Quétif et Echard, Script. 0. P., L I, p
9() CIIAI'ITRE V
Confrérie colniariemie comprenait 3000 noms, dont GOO de Colmar '.
De même que les ouvrag'es composés par les Dominicains du xv*" siècle pour défendre la virginité de Marie-, la dévotion du Rosaire témoigne des efforts de T Ordre des Prêcheurs poui" rendre à Marie les honneurs qu'ils paraissaient lui dénier par leur attitude obstinée dans la controverse de l'immaculée conception. Le succès des Confréries du Rosaire dut compenser, et au delà, pour les Dominicains, la défaveur qu'ils s'attiraient d'autre part à soutenir, contrairement aux Franciscains et à la foi populaire, la théorie « maculiste » de saint Thomas d'Aquin. Ces confréries, d'ailleurs, étaient une invention admirable pour faire marcher en bon ordre le troupeau des ouailles sous la surveillance des n chiens du Seigneur )), Domiiii canes. C'est pour ces deux raisons que sur les monuments figurés de la fin du xV" et du début du xvi*' siècle, la Vierge au Rosaire abrite sous son manteau, non pas les seuls membres de ses Confréries, mais l'universalité des chrétiens.
Parmi les plus anciennes représentations de la Vierge au Rosaire, il en est une qui montre, sous le manteau de Marie, non pas l'universalité des chrétiens, ni les membres d'une Confrérie du Rosaire, mais 1 Ordre de saint Dominique. Je ne connais aucun document iconographique qui atteste aussi clairement le caractère Dominicain de la dévotion du Rosaire.
C'est une gravure enluminée, de la Bibliothèque de Bamberg (pi. XIV, 2). M. Schreiber, quil'a décrite à deux reprises, dit que sous le manteau de la Vierge sont agenouillés des ecclésiastiques. Il est A-rai qu'un porte la tiare, un autre la mitre; mais, comme tous ont l'habit Dominicain — manteau noir, robe et scapulaire blancs — , le doute n'est pas possible : la gravure de Bamberg représente bien l'Ordre des Prêcheurs sous le manteau protecteur de la Vierge. Si le graveur a mis
1. Ingold, Xolice sur Végliseetle couvent des Dominicains de Colmar, p. 66.
2. J. von Schlosser, dans le Jahrb. der kunsthisl. Samml.. Vienne, 1902, p. 29j.