‹ La Vierge de Miséricorde; étude d'un thème iconographiqueChapitre 68 sur 158 · Caliier, Caractéristiques, l. I, p · texte numérisé non relu

Caliier, Caractéristiques, l. I, p

2. Pour juger de la superstition dans laquelle l'esprit humain était alors tombé, il faut lire les Dialogues de saint Gréf^oire le Grand.

.3. Raynaud, S. J., dans ses Opéra omnia (Lyon, 1665). t. VIII, p. 511.

4. « Ceux qui tiennent beaucoup à chercher des relations plus ou moins étroites entre la mythologie et les dévotions populaires du christianisme, peuvent se donner carrière pour assimiler les flèches d'Apollon aux traits qui percèrent saint Sébastien, dans son premier supplice. Le P. Théophile Raynaud (Ha(/iologium Luffdunense. dans ses Opéra, t. ^'III, p. 514) ne s'y oppose pas très fort, lui qui ne capitule point volontiers devant les adversaires de l'Eglise. 11 se i)ourrait bien en e/Tet que cette invocation ait eu son origine à Rome par opposition à quelque vestige du paganisme qu'on voulait faire disparaîti'e en le détournant vers un but louable. L'Eglise a suivi cette marche mainte fois en divers temps et lieux » (Cahier. Caractéristiques, t. II, p. 661). Ce n'est pas Raynaud qui a eu l'idée de comparer aux flèches dont fut percé saint Sébastien, celles dont Apollon accabla les Grecs : d'après Raynaud lui-même, ce rapprochement avait déjà été fait par .loanncs Pictus t. 42 Ilieroçfli. c. 17, et jiar Philibcrtus Maichinus in opère de l)elln divino prohl. S.

5. Molanus. De hisloria sacraruni imaginuin, 1. III, c. 6 ; Rio, De l'art chrétien, t. II, ji. 18S; Jameson, Sacred and legendarg art. j). 245; Detzel, Chrislliche Ikonographie. t. II, p. 6.'ii; Cahier, Caractéristiques, t. I. p. 414; Forgeais, |P/om/)S historiés, t. IV, p. 166; Reinach, Répertoire. I. 583-590; II, 648-655; etc. Des flèches dont avait été percé saint Sébastien étaient conservées dans l'église des .\ugustins de Poitiers, à Lambesc en Provence, et ailleurs (Estienne, Apologie pour Hérodote, ch. x.vxvm).

des monuments ' qui montrent le bel éphèbe percé de flèches ont été voués dans la crainte de la peste, beaucoup en temps de peste. Assurément saint Sébastien n'a pas été le seul saint « antipesteux » du moyen âge : on en vénérait beaucoup d'autres, selon les pays ' : en Flandre, saint Macaire de Gand, saint Adrien, martyr^ ; en Italie, à partir delà fin du xvi'' siècle, saint Charles Borromée ; en France, saint Christophe, saint Nicaise '* et même saint Louis ", quoiqu'il fût mort de la peste, ou plutôt parce qu'il en était mort, comme s'il avait dû être pour la terrible maladie une victime suffisante. Plus important fut, à cet égard, le culte d'un laïque, saint Roch de Montpellier, né à la fin du xiu*^ siècle, et qui, dès la fin du xiv**, a été regardé dans toute la chrétienté comme un puissant protecteur contre les contagions. Mais, quoiqu'on en ait dit^, l'antique réputation de saint Sébastien n'a jamais pâli devant celle de saint Roch : les églises, autels, ex-votos qui, du XV"' siècle au xvii°, ont été placés sous l'invocation de saint Sébastien sont légion ; tous les livres d'heures du xv'' et du xvi" siècles contiennent une prière à saint Sébastien, une antienne sur ce saint, une miniature qui le représente ^. Ce qui est vrai, c'est qu'à partir du xv^ siècle, dans les ex-votos et les gravures de dévotion, saint Sébastien et saint Roch sont fréquemment associés ; parfois, on leur joint saint Antoine, qu'on invoquait contre le mal des ardents.

Toute personne divine est, pour les primitifs, une force ambiguë, susceptible défaire, selon les cas, le bien ou le mal. Apollon, qui préservait de la peste, pouvait aussi la déchaî-

1. La plupart, non pas tous : car un certain nombre de représentations de saint Sébastien proviennent de Confréries d'archers et d'arbalétriers ; il était le patron des archers et arbalétriers, à cause des flèches dont il fut percé.

2. Cahier, Caract., t. 11, p. 661, s. v. Peste et contagions.

3. Cf. le Mistere de St Adrien, éd. Picot (dans la collection du Roxburghe Club), p. VI.

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