‹ La Vierge de Miséricorde; étude d'un thème iconographiqueChapitre 25 sur 158 · Caractéristiques, t. II, p · texte numérisé non relu

Caractéristiques, t. II, p

3. Fresque d'Assise, Alinari 3256 ; panneau giottesque provenant de S' Croce, au musée de l'Académie de Florence, Alinari I4S1 : prédelle du Giotto du Louvre (n° 1.312).

4. Alinari 10527 ; cf. Reymond, Aa scn/phzre /7orefi///ie, t. I, p. 85. Prédelle de r.\ngelico au Louvre n' 1290 .

5. Constantin d'Orviéto, Vila S. Doininici éci-ite entre 1242 et 1247 ; Bernard Gui, Libellusde mac/istris ord. Praed. (dans Martène et Durand, Vet.scr. et mon. anipliss. collectio): J. Nys, O. P., Vita et miracula S. P. Doininic. (Anvers, 1611).

6. Demay, Sceaux de la Flandre, n" 7463. Cf. Nys, n° 12; Balme et Lelaidier. Carlulaire de saint Dominif[ne. t. I. p. 119.

7. Renan, Christine de Stoinmeln. dans VHisl. litt. delà France, i. XXVIII, p. 2 (réimprimé dans les Xoavelles études d'histoire religieuse].

prit définitiA'ement sa revanche des stigmates de saint François. Encore ceux-là n'ont-ils pas suffi : ce nest pas seulement sainte Catherine, écrit un biographe de l'Ordre, c'est huit ou neuf autres saintes Dominicaines qui furent décorées des stigmates du Christ '.

Les fds de saint Dominique ont donc beaucoup emprunté à la merveilleuse légende franciscaine pour orner la légende plus pauvre-, la figure moins séduisante de leur fondateur. L'Ordre dominicain, au xiu'' siècle, dans son étonnante expansion, a exercé une telle influence, a joui d'une telle réputation de piété, qu il a pu s'attribuer presque de bonne foi et sans susciter de trop fortes réclamations, des honneurs qui étaient à d'autres.

Les Franciscains ne sont pas les seuls qui auraient à se plaindre de cette sorte d accaparement. Dès le milieu du xiu® siècle, les Dominicains se glissent, si l'on peiit ainsi dire, sous le manteau de la Vierge, ils y prennent la place des fils de Cîteaux.

La vision de la Vierge au manteau est racontée de deux façons par les anciens auteurs Dominicains : c est tantôt saint Dominique, tantôt une simple recluse qui voit la famille Dominicaine sous le manteau de Marie. Sous l'une et l'autre forme, cette vision est inconnue du premier biographe de saint Dominique, Jourdain de Saxe (y 1237 i.

Des deux visions, c'est celle de la recluse qui est connue par le texte le plus ancien.

On appelait reclus-'' ou j'ecluses des personnes dévotes et pénitentes qui pour s'absorber dans la prière, la méditation et les macérations, se retranchaient du siècle. Dès l'époque mérovingienne ^, la France avait eu de ces solitaires qui, dans les cités, vivaient comme avaient vécu au désert les ermites de la Thébaïde\ Leur recluserie consistait d'ordinaire en

1. Xys, op. cit., introduction. Cf. Maury, La Magie et l'astrologie dans l'antiquité et au moyen âge^ 3= éd. (Paris, 1S64 , p. 363 ; du même, Croyances et légendes du moyen âge., p. 382.

2. Le P. Beurier {Sommaire des vies des fondateurs et réformateurs des Ordres religieu.T, Paris, 1635 a dit très justement : » le plusgrand des miracles de saint Dominique est linstilution et la propagation de son Ordre. »

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