Op. cit., t. VIII, p
Peuuri/.ijt. — La Vierfje de Miséricorde. 5
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Une Confrérie était, avant tout, une association pieuse qui se réunissait pour pratiquer certains exercices de dévotion. Le premier et le plus important, celui qui donnait la force de se plier aux autres, celui aussi qui permettait à la Confrérie de déployer quelque pompe, c'était la participation au Saint Sacrement de l'autel. Chaque Confrérie avait, pour y faire dire la messe, son autel dans une chapelle d'église, parfois dans un oratoire indépendant. L'autel des Confréries vouées à la Vierge était orné d'un retable représentant d'ordinaire la Mère de Miséricorde, avec les confrères à genoux sous son 'manteau.
De bonne heure', nombre de Confréries avaient pris à tâche l'accomplissement des œuvres de miséricorde. Les Miséricordes comme on les appelait en Toscane -, les Sciiole comme les désignait le dialecte vénitien ■^, les Charités comme on disait en Normandie, cumulaient les rôles que jouent aujourd hui l'assistance publique, l'administration des hospices, le service des pompes funèbres. Cela exigeait des locaux considérables. Les Scuole de Venise, les Miséricordes de Toscane possédèrent, dès le xiV^ siècle, de véritables palais. A Florence, le Biffallo, ce bijou d'architecture, et le délicieux palais de justice d'Arezzo sont d'anciens hôtels de Confréries charitables 4.
Suivant 1 usage du moyen âge, les locaux des Confréries
1. M""" Jameson sest étrangement trompée en attribuant à saint Jean de Dieu (1498-1550) la fondation des institutions de charité Legends of the monaslic Orders,\>. 3il).
2. Cf. Passerini, Storia degli stahilimenti di heneficenza délia cilla di Firenze. Florence, Lemonnicr, 1853. « La Toscane, dit la Stati.tlique citée plus haut, est caractérisée par ses Confréries de la Miséricorde, qui ont pour but de secourir les infirmes, les pauvres, les malades, les j?cns frappés sur la voie pulilique de mort subite ou violente, de doter les jeunes filles pauvres et d'accompagner les corps au lieu de leur sépulture » (p. xii).
3. Sur les associations charitables à A'enisc, cf. Sansovino, Venezia descrilta, p. 281.
4. « Une Confrérie cliaritable de Florence se plut à orner sa maison, de ses deniers, le mieux possible, suivant la bonne coutume italienne, dans un temps où il n'y avait endroit sacré ni public ([ui ne fut relevé par l'éclat de l'art. Ce ne fut pas une façade de palais, comme dans plusieurs Scuole de ^'enise, mais seulement une petite maison ornementée, dont le charme est uniquement dans l'exécution raffinée de formes très simples. Lauteur inconnu du Bigallo pourrait bien être un successeur d'Orcagna. Plus sévère et plus riche est la façade de la Misericordia d'Arez/o : c est un véritable monument de transition ravissant en son genre, qui commence dans le style gothique et s'achève û l'étage supérieur dans le style Renaissance » (lîurckhardt. Le Cicérone, t. II, p. 60 de la traduction).
Perdrizet, La Vierge de Miséricorde