crescent sont nourris au désert par les oiseaux du ciel ; comme Elisée, saint Leufroi fait remonter sur l'eau un fer de hache qui était tombé dans un llcuvc. La légende de la conversion de Clovis à Tolbiac, celle de l'apparition de saint Bernard à Aniaury, roi de Jérusalem, sont copiées sur l'apparition du labarum à Constantin.

1. Son martyre est représenté sur im tableau de la cathédrale d'Aix ;Bouchot, La peinture en France sons les Valois, pi. LIV).

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