LA VIERGE ET LES COM-RÉRIES DU ROSAIRE
dans la foule des moines un pape et un évèque, c'est que l'orgueil Dominicain tenait à rappeler que l'Ordre avait fourni à l'Église une infinité de prélats', et plus d'un pape"-^.
La Mère de Miséricorde, couronnée par la Trinité, est debout dans un rosaire dont les 50 petits grains sont remplacés par autant de roses jaunes, et dont les cinq gros grains sont remplacés par autant de cercles portant chacun limage d'une des cinq plaies -^ Devant la Vierge, à sa droite, est agenouillé saint Dominique ; près de lui, un chien tenant dans la o:ueule une torche allumée (allusion à une vision dont fut favorisée la mère du saint). Aux quatre coins de la gravure, les quatre personnages qui sont, après le fondateur, les principales illustrations de l'Ordre Dominicain. M. Schreiber les a dénommés tout de travers. En haut, à gauche, saint Pierre Martyr, reconnaissable à la blessure du crâne, et au grand coutelas : M. Schreiber croit qu'il s'agit de sainte Catherine d'Alexandrie. A droite, saint Thomas d'Aquin, portant l'Eglise sur la main droite, un livre dans la main gauche : M. Schreiber croit qu'il s'agit de sainte Barbe. En bas, à gauche, saint ^'incent Ferrier, un livre dans une main, dans l'autre une image du Juge du Monde : M. Schreiber croit qu'il s'agit de saint Hyacinthe. A droite, sainte Catherine de Sienne, couronnée d'épines, et portant un cœur d où sort un crucifix : M. Schreiber croit qu'il s agit de sainte Brigitte.
Cette curieuse gravure, qui sort évidemment de la même officine qu'une gravure non moins intéressante dont nous parlerons plus loin^, est accompagnée dune longue légende allemande, dont voici la traduction :
« Apprenez comment le fondateur de lOrdre des Prêcheurs, le saint Père Dominique a recommandé son Ordre et tous ses frères à ^larie, la reine du ciel, la mère de Dieu ; et J.-C. la ravi en esprit et lui a demandé s'il voulait voir son
1. En 25 ans. de 1227 à 1232. il sortit des rangs des Prêcheurs 7" évoques, y compris un cardinal, un patriarche et 9 archevêques (Mortier, Hist. des maîtres généraux de VOrdre des F. P., Paris. Picard, 1903, t. I. p. 390).
2. Pierre de Tareutaise, intronisé en 1276. sous le nom dinnocent V : saint Benoit XI, intronisé en 1303 ; etc.
3. La Saliitalion angéliqne de Veit Stoss. à l'éijlisc Saint-Laurent de Nuremberg, est entourée d'un Rosenkranz de 50 petites roses: les cinq gros grains sont remplacés par des reliefs circulaires qui représentent cinq des sept joies de la Vierge; les deux autres joies sont placées symétriquement sur le haut de la couronne, à lextérieur.