Pour les textes, cf. Du Gange, s. v. inclusi
4. Bayet. dans Vllist. de France de Lavisse, I, 1, p. 228; Marignan, Études sur la civilisation française, t. II, p. 43.
5. Cf. la note de Gussanvillaeus sur la lettre de Grégoire le Grand au reclus Secundinus Episl., IX, 52: Migne, P. L., LXXVII, 98 T.
LA VIEKGE AU MAMEAU ET LES OUDIîES UELIGIELX 33
une logette dont la porte était murée ou scellée ; une baie de dimensions exig-uës, à hauteur d'appui, permettait de faire parvenir aux reclus la nourriture corporelle et la nourriture spirituelle ^ : telles sont les logettes figurées dans les Théhaïdes des vieux peintres siennois- : un moine assis à l'extérieur, près de la fenêtre, fait au reclus une lecture pieuse, une exhortation. Les reclus choisissaient pour y bâtir leurs logettes les lieux les plus tristes des villes, les édifices en ruines. La recluse rongée des vers cpii aurait été pour saint Dominique l'occasion d'un miracle dont nous avons peine à supporter le récit •^, habitait une ruine de Rome ; à la même époque, il y avait à Lyon, dans les ruines de l'amphithéâtre, jusqu'à onze recluseries ^. A Paris, au milieu du xv'' siècle, une recluse vivait, si c'est cela vivre, dans une logette du charnier des Innocents '.
Ces fakirs d Occident avaient une idée très étroite de la perfection chrétienne. Etant morts au siècle, ils détestaient comme un grand péché tout contact avec lui. Aussi ne durentils d'abord rien comprendre à l'institution Dominicaine. Le Frère Prêcheur n'avait pas pour but la vie contemplative, mais l'action. 11 allait au siècle, bravement, comme avaient fait les apôtres. G est la soif de l'apostolat qui explique que bien des moines du xiii" siècle aient dépouillé le froc noir de saint Benoît" pour revêtir la robe blanche de saint Dominique. Les
1. Dans \eSpeciilum humanue salvalionis. la première miniature du ch. xi.in représente un reclus clans sa loj;ette : Quidam hoino Deo devotiis in cella residehat . Sur les reclus et recluses en Allemagne, cf. Basedo■s^', Die Incliisen in Deiitschland Heidelberg', Hrirning', 1893 , dont la source principale est Césaire d'Heisterbach.
2. Fresque du Campe Santo de Pise, attribuée à Pietro Lorenzetti Alinari, 8819) : panneau du musée des Offices, attribué au même maître (Alinari, 787).